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Hadja Rabiatou Sérah Diallo, présidente du CNT: " il faut que les autorités respectent la Constituti





CONAKRY-La présidente du conseil national de transition (CNT), Hadja Rabiatou Sérah Diallo vient d'inviter les autorités guinéennes à respecter la nouvelle constitution du pays.En attendant l'organisation des élections législatives en Guinée, Hadja Rabiatou Sérah Diallo souhaite le renforcement du dialogue entre les acteurs politiques et la société civile pour achever la transition en Guinée.De retour à Conakry après un séjour en Europe, la présidente du CNT s'est confiée au micro d'Africaguinee.com.Exclusif!

AFRICAGUINEE.COM : Vous venez de boucler une mission de plusieurs semaines à l'étranger. Quel bilan tirez-vous de cette tournée en Europe?

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
C’était une mission très importante parce que j’étais partie pour participer au conseil d’administration du Bureau International du Travail(BIT). Vous savez à ce conseil je suis membre titulaire, le gouvernement est aussi membre de ce conseil d’administration et les employeurs guinéens sont substituts. Donc c’était une rencontre très importante pour moi. En marge de conseil d’administration où j’ai travaillé dans la commission PFA c'est-à-dire la commission budget. J’étais membre également de la commission qui est aussi chargé de revoir le fonctionnement du conseil d’administration et de la Conférence Internationale du Travail (CIT).

Donc c’était beaucoup de travaux à faire et parallèlement à cela vous savez qu’il y a une rencontre tripartite. L’Afrique s’est retrouvée entre gouvernements, employeurs et travailleurs et là on a parlé de la réunion qui doit avoir lieu très prochainement au Cameroun parce que les gouvernements africains se retrouvent là-bas pour désigner ceux qui vont représenter l’Afrique au prochain conseil d’administration du l’OIT. J’ai aussi fêtée la journée du 8 Mars là-bas et j’ai été désignée par le groupe des travailleurs à prendre la parole pour parler au nom de tout le groupe. Une intervention qui avait été très appréciée et le 10 mars aussi j’ai participé à une table ronde organisée avec l’Organisation Internationale de la Francophonie. Cette rencontre concernait un peu la violence dans les urnes. Vous comprendrez par là que je ne pouvais citer un exemple que sur ce que j’ai vécu ici en guinée, du comment on a pu travailler ensemble, comment on s’est donné la main pour sortir le pays de l’état d’exception et arriver à un Etat de droit, ce qui nous a d’ailleurs amené aux élections présidentielles. Nous avions aussi déploré les violences enregistrées avant et après les élections. Chacun a donné son point de vue et on a débattu là-dessus. Après ça je suis parti à Bruxelles le 17 mars parce qu’on avait la réunion du comité internationale des femmes auprès de la confédération syndicale internationale. On avait été reconduis mais les femmes voulaient plus d’indépendance donc c’était à elles de choisir leurs représentantes au comité mondial des femmes et être membre de l’exécutif. Cette rencontre aussi a été très fructueuse parce que tous les continents ont accepté de reconduire ma candidature, donc j’ai été réélue comme vice présidente du comité mondiale des femmes, membre de l’exécutif de la confédération syndicale internationale. Après cette rencontre je me suis retournée encore à Genève pour continuer dans les commissions de travail. Quand les commissions finissent c’est à partir de la dernière semaine que le conseil d’administration a lieu et avec l’arrivée de madame la ministre du travail, on a pu collaborer et travailler ensemble. On a pu prendre contact avec les services techniques tel que le directeur exécutif du BIT chargé de la protection sociale M. Assane Diop, le directeur régional Afrique M. Charles Dan. On les a tous rencontré ensemble et nous avons apporté notre contribution à tous les niveaux et tous sont prêts aujourd’hui à accompagner la guinée. Ce qui est surtout satisfaisant, c’est que j’avais fais une requête au nom du Conseil National de la Transition auprès du directeur régional Afrique pour renforcer le dialogue dans le pays parce que nous pensons que c’est à travers le dialogue qu’on peut résoudre les problèmes sociaux. Ils sont donc d’accord pour accompagner le CNT dans cet atelier en compagnie de l’OIF. Donc on aura une activité CNT, OIF et BIT sur le dialogue social qui va se tenir pendant la première semaine du mois de mai. Mais après cela le séminaire va être décentralisé pour les 8 régions administratives du pays. Puisqu’on parle de réconciliation nationale et la réconciliation nationale ne peut se passer qu’à travers le dialogue. J’avais aussi initié au BIT un manuel sur la prévention et la gestion des conflits armées. Là également le manuel est prêt. On aime souvent dire que la charité bien ordonnée commence par soi même donc ce premier séminaire national va se tenir en guinée du 24 au 27 mai prochain. La commission réconciliation nationale participera à cet atelier avec les autres partenaires c'est-à-dire les centrales syndicales, la société civile et même les confessions religieuses. Le cinquième jour déjà il y aura une rencontre tripartite, gouvernement, employeurs et syndicats. Ce même manuel va être traduis en anglais, en arabe et en espagnol pour les autres pays qui en auront besoin. Ce même manuel sera utilisé pour l’Egypte et la Tunisie. Parallèlement j’ai eu des contacts avec la confédération syndicale internationale qui a accepté de financer un séminaire pour le secteur informel. Toujours avec le BIT j’avais initié quand j’étais secrétaire générale de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée un séminaire avec les footballeurs parce que vous savez le sport il développe l’esprit, il rapproche les gens. Il amène les gens à se parler, à s’écouter et à s’entendre. Je pense donc que ça va être un bon instrument pour la guinée d’expérimenter cela. C’est un projet qui va durer 3 ans. Donc en bref je suis allé au-delà de la mission du conseil d’administration.

AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que vous aviez eu à évoquer aussi les problèmes qui touchent actuellement la région du Maghreb ?

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
Oui on en a parlé ! D’abord on a discuté de ce problème autour du groupe des travailleurs et le cas de la côte d’ivoire a aussi été évoqué. On a tenu une rencontre en plénière tripartite où les collègues de l’UGTT c'est-à-dire les syndicats Tunisiens ont fait une communication. L’expérience Algérienne a aussi été présentée. Le directeur général a aussi fait sa présentation et j’avais été mandatée par le groupe des travailleurs à faire une intervention et j’ai dégagé là nos inquiétudes pour le monde du travail. Vous savez qu’aujourd’hui même avec les catastrophes naturelles c’est l’Afrique qui va payer le plus lourd fardeau. Donc c’est maintenant qu’il faut se mobiliser parce que mieux vaut prévenir que guérir. Il doit y avoir un réveil des consciences pour éviter ce qui est entrain de se passer aujourd’hui au Maghreb.

AFRICAGUINEE.COM : Parlant des activités du CNT, le premier ministre Mohamed Said Fofana a présenté récemment la politique générale de son gouvernement. Votre réaction sur cette initiative du gouvernement?

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
Je pense que c’est une initiative du CNT parce que nous très tôt nous sommes partis vers l’exécutif, nous sommes partis vers le premier ministre, nous lui avons fait touché du doigt la réalité. Nous lui avons demandé de venir présenter son programme. Il faut donc se féliciter de cette bonne collaboration avec l’exécutif parce que quant ils ont tenus leur séminaire nous avions été conviés à travers notre représentant de la commission action gouvernementale. Je pense que les comptes commencent toujours par 1, donc c’est un premier pas qui est franchi et j’ose espérer que nous irons de l’avant. Nous sommes tous dans un même bateau avec un même objectif, celui de sortir le pays de toute cette crise, de sortir le pays de la misère. Il n’ y a pas de raison qu’on n’arrive pas à collaborer ensemble. Il faut donc se féliciter du pas qui est déjà franchi.

AFRICAGUINEE.COM : Récemment, l'ancien ministre Aboubacar Sylla a demandé une plus grande légitimité pour le CNT de la part de l'exécutif. Qu'en pensez- vous?

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
Vous savez Aboubacar Sylla était du forum des forces vives. Il sait la lutte que nous avons menée ensemble. C’était dans notre programme et c’est pourquoi nous avons dit que le CNT légifère. Donc il est dans la logique des décisions qu’on avait eu à prendre, des démarches qu’on avait eut à entreprendre quant on était tous regroupés au niveau du forum des forces vives. Donc c’est une suite logique aussi des accords de Ouagadougou. C’est vrai qu’il a été ministre de la transition mais on était tous dans une même mission. Maintenant que certains acquis sont obtenus le CNT qui légifère doit avoir une plus grande attention de l’exécutif, du chef de l’Etat et de tout un chacun. On ne peut pas créer aussi un vide juridique. L’assemblée n’est pas encore mise en place donc c’est en cela que Aboubacar Sylla s’est prononcé.

AFRICAGUINEE.COM : Le président Condé a annoncé l'organisation des législatives après la saison des pluies vers octobre 2011.Au niveau du CNT comment préparez- vous ces échéances?

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
Nous préparerons ces échéances en collaboration avec le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, avec la CENI et avec tous les acteurs qui seront impliqués dans ce processus. Chacun a un rôle à jouer. Ce n’est pas le CNT qui organise les élections mais nous avons des textes et des lois organiques qui vont faciliter l’organisation. Donc chacun va œuvrer à son niveau et on va échanger nos points de vue. On parle tantôt de révision de la liste électorale, il y a des gens qui pensent qu’il faut garder l’ancienne liste mais c’est autour d’une table, c’est autour d’une concertation qu’on peut décider de cela. Ce n’est pas au CNT de décider sur la date exacte pour aller aux élections législatives mais nous participerons à toutes les réflexions. Je pense qu’avec la visite du ministre de l’administration du territoire qui nous a expliqué tous ses problèmes, je pense qu’il y a une volonté politique qui s’affiche et qu’il faut renforcer. Il ne faut pas se leurrer la transition n’est pas terminée. On a fini une grande partie avec la présidentielle mais il reste encore les élections législatives. Aujourd’hui le président est élu d’une façon démocratique mais le CNT n’est pas une émanation du peuple. Il faut la voix du peuple et la voix du peuple c’est une assemblée nationale démocratiquement. Notre constitution dit que les législatives devraient avoir lieu 6 mois seulement après la promulgation de celle-ci. Cette constitution il faut le rappeler a été promulguée depuis le 7 mai donc principe depuis début novembre on devait aller aux législatives. Mais avec tout ce que nous avons connu avec le report du second tour nous n’avons pas pu respecter cette date. Mais qu’à cela ne tienne s’il y a là une volonté politique, que chacun fasse son travail, je pense qu’il n y a aucune raison qu’on ne parte pas aux élections à la date indiquée c'est-à-dire vers le mois d’octobre.


AFRICAGUINEE.COM : Pour terminer Mme la présidente, peut-on connaître vos projets après le CNT?

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
Comme vous le voyez je continu toujours à exercer des fonctions dans le monde du travail en dehors du CNT. Je collabore toujours avec les syndicalistes, c’est ma base au fait. Je retournerai donc à ma base et je continuerai à défendre les intérêts des travailleurs et de leurs familles. Mais puisque l’homme marche aussi avec son destin mais pour le moment c’est mon objectif, renforcer la capacité des femmes, renforcer les capacités du mouvement social guinéen. Mais encore une fois nul ne peut contre son destin et je suis mon destin.

AFRICAGUINEE.COM : Le mot de la fin...

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
Le mot de la fin c’est d’exprimer tout mon souhait qu’il y ait une prise de conscience de ce qui se passe à travers le monde. Que chacun à son niveau remette en cause sa méthode travail. Il faut avoir une oreille attentive au cri du peuple. Voyez aujourd’hui ce qui se passe au Maghreb, dans le monde en général. On doit penser à cette jeunesse qui a tant souffert et qui cherche maintenant à avoir un travail décent. On doit lutter la corruption à travers une bonne gouvernance parce que tout cela a un impact sur le niveau de vie des populations. L’autre souhait que j’exprime ici est que les autorités à tous les niveaux respectent la constitution, qu’on la préserve et qu’on la pérennise. On doit aussi œuvrer à ce que la réconciliation nationale ne soit pas un rêve. Que les guinéens soient des guinéens simplement. Ceux qui parlent d’ethnie je pense que ce sont des médiocres, c’est le jeu des médiocres et c’est un jeu qui ne peut pas aider le pays à se développer. Je pense que nous avons besoin de tirer les leçons de notre passé pour éviter de nouveaux bains de sang.

Interview réalisée par SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : 224 62 65 75 74/ 60 36 80 12
E-mail :


  Rubrique: Interview  date: 30-Mar-2011 à 12:24:55  Partager:   :

 

 
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