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Situation en Guinée: "C’est un échec pour tous les acteurs de la transition que des Guinéens soient





Actuellement en séjour à Genève, la présidente du conseil national de transition (CNT) suit de près la situation en Guinée.Hadja Rabiatou Sérah Diallo ne cache pas sa déception face aux violences qui ont fait ces derniers jours, plusieurs morts au lendemain de l'annonce des résultats provisoires des élections présidentielles.Au micro de notre reporter, Hadja Rabiatou Sérah Diallo nous livre ses sentiments sur la situation politique dans son pays qui inquiète la communauté internationale.Exclusif sur Africaguinee.com!

Africaguinee.com: Bonjour Mme Diallo. Tout d’abord peut-on connaître les raisons de votre séjour à Genève ?

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
Je suis actuellement à Genève dans le cadre du conseil d’Administration du Bureau International du Travail (BIT).Je devrais être présente ici à Genève depuis le 31 octobre. Mais avec le report des élections pour le 7 novembre, j’avais demandé au conseil d’administration du BIT de me permettre de rester au pays pour les élections. Je suis donc arrivée ici après les élections, pour participer à la session du conseil où je suis membre titulaire. Genève, c’est aussi un lieu de rencontre où on peut résoudre beaucoup de problèmes y compris ceux de la Guinée. Je remercie d’ailleurs la communauté internationale y compris le BIT pour ce qui a été fait pour arriver à ce deuxième tour. Le BIT avait d’ailleurs contribué dès l’installation du conseil national de transition (CNT) pour former tous les conseillers dans le cadre du dialogue social.

Africaguinee.com : Depuis lundi, la Guinée a basculé dans une série de violences après la proclamation des résultats provisoires par la commission électorale nationale indépendante (CENI). Comment réagissez-vous face à cette situation qui inquiète la communauté internationale?

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
J’avoue que je suis très triste, très choquée par ce qui arrive dans le pays. Je suis peinée par les tueries et les destructions parce que je pense que la Guinée ne mérite pas ça. Si nous avons réussis au retour à l’ordre constitutionnel en allant aux élections, aujourd’hui c’est un échec pour tous les acteurs de la transition qu’un guinéen soit tué. Nous devons prendre toutes les dispositions nécessaires pour que cela n’arrive pas pour éviter un bain de sang dans le pays. Nous venons de très loin ! D’ailleurs, tous les acteurs de la transition ne sont pas candidats, je ne vois pas pourquoi on n’arrive pas à organiser des élections paisibles et éviter ces violences. Il faut avoir pitié de ce peuple qui a tant souffert, qui a faim et qui manque de tout. C’est parmi nos populations qu’on tue alors qu’on n’a même pas oublié les massacres du 28 septembre 2009 et les nombreuses femmes violées. Revenir à ces violences, est une grande peine pour moi et je suis meurtrie par ces violences.

Africaguinee.com : Mercredi soir, le président de la transition, Général Sékouba Konaté a décrété l’état d’urgence dans le pays .Pensez-vous que cette mesure sera suffisante pour ramener le calme en Guinée ?

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
C’est une des mesures, mais mieux vaut tard que jamais !Je pense que d’autres mesures doivent être prises pour protéger les populations civiles et le pays. Parce que même le président élu, il ne peut être réconforté qu’en temps de paix. Et c’est le président de tous les Guinéens et chacun doit se retrouver en lieu. Je pense que ce sont les médiocres qui parlent aujourd’hui d’ethnies, car les brassages ethniques sont très profonds. J’ai toujours estimé que les problèmes ethniques sont superficiels, mais je découvre que les gens creusent le fossé entre les ethnies. Il faut que tout le monde se ressaisisse !




Récemment, avant le deuxième tour, j’avais interpellé le porte-parole des forces vives, François Louncény Fall pour demander aux membres des forces vives qu’on fasse un état des lieux. Il faudrait qu’on se rappelle d’où nous sommes venus, avec la lutte que nous avons mené ensemble, rien ne devrait nous diviser. Il faut voir la Guinée en face. Même s’il semblait pessimiste vu la situation dans le pays, j’ai encouragé Fall pour œuvrer dans le sens de la réconciliation. Même l’actuel ministre des affaires étrangères, Bakary Fofana qui est issue de la société civile, a été interpellé pour que les forces vives insistent sur la réconciliation, car c’est nous qui avons initié ce processus et nous avons lutté. Beaucoup de gens sont morts, pour qu’on aille à des élections démocratiques pour assurer le retour à l’ordre constitutionnel. C’était ça notre lutte. Je rappelle que c’est le 9 février 2009, que les forces vives ont vu le jour à la bourse du travail. Donc, chacun doit se rappeler du chemin parcouru depuis Abuja, Ouagadougou. Nous étions très soudés à l’époque et même François Fall (devenu l’allié d’Alpha Condé, Ndlr) avait suggéré que les forces vives désignent le futur président, le futur président du parlement, repartir les tâches pour éviter des tensions lors des élections. Malheureusement, son appel n’a pas été entendu. Aujourd’hui, nous sommes tous responsables de ce qui va arriver en Guinée, surtout que l’armée a accepté de restituer le pouvoir aux civils ! Le changement commence d’abord, par celui du comportement et surtout penser à la Guinée. Nous devons aussi dire la vérité et lutter contre l’impunité. J’insiste sur le fait que même en temps de guerre, on finit par s’asseoir autour d’une table pour discuter. Pourquoi ne pas commencer par le dialogue ? Et chaque acteur politique a son rôle à jouer y compris le mouvement syndical, la société civile, les associations des femmes, jeunes etc. On ne peut pas les exclure. Donc chacun est responsable. Si Konaté a posé les jalons, nous devons finir cette transition de façon paisible. Nous devons lutter pour la paix dans notre pays et construire la Guinée. Car l’Histoire est têtue et elle finira par nous rattraper si on continue ainsi.




Africaguinee.com. Vous avez interpellé les acteurs politiques. En attendant les résultats définitifs de la cour suprême, avez-vous un message pour Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo ?

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
Je ne vais jamais cessé de le dire à mes deux frères (Cellou Dalein et Alpha Condé, ndlr) que chacun d’entre eux se rappelle de la lutte que nous avons mené ensemble depuis 2009.Qu’ils se rappellent comment nous avons resserrés les rangs dans la fraternité, car notre souci, c’était la Guinée. Ils doivent se ressaisir, et ils sont croyants ! Dans toutes mes prières, je demande à Dieu de choisir pour la Guinée. Un mandat, ce n’est pas une finalité, les deux peuvent se concerter pour poser des actes concrets. Il ne s’agit pas de se donner des accolades et se serrer les mains, les Guinéens attendent des actes concrets .Si Cellou Dalein et Alpha Condé avaient fait une campagne commune, je pense que ces violences n’auraient pas éclaté aujourd’hui. Malheureusement, je pense que ni Cellou Dalein, ni Alpha Condé ne maîtrisent leurs bases, car la sensibilisation des mandants à la base, n’a pas été efficace. La démocratie ne signifie pas empêcher l’autre de voter pour son candidat. Si la Cour suprême donne son verdict, il faut que chacun accepte les résultats, car Cellou Dalein et Alpha Condé ont signé chacun des engagements. Il faut que le perdant se prépare pour le futur et dire que la Guinée a besoin de moi et qu’il faut apporter quelque chose à ce pays. Aujourd’hui, dans les deux alliances, il y a des hauts cadres qui avaient ramené la paix ailleurs, je ne vois pas pourquoi, ils devraient échouer à maintenir la paix en Guinée.

Africaguinee.com : Un mot peut être pour nos compatriotes ?

Hadja Rabiatou Sérah Diallo :
Je pense que les confessions religieuses doivent s’investir tout comme les sages, car le dernier recours, c’est eux !Ils ne cherchent pas le pouvoir, mais ils doivent jouer leur rôle pour préserver la paix et protéger les populations.

Les femmes ont également leur rôle dans l’apaisement, car ce sont leurs fils qui meurent dans ces violences. Les femmes doivent rassembler pour ramener la paix dans les familles, dans les voisinages. J’avais dis à la veille des élections, qu’un enfant est né et qu’il s’appelle la Guinée. Cet enfant ne porte le nom de personne et chacun doit veiller à le protéger.

Je lance également un appel aux forces de l’ordre qu’il faut remercier d’avoir accepter de rendre le pouvoir aux civils. Mais dans le maintien de l’ordre, qu’ils évitent de tirer à balles réelles, car on ne sait pas qui sera la victime. Nous voulons donc une armée républicaine, qui doit protéger les populations civiles. Il faut dénoncer aussi certaines personnes qui portent des tenues militaires sans être dans l’armée, ce sont des malfaiteurs qui profitent de cette situation pour aller piller les populations. Si nous n’arrêtons pas cette hémorragie actuelle, c’est tout le monde qui perd. Aujourd’hui, il faut que les Guinéens comprennent qu’il ne s’agit pas d’Alpha Condé, ni de Cellou Dalein, mais de la Guinée. Et je tiens à ce qu’on préserve la paix, car c’est le meilleur encouragement pour l’armée, pour le président de la transition, pour les bailleurs de fonds qui ont accompagné la Guinée durant cette transition. Il faut éviter à tout prix les violences, car beaucoup de chefs d’Etat ont contribué pour cette transition, y compris le médiateur Compaoré. Il faut donc que les Guinéens sauvent leur pays, car sans la paix, il n’y aura pas de progrès en Guinée.

Interview réalisée par Mamadou K. Souaré
Depuis Genève
Pour Africaguinee.com


  Rubrique: Interview  date: 18-Nov-2010 à 15:10:53  Partager:   :

 

 
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