
Une ONG sahraouie vient d'interpeller la communauté internationale pour le démantèlement des camps de Tindouf.Fernando Carmelo Gadea de l'Association des femmes sahraouies pour la démocratie et les droits de l'Homme accuse le Polisario de "vivre dans le luxe alors que les sahraouis continuent de souffrir dans les camps de Tindouf".Il s'est confié au micro d'Africaguinee.com...
Africaguinee.com : Vous êtes membre de l’Association des femmes sahraouies pour la démocratie et les droits de l’Homme. Comment percevez-vous le problème du Sahara en particulier celui des populations de Tindouf ?
Fernando Carmelo Gadea: Le problème du Sahara aurait dû être résolu depuis longtemps. Après le départ de l’Espagne en 1975, cela fait 35 ans que le problème perdure. Il y a aujourd’hui environ 70.000 personnes notamment des femmes qui souffrent de malnutrition à Tindouf dans des conditions très difficiles. A ce jour, je ne comprend pas comment des ONG, des organisations internationales, des Etats comme l’Algérie peuvent soutenir et appuyer les actions du Polisario dans les camps de Tindouf. Au niveau de notre ONG, nous estimons que la seule solution possible, c’est celle de l’autonomie. Les raisons sont multiples pour justifier cette solution. D’abord les indépendantistes du RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique, Ndlr) réclament une indépendance au Sahara alors qu’ils n’ont pas de territoire .Si les nations unies autorisent la RASD à former un Etat, nous aurons une guérilla armée. Il y aura également un problème de sécurité pour l’Espagne vu la proximité des îles canaries et aussi pour l’Europe car des groupes terroristes peuvent s’installer sur ces régions. Les Etats qui soutiennent le Front Polisario sont souvent des pays communistes ou révolutionnaires comme le Vénézuéla, Cuba etc….Le référendum est pratiquement impossible pour le Sahara parce que le recensement réalisé dans les années 70 compte 74.000 sahraouis qui vivent dans les provinces du Sud. Mais aujourd’hui beaucoup sont morts et les 10 % de personnes retenues à Tindouf sont également d’origine subsaharienne .Il n’y a donc aucune fiabilité par rapport aux listes de recensement. Les populations retenues à Tindouf sont comme des apatrides ; ils n’ont aucun droit de réfugié, ni de nationalité malgré que ces populations vivent sur le territoire algérien. Je pense qu’il faut respecter la volonté de ces populations qui vivent dans ces camps sans être identifiés. Nous souhaitons la fin de cette crise et la seule solution viable reste le projet d’autonomie proposé par le Maroc.
Africaguinee.com : Vous avez parler des conditions de vie dans les camps de Tindouf.Avez vous des activités pour soutenir les femmes qui vivent dans les camps de Tindouf ?
Fernando Carmelo Gadea: Notre ONG est encore jeune mais nous avons un plan d’action que nous discuterons prochainement à Laayoune. L’essentiel, c’est de savoir que les ONG ne sont pas les bienvenues à Tindouf. Nous n’avons pas accès à ces camps pour nos activités et nous souhaitons que les femmes et les autres populations des camps aient le droit de retour au Maroc.
Africaguinee.com : Pour terminer vous êtes ici à Genève, avez un message pour la communauté internationale sur la situation au Sahara en particulier celui de Tindouf ?
Fernando Carmelo Gadea: La communauté internationale connait le problème du Sahara. Notre message c’est de trouver rapidement une solution à ce conflit pour que les populations de Tindouf puissent sortir des camps et choisir librement leur lieu de résidence. Pour le Polisario, ce conflit n’est qu’une affaire de Business alors que les populations sahraouies ne doivent pas être condamnées à vivre dans ces camps. Si le Polisario est démocrate comme il le dit, il faut qu’il ouvre les portes de ces camps et laisser les populations choisir leur destin. Dernièrement, il y a eu des réunions informelles entre le Maroc et l’Algérie sans succès. En Europe, les représentants du Front Polisario vivent dans le luxe alors que les populations souffrent à Tindouf. Pour terminer, nous lançons un appel à la communauté internationale pour le démantèlement de ces camps de Tindouf, puisque le Maroc offre des conditions de vie meilleure dans les provinces du Sud à l’instar des autres régions du Royaume.
Interview réalisée par Ismael Barry
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 20-Mar-2011 à 19:31:44  Partager:   :  |