
OUAGADOUGOU -Un comité chargé de proposer des réformes politiques au Burkina Faso a échoué à s'accorder sur une révision de la Constitution qui permettrait au président Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat en 2015, a-t-on appris jeudi de source officielle.
Les membres du CCRP (Conseil consultatif sur les réformes politiques) ne sont pas parvenus à un consensus sur le maintien ou la relecture de l'article 37 de la Constitution, a déclaré son rapporteur général Marc Somda à la clôture des travaux à Ouagadougou.
Les partisans du chef de l'Etat, au pouvoir depuis 1987 et réélu fin 2010, demandent la révision de cet article pour lui permettre de briguer sa succession en 2015 au terme de ce qui est pour l'instant son dernier mandat légal.
Mis en place par M. Compaoré, le CCRP avait été boycotté par les principaux partis d'opposition, les grandes organisations de la société civile et les centrales syndicales depuis son lancement le 23 juin.
Le Premier ministre Luc Adolphe Tiao a cependant souligné que les conclusions du comité ne sont pas définitives. La réflexion et le débat se poursuivront pour les points qui n'auront pas fait l'objet de consensus, a-t-il dit.
Les conclusions du comité doivent être débattues dans les treize régions du pays avant des assises nationales promises d'ici la fin de l'année.
Le pouvoir a lancé le chantier des réformes politiques après avoir été, de février à juin, confronté à une crise sociale sans précédent, marquée en particulier par de nombreuses mutineries de militaires.
Les 68 membres du CCRP, issus de la majorité et de petits partis d'opposition ainsi que d'organisations de jeunes, de femmes, de représentants de religieux et de chefs coutumiers, ne sont pas non plus tombés d'accord sur une abolition de la peine de mort dans le pays.
En revanche, ils sont parvenus à un consensus pour proposer d'accorder une amnistie aux chefs d'Etat qui se sont succédé à la tête du Burkina depuis l'indépendance en 1960 jusqu'à la date d'adoption de la disposition.
Le Burkina a connu plusieurs coups d'Etat, dont celui qui porta au pouvoir Blaise Compaoré coûta la vie au père de la révolution Thomas Sankara (1983-1987).
Le comité s'est aussi entendu sur la création d'un Sénat et le renforcement des pouvoirs du Premier ministre, ainsi que la limitation entre 35 et 70 ans de l'âge des candidats à la présidentielle.
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 14-Jul-2011 à 22:35:49  Partager:   :  |