[IMG1]Les deux principales centrales syndicales de Guinée ont dénoncé mardi des "forces rétrogrades opposées au changement" qui selon eux freinent les réformes du gouvernement du Premier ministre Lansana Kouyaté, nommé en février sous la pression de la population et des syndicats.
Dans un discours prononcé devant des responsables de syndicats, de la société civile et du patronat, Yamoussa Touré, secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), a fustigé les "forces rétrogrades opposées au changement qui s'agitent et oeuvrent inlassablement à saper la mise en oeuvre des mesures salvatrices pour assurer le bonheur du peuple".
Selon lui, des "individus responsables de la mal gouvernance, de la gabegie du bradage et du pillage en règle de nos ressources matérielles et financières, nostalgiques d'un passé à jamais révolu, pensent (...) être les seuls capables de diriger les destinées de notre pays", dans une accusation à peine voilée en direction des proches du président Lansana Conté, au pouvoir depuis 1984.
M. Touré, également porte-parole de l'"intercentrale" CNTG/USTG (Union syndicale des travailleurs de Guinée), a indiqué que les syndicats, la société civile et les forces vives du pays "doivent prendre leurs responsabilités pour sauver le pays en pérennisant le changement obtenu aux prix d'énormes sacrifices humains et matériels".
Lansana Kouyaté avait été nommé fin février sur proposition des syndicats pour faire taire une vague de contestation populaire contre le régime du président Conté qui avait été réprimée dans le sang, faisant au moins 137 morts en janvier-février.
M. Kouyaté a formé fin mars un gouvernement de technocrates issus de la société civile qui s'est donné pour principal objectif de renouer avec la bonne gouvernance, avec le soutien de la communauté internationale.
Le leader syndicaliste a par ailleurs exigé le "respect et l'application scrupuleux" des protocoles d'accord signés fin février, comprenant notamment une commission d'enquête nationale indépendante chargée d'identifier et d'inculper les auteurs d'exactions et d'assassinats pendant la crise de janvier-février.
L'Assemblée nationale a adopté fin mai un projet de loi instaurant une commission d'enquête indépendante sur les événements intervenus pendant les grèves de juin 2006 et de janvier-février 2007, mais elle n'a toujours pas entamé ses travaux.
Africaguinee.com
Source:AFP |
  Rubrique: Politique  date: 05-Sep-2007 à 17:24:09  Partager:   :  |