
ABIDJAN-Une semaine après leur entrée dans Abidjan, les Forces républicaines du président Alassane Ouattara se sont finalement repliées aux portes de la capitale économique ivoirienne, pour se remettre en ordre de bataille avant de lancer un nouvel assaut… Alors que les forces restées fidèles à l’ex-président Laurent Gbagbo contrôlent toujours plusieurs points stratégiques de la ville, dont le quartier où se trouve la résidence présidentielle à Cocody.
Il se croit investi d’une mission divine
Si la « chute de Gbagbo » a été qualifiée hier matin d’« inéluctable » par le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, le président sortant semble cependant disposer encore de beaucoup plus de forces qu’on ne croyait et d’assez de troupes en tout cas pour faire face à un siège peut-être de plusieurs semaines. D’autant plus que ces forces seraient régulièrement renouvelées et ravitaillées par la lagune.
« Les forces dont dispose à ce jour l’ancien président Gbagbo seraient d’environ un petit millier d’hommes, dont 200 sont installés à sa résidence personnelle », confiait hier devant les sénateurs le ministre de la Défense, Gérard Longuet. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a beau répéter qu’« il est absolument nécessaire qu’il cède le pouvoir avant qu’il ne soit trop tard », Gbagbo continue à défier le monde entier, persuadé d’avoir gagné les élections.
C’est entouré de tous ses proches, de plusieurs généraux, de nombreux conseillers et même de plusieurs pasteurs de l’Eglise évangélique que Gbagbo vit dans l’illusion d’être toujours président et tient bon. L’homme, qui dans son bunker de la présidence s’est réfugié dans la prière, se croit en effet « investi d’une mission divine » pour sauver la Côte d’Ivoire contre « le candidat de l’étranger », comme il a toujours qualifié son grand rival Alassane Ouattara, et les musulmans du Nord. A ses côtés, plusieurs « hommes de Dieu » dont peut-être un pasteur à la réputation sulfureuse : Moïse Koré. D’ethnie bété comme Gbgabo et né dans la même région de Gagnoa, dans l’ouest du pays, cet ancien champion de basket (devenu ingénieur et soupçonné de trafic d’armes) a fondé l’Eglise des ministères de la gloire de Dieu en 1998, l’année où il a rencontré Gbagbo, sur lequel il conserve depuis une grande influence. Pendant la campagne électorale, son épouse Simone — qui est toujours à ses côtés — parlait déjà du diable et appelait ses compatriotes à « vaincre les forces du mal » en votant comme un seul homme pour Gbagbo!
Parmi ses derniers fidèles sont également présents le général Dogbo Blé, commandant de la garde républicaine, le vice-amiral Vagba Faussignaux, commandant de la marine, et le colonel Nathanaël Ahouman, patron de la garde présidentielle, qui assurait la sécurité du palais. Le général Bi Poin, patron du Ceicos (Forces spéciales), aurait en revanche fui au Ghana.
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  Rubrique: News Afrique  date: 08-Apr-2011 à 16:40:44  Partager:   :  |