[IMG1]Dans sa déclaration parvenue à notre bureau à Conakry, l’Organisation Guinéenne des Droits de l’Homme (OGDH) dénonce les graves atteintes aux libertés fondamentales orchestrées par les services de sécurité et demande aux forces vives à se solidariser du Barreau guinéen. Voici le texte intégral.
L’OGDH constate avec amertume la persistance du mépris des services de sécurité guinéens pour les lois de la République. En effet, le Mercredi 3 Octobre 2007, Me. Mohamed Lamine Doumbouya, Avocat à la Cour et Secrétaire à la Communication et des relations extérieures du Barreau de Guinée a été victime de violences et d’incarcération par des Agents de Police ayant reçu l’ordre du Commissaire Alhassane DIALLO.
Me Doumbouya, se rendait dans les locaux de la maison d’arrêt de Conakry pour rencontrer des policiers accusés d’effraction et de soustraction frauduleuse de drogue au siège de l’office central anti-drogue. Cette nouvelle agression policière n’est pas la première contre des hommes de robe. Dans les années 90, un Officier de Police Judiciaire s’était rué sur le procureur général de la cour suprême qu’il a roué de coups. L’affaire fut portée devant les autorités d’alors sans qu’une mesure disciplinaire soit prise contre cet agent de Police.
En 2004, l’avocat Paul Yomba Kourouma a été incarcéré par le Commissaire Termite Mara sous le prétexte que l’Avocat était soupçonné de complicité dans la tentative d’assassinat du Chef de l’Etat du côté de ENCO V, dans la banlieue de Conakry. La plainte déposée contre ce Commissaire de Police est toujours pendante au tribunal.
N’a-t-on pas entendu un Officier de Gendarmerie déclarer à un Procureur qu’il n’avait aucun compte à lui rendre et qu’il répond de la haute autorité ? Ce même Officier de Gendarmerie avait poussé l’audace jusqu’à menacer de mettre aux arrêts une Quarantaine d’Avocats qui s’étaient constitués pour défendre des Civils et des Militaires enfermés plus de Dix (10) mois au PM 3 sans être déférés devant un juge.
Tous ces faits se qualifient en violation grave et flagrante des lois Républicaines notamment :
La loi fondamentale guinéenne qui reconnaît à tout citoyen la sûreté de sa personne, la présomption d’innocence et le droit de bénéficier de l’assistance d’un conseil, lorsqu’il est en conflit avec la loi; (art. 5, 9, 20 de la Loi Fondamentale).
La loi 014 du 26 mai 2004 qui régit la profession d’Avocat en Guinée. L’impunité, qui a été finalement érigée en mode de gouvernance, crée de nos jours les conditions d’une anarchie qui donne le sentiment à certains fonctionnaires civils et militaires d’être au dessus de loi.
L’OGDH, soucieuse du respect des droits de l’Homme et des principes qui fondent l’Etat de Droit :
-Exprime sa solidarité au Barreau de Guinée et demande que des mesures disciplinaires conformes à la loi soient infligées à tous ceux qui, par leur mépris pour la loi, ont porté atteinte à la liberté et à l’intégrité physique des Avocats victimes dont Me. Mohamed Lamine Doumbouya et Paul Yomba Kourouma.
-En appelle au pouvoir judiciaire afin que le droit soit dit et que toute personne qui se rend coupable de tels abus réponde devant une juridiction compétente,
Invite l’ensemble des forces vives du pays à se solidariser du Barreau de Guinée afin d’obtenir que justice soit faite
Le Président
DR SOW THIERNO MAADJOU
Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 18-Oct-2007 à 22:25:23  Partager:   :  |