africaguinne.com
africaguinne.com
N
User :
Pass :

Fin de transition en Guinée : Le Général Sékouba Konaté parle…(Exclusif)

Finalisation de la transition : Le Capitaine Dadis Camara s’exprime… (Exclusif)

Perchoir de l’assemblée : Dernière ligne droite pour le choix définitif du candidat de l’opposition

Situation socio-politique en Guinée: Ce qu'en pense l'opposant Faya Milimono

Exclusif: le président Condé demande la démission du gouvernement(officiel)


 

Detail de la News

Discours du Président de l'Assemblée Nationale, Aboubacar Somparé


[IMG1]A l'occasion de l'ouverture de la session budgétaire 2008, le Président de l'Assemblée Nationale, El hadj Aboubacar Somparé s'est exprimé, mardi 25 septembre dernier, devant les membres du gouvernement ainsi que de nombreuses personnalités qui ont fait le déplacement de l'hémicycle guinéen...

INTERVENTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ABOUBACAR SOMPARE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE DE LA REPUBLIQUE DE GUINEE A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA SESSION BUDGETAIRE 2008


Messieurs les Représentants des Institutions Républicaines ;
Monsieur le Premier Ministre ; Chef du Gouvernement ;
Mesdames, Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Monsieur le Chef d’Etat-major des Armées ;
Mesdames, Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et
Consulaire accrédités en République de Guinée ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions Internationales ;
Chers Sœurs et Frères Invités ;
Honorables Députés ;

Je suis très heureux de vous exprimer à mon nom personnel et au nom de tous les Députés et du Personnel Administratif de l’Assemblée Nationale la bienvenue dans ce palais du peuple.

Nous remercions tous les membres du corps diplomatique et consulaire accrédités en Guinée pour le grand honneur qu’ils nous font en nous gratifiant de leur présence à l’ouverture de cette session budgétaire.


Je suis heureux de vous accueillir ce matin à un moment particulièrement important pour la Guinée et pour l’histoire des peuples d’Afrique. La présente session budgétaire se situe à la veille de la commémoration, dans un an, du cinquantième anniversaire du vote historique du 28 septembre 1958 et de la proclamation de l’indépendance de notre pays.

Cette occasion appelle de notre part une certaine prise de conscience par rapport à la nécessité de réhabiliter et d’assumer notre histoire récente.

Le traditionnel rituel d’ouverture d’une session est aussi l’occasion de faire le bilan périodique sur l’état de la nation.



Mesdames Messieurs ;
Chers Invités ;
Chers Collègues


La Nation guinéenne vient d'essuyer une violente secousse ; si nous devons en croire tous les augures qui se manifestent, un autre mouvement social est à craindre ; ce dernier événement, comme tous ceux qui l'ont précédé sera engendré par les mêmes causes.

La véritable question est de savoir si nous allons terminer la crise, ou la recommencer ?... Un pas de plus dans l’immobilisme serait un acte irresponsable et coupable ; un pas de plus dans la ligne de la confusion serait la destruction de la République ; un pas de plus dans la ligne du clientélisme serait la corruption de la Nation. Le peuple souhaite la consolidation de la paix constitutionnelle et tient au respect des accords du 27 janvier 2007.


Tout régime, pour être bon, doit porter sur ces deux principes, doit présenter au peuple ces deux avantages : liberté, stabilité dans le gouvernement qui la lui assure. Tout gouvernement, pour rendre le peuple heureux, doit le rendre libre. Tout gouvernement, pour être bon, doit renfermer en lui les principes de sa stabilité ; car autrement, au lieu du bonheur, il ne présenterait que la perspective d'une suite de changements. Il est vrai que ces deux principes n'existent, pour une grande Nation, comme la nôtre, que dans un gouvernement efficace et efficient.


Mon institution pense que la Guinée ne craint pas l'attaque des nations étrangères et des rebelles; mais elle dit aujourd'hui avec autant de vérité, qu’elle craint la continuation des inquiétudes, des agitations, des tensions et des incertitudes dans notre pays, tant que la menace des mouvements sociaux ne sera pas totalement et paisiblement dissipée : on ne peut nous faire aucun mal au dehors, mais on nous fait un grand mal au dedans quand on nous agite par des pensées funestes ;

Aujourd'hui, tout le monde doit sentir que l'intérêt commun est que les crises à répétition s'arrêtent. Ceux qui ne se reconnaissent pas dans le changement et qui veulent lui opposer une inertie, doivent s'apercevoir qu'il est impossible d’inverser la tendance ; et ceux qui l'ont faite et qui l'ont voulue doivent apercevoir que la crise est à son dernier terme, que le bonheur de notre patrie, comme sa gloire, exigent que ces crises ne continuent pas plus longtemps.

Le peuple à travers les syndicats et la société civile a montré qu’il a le courage de détruire les abus des pouvoirs publics ; il a montré et prouvé donc aujourd'hui qu’il a la force et la sagesse de protéger et de maintenir ses intérêts.

Mais les forces vives doivent au moment où elles manifestent leur puissance, prouver aussi leur modération ; présenter la paix et la maturité de notre peuple au monde inquiet des événements qui se passent dans notre pays.
Le peuple a gémi trop longtemps des maux affreux de la mal gouvernance, nous avons tous vu s’organiser cette crise horrible que l'impéritie des gouvernements successifs a laissé se développer et s'étendre, et où toutes les inconduites administratives ont produit toutes les calamités. La pauvreté en a été le mobile, le désenchantement des politiques l'occasion et les frustrations le prétexte.
Je ne crois pas que l’on puisse supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais j’affirme qu’on peut détruire la misère, redonner plus de dignité et redonner plus d’espoir des lendemains meilleurs aux guinéens. La misère est un mal social, nous pouvons en décider autrement.
L’Assemblée Nationale, le gouvernement et ses démembrements et la société civile doivent y songer sans cesse ; car, en l’espèce, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli.



Mesdames Messieurs
Distingués Invités
Chers collègues


Cinquante année après l’accession de notre pays à l’indépendance nationale, le plus grand mal dont nous souffrons est bien d’abord notre désunion. Elle a été désignée par des qualificatifs différents : intolérance, népotisme, clientélisme, rancoeurs, confusion. Ce qui demeure certain, et l’on en convient plus aisément aujourd’hui, que cette situation n’est nullement une fatalité, elle tiendrait plutôt au fait que l’absence de dialogue officiel a entretenu toutes les interprétations et sédimenter les rancoeurs.

Il est temps de nous réconcilier avec nous-mêmes et notre passé. L’histoire de chaque pays est marquée de perturbations de l’ordre social et de perte de repères culturels avec comme conséquences des bouleversements tragiques comportant parfois des pertes en vies humaines.
Notre époque orageuse, amas sombre et explosif de passion idéologique, de violence indiscrète et meurtrière, notre époque fait donc obligation aux fils de ce pays, de toutes les régions, de toutes les sensibilités et de tous âges de prendre conscience de cette fragilité spécifique qu’est l’intolérance.

Le moment est venu de rendre hommage à tous les devanciers qui ont été les artisans de l’indépendance nationale et de la construction d’un Etat moderne.
C’est l’occasion, dans le cadre de la politique de la ville et pour un devoir de mémoire, de procéder à l’édification de monuments commémoratifs et d’amener les communes à baptiser les places publiques et les rues des grandes agglomérations du nom de nos héros disparus
Les pères de notre indépendance n’avaient jamais renoncé à leur option à construire les fondements et les institutions de notre dignité. Ils considéraient qu’il n’était pas légitime de refuser aux peuples d’Afrique l’honneur d’offrir le moindre enrichissement à la civilisation humaine. En effet, sans être iconoclastes, ils considéraient que les apports de l’occident à la formation de notre personnalité restent précieux mais revendiquaient cependant la liberté de les enrichir de notre originalité et de notre vocation à donner. Ils voulaient honorer la sagesse de notre peuple, le relever de l’indignité.
L’histoire est, dit-on, la mémoire des peuples; elle est le miroir qui renvoie aux peuples une certaine image d’eux mêmes. C’est dire aussi que l’histoire peut ne pas être comprise de la même façon au sein d’un même peuple car, en effet, du point de vue politique la manipulation de ce qui est dit et de ce qui n’est pas rapporté peut complètement changer la perception du passé.
Il n’en demeure pas moins que d’une manière générale cependant, les guinéens aiment se ressourcer dans leur histoire parce qu’elle les conforte dans leur identité propre. La connaissance de l’histoire de notre pays devient aujourd’hui un enjeu politique. Chaque événement important de notre pays peut être mieux analysé et mieux compris à partir d’une connaissance suffisante de l’évolution qui l’a suscité.

Nous observons aujourd’hui vis-à-vis des principaux artisans de notre libération une sorte d’ostracisme tout aussi révoltant qu’inexplicable ! Quelle que soit la volonté affichée d’occulter le rôle éminent joué par les compagnons de notre indépendance on ne saurait par exemple sans une forte dose de mauvaise foi, parler de l’OUA sans mentionner feu le Président Ahmed Sékou Touré et le rôle qu’il a joué dans la libération de la Guinée et dans l’émancipation des peuples africains.

Nous savons par exemple, que les premiers combattants des mouvements africains de libération, tel que l’ANC, le MPLA, le PAIGC, la SWAPO et tant d’autres ont été formés en Guinée. Le FLN quant à lui recevait une partie de son armement à partir de Conakry, cet armement était acheminé à travers les territoires guinéen et malien jusqu’à la frontière algérienne en plein Sahara.
C’est d’ailleurs ce qui expliquait à l’époque la présence prolongée à Conakry de l’actuel Président algérien Abdel Aziz Boutéflika. On se souviendra aussi que c’est après leur formation au camp de Kindia que le Président Nelson Mandela et deux de ses compagnons, dont le père de l’actuel Président de la République sud-africaine ont reçu de la part de feu Ahmed Sékou Touré une forte assistance financière.

Enfin je veux vous dire pourquoi nous espérons beaucoup de ce 50ème anniversaire : c’est à cause même des souffrances immenses dont notre peuple a été et est encore l’objet à cause des incompréhensions. Or, nous avons appris que c’est dans les époques de dépression, de fatigue et de malaise de l’histoire des peuples, que le renouveau de la société s’est le plus souvent accompli.

C’est le souhait que je fais personnellement pour nous, pour tous les guinéens, pour tous les amis de notre nation : que Dieu bénisse ce 50ème anniversaire, qu’il rende fécond comme printemps historique, et qu’il le rende porteur de beauté, de paix de fraternité, de progrès, non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour tous les autres peuples d’Afrique comme du monde entier.

C’est sur ces mots que je déclare ouverte la session budgétaire 2008.

Je vous remercie


Africaguinee.com


  Rubrique: Politique  date: 26-Sep-2007 à 20:09:28  Partager:   :

 

 
Contacter Africaguinee.com :
(+224) 664 93 38 93
(+224) 656 93 38 93
(+224) 621 75 63 63


Twitter Facebook

 

 

ONG TCHAPE
Maghreb Arabe Presse
Africabox


The Nun'S copyright -- design by Nun'S