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Comment Mamadou Sylla s'est enrichi?
[IMG1]Il affirme être "l'homme le plus riche de Guinée",Mamadou Sylla suscite autant de polémiques que de mystères parmi les guinéens sur ses ambitions et surtout sur l'origine de sa fortune.Enquête sur le "phénomène" Mamadou Sylla...
Né en janvier 1960 à Boké, Mamadou Sylla est le fils d'un marabout nommé Elhadj Bakoutoubou Sylla. Ce marabout était bien connu dans le Touba, dans le Kakandé, à Banankoro, mais aussi au Mali, au Sénégal, en Guinée-Bissao et en Gambie. À 47 ans aujourd'hui, Sylla a presque le même âge que Ousmane Conté, le fils du président, est marié à 3 femmes et est père de 10 enfants. C'est dans la ville de Boké que Lansana Conté avait fait connaissance au père Sylla et à sa famille. Le futur président de la Guinée était alors commandant de la région militaire de Boké au début des années 70 et dirigeait le CUM (Comité d'Unité Militaire).
Les deux hommes avaient ainsi fait connaissance et lié amitié. Le futur président s'était marié dans cette ville avec Henriette Bangoura et était devenu dans le Kakandé très proche des cercles de la résistance de la Guinee-Bissau notamment, du futur président, Joao Bernardo Nino. De Boké, Mamadou Sylla était allé rejoindre son père dans les mines d'exploitation de diamant à Banankoro en 1979. Frustré de n'avoir trouvé du diamant, le jeune Sylla tente sa chance à Conakry en 1984.
Dans la capitale guinéenne, l'ami de son père venait de devenir président de la république le 3 avril. Il resta dans la capitale jusqu'en 1991, date à laquelle il tenta l'aventure américaine.
A l'avènement des militaires au pouvoir en 1984, un programme d'importation de riz appelé PLC fut lancé par le gouvernement de Conté. Sylla et Frères, la société que Mamadou Sylla venait de créer sis à la mosquée près de l'immeuble de Baldé "Zaïre" à coté de l'ex OPEMA. Mamadou Sylla fera parti des soumissionnaires de ce programme qui sera interrompu vers les années 89 - 90 par le président Conté qui selon certaines sources serait frustré par les "caprices" des commercants à majorité originaires du Foutah. Le président guinéen ne comprenait pas pourquoi ces demandes repétées d'argent envers les comercants n'étaient pas exaucées sans discuter. C'est ainsi qu'il ordonnera vers 1989-90 l'orientation du marché lucratif d'approvisionnement de l'armée en riz à son nouvel ami Mamadou Sylla. A cette même période, une affaire commerciale entre Mamadou Sylla et la famille de Gallé Hanne se terminera à la justice. La banque Société Générale fera saisir le building commercial de Sylla sis près de l'ancienne boite de nuit "L'Hexagone" pour non paiement de dettes.[IMG2]
Avant cela, Sylla s'essaiera dans l'exploitation des mines de diamants de Banankoro qui ne lui réussira pas beaucoup et dont il confiera les opérations à son frère Malick Sylla. A la fin des années 80, Mamadou Sylla était dans de très grosses difficultés financières et s'en ira "en aventure" aux Etats-Unis ou sa deuxième femme Fatou Bah, après un bref passage au Canada, élira domicile au Delaware ou elle ouvrira un salon de coiffure africaine.
Ce qui reste sûr, c'est que son séjour américain avait été écourté et il était rentré au pays pour s'occuper d'autres choses, plus importantes cette fois-ci.
Une source contactée à des fins de cette enquête et qui connaît bien le président de FUTURELEC affirme que l'homme avait consacré son temps entre 1984 et le début des années 90 à chercher des clients riches en Europe et aux États-Unis pour des marabouts et autres charlatans basés en Afrique de l'Ouest. Ce fut sans grand succès. Il décida alors de renter.
En 1992 donc, c'est un Mamadou Sylla sans une simple boutique, ni un simple camion-remorque ou entreprise d'import-export pour prouver qu'il faisait du commerce ou était dans les affaires, qui surgit dans le milieu des affaires.
Quelques temps après son retour en Guinée, il avait commencé à parler de la vente de cartouches pour des fusils de chasse comme étant une partie de ses activités commerciales.
En 1998, il s'associe à de douteux marchands d'armes russes et ukrainiens pour élargir ses activités dans l'industrie de l'armement en Guinée.
Le président Conté demande à son ministre de la Défense et à l'état major de lui accorder le marché de l'armement. Il devient donc par cet appui le fournisseur officiel de l'armée guinéenne en armes, munitions et hélicoptères ukrainiens.
À la même époque, le général Conté soutenait la branche armée de l'ULIMO de Alhadji Koroma et cela, malgré les recommandations de la CEDEAO qui avait demandé l'observation de la neutralité. Taylor lui, ne cessait de mettre en garde le gouvernement guinéen de s'abstenir d'ingérence entre les factions libériennes. Conté resta sourd et muet à ces appels.
En septembre 2000, la Guinée fut attaquée. C’était contre toute attente et cette attaque allait vite être hors contrôle. Ce que le clan Conté ne pouvait prédire.
Les rebelles saccagent, égorgent, tuent et brûlent tout sur leur passage à Guekedou, Macenta, N’Zérékore, Lola, Faranah, Kissidougou .
Avant l'avancée vers Mamou, la communauté internationale s'implique pour éviter une catastrophe humanitaire dans ce pays qui recevait déjà plus de 600.000 réfugiés.
Les États-Unis forment forment rapidement 800 Rangers à la technique de guérilla et la Chine s'associe à cet effort tout en fournissant l'équipement pour permettre à l'armée guinéenne de reprendre la situation en main.
À la fin de ces incursions rebelles, les marchands d'armes de tous bords impliqués dans la livraison de l'arsenal de guerre s'étaient énormément enrichis. Y compris notre Mamadou Sylla. Après le retour au calme aux frontières guinéennes, Mamadou Sylla se concentre sur les juteux marchés de livraison de véhicules à l'État guinéen.
La première victime sur son passage est l'homme d'affaires Touareg du Mali, Ammar Taleb. Ce dernier qui avait introduit la marque Toyoya en Guinée est poussé à la faillite.
Fort de ses entrées et contacts à la présidence de la république, Mamadou Sylla avait simplement demandé à l'État guinéen de ne plus acheter les Land Cruisers avec Taleb.
Et une fois le marché obtenu, il cassa la concurrence et appliqua sa forme d'enrichissement illicite la plus connue : la surfacturation. Après avoir vécu de nombreuses années en Guinée, Taleb plie bagage et rentre chez lui.
Après le marché des Toyota 4x4, Sylla manifeste son désir de diriger la Chambre de Commerce de Guinée. L'homme n'aimait pas seulement que la fortune, mais raffolait aussi bien les titres. C'était sa première guerre pour le contrôle de la Chambre et n'allait être la dernière. Pour se faire propulser et détrôner le président de la chambre d'alors, El Hadj Gallé Hann, il se fit élire d'abord comme président à la Chambre d'Agriculture de Ratoma. Dès son élection, il déclara la guerre aux deux propriétaires des deux plus grands super-marchés de Conakry: Mamadou Bobo Bah (Super Bobo) et Salifou Sylla (SUPER V) .
Il se fait élire aussi en même temps président du Conseil d'administration de l'Office de promotion des investissements privés (OPIP) et président d'honneur de l'UDIBAG (Union pour le Développement de la Basse- Guinée). Après la présidence du patronat, Sylla vise la Fédération guinéenne de football. Il gagna dans cette autre bataille et détrône Salifou Sylla de la fédération de Foot. Ce qui favorise l'arrivée de Bruno Bangoura à la FGF.
Durant les élections au patronat et pour intimider les concurrents, Mamadou Sylla n'hésitait pas à affréter des bus et camions pour envoyer des jeunes loubards et des femmes ménagères battre campagne pour sa cause. Les commerçants neutralisés, il orienta son combat vers les premiers ministres et ministres de Conté qui s'opposent à la bonne marche de ses affaires ou qui ne le servent pas comme il le voudrait. De Sidia à Cellou Dalein à la primature, personne n'y échappe, sauf Lamine Sidimé.
Pour Sidia, c'est plutôt un conflit d'intérêt car il ne pouvait admettre la concurrence. L'ancien Premier ministre avait aussi crée une usine de cartouches à Kamsar. Ce qu'il ne pouvait accepter. Surtout dans ses domaines réservés de cartouches et dans la ville de Boké. Lansana Conté qui ne voulait affaiblir son ex- Premier ministre ne pouvait qu'être de la partie et le soutenir sans faille.
Quant François Fall est nommé Premier ministre en 2003, la Banque mondiale, à travers son chef du département Afrique, Mamadou Dia à l’époque, lui demande de trouver des solutions pour assainir les finances publiques et se débarrasser du duo Fodé Soumah- Mamadou Sylla qui gangrène l'économie guinéenne.
Fodé Soumah était alors vice-gouverneur de la Banque Centrale et recevait des chèques sans provision pour son ami et complice Mamadou Sylla pour soi-disant payer les créances du groupe Futurelec à l'État guinéen. C'était simplement plus fort que lui malgré son amitié avec le président et il ne pouvait que démissionner et rendre le tablier à partir de l'extérieur et cela pour des raisons de sécurité. Les deux hommes se connaissaient bien et ils étaient tous de Boké.
Mouctar Baldé
Source:Guineenews
Africaguinee.com
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  Rubrique: Dossier du Jour  date: 31-Jul-2007 à 13:17:46  Partager:   :  |
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