
CONAKRY-L'ancien ministre de la communication, Aboubacar Sylla a dénoncé mercredi la décision du conseil national de la communication relative à la suspension temporaire de « toute émission, ou tout article relatif à l’attentat contre la vie du Chef de l’Etat, ainsi que toute émission interactive à caractère politique en français et dans toutes les langues nationales sur toute l’étendue du territoire. » , a constaté Africaguinee.com.
Le leader de l'Union des forces du changement qui est également patron d'un groupe de presse, n'a pas mâché ses mots face à cette décision du CNC.
"Je suis en total désaccord avec cette décision. Non seulement en tant que leader politique mais aussi en tant que patron d’un groupe de presse ou en tant que faisant partie de ceux qui se sont battus pour l’avènement d'une presse libre et indépendante. C’est un nouveau recul", a dénoncé Aboubacar Sylla.
"Fort malheureusement il s’agit là dune décision encore qui viole le droit et les libertés fondamentales dans la mesure où la liberté d’expression est inscrite dans la constitution. La liberté de la presse est un volet important de la liberté d’expression. Nous ne comprenons pas pour quelle raison cette décision a été prise", a-t-il ajouté.
Selon le patron de l'UFC, cette attitude des autorités guinéennes risque de renforcer un climat de suspicion suite à l'attaque contre le président Alpha Condé le 19 juillet dernier.
"L’interdiction de débat autour de ce sujet amène à penser qu’il y a des aspects qui pouvaient être révélés et mis à la disposition du grand public et qui ne seraient pas de nature à conforter la version officielle du gouvernement. Il s’agit là d’un déni de justice, d'une nouvelle violation des droits de citoyens à s’informer librement", a-t-il poursuivi.
"J’espère que très rapidement le Conseil National de la Communication va avoir conscience de cette grave erreur et revenir rapidement sur cette décision", a conclu Aboubacar Sylla qui a rappelé " qu'il est parfaitement possible d’attaquer cette décision en annulation au près de la cour suprême dans l’espoir que celle-ci fera diligence afin que ce délit de justice soit immédiatement levé".
A noter que cette décision du CNC a provoqué une condamnation unanime des associations de presse guinéenne dont le Réseau des Médias sur Internet de Guinée(REMIGUI).
Mamadou Hassimiou Souaré
Depuis Conakry
Pour Africaguinee.com |
  Rubrique: Politique  date: 28-Jul-2011 à 16:32:44  Partager:   :  |