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Date du second tour : Attention....danger mon Général !

Après la proposition de notre "boîte à élections" (CENI) pour la tenue du scrutin ce dimanche, les Guinéens se tournent vers « Le tigre » Konaté qui pilote la jungle guinéenne pour griffer le fameux décret. Hélas, le candidat Cellou propose un report des élections avec un chapelet de conditions, pour éviter des risques de troubles dans le pays. Certes nos deux candidats comptent « leurs victimes » après les violences de ces derniers jours. Mais tout porte à croire que la date du 31 Octobre n’est pas le bon rendez-vous pour les Guinéens pour élire enfin leur président. Pour une fois mon nom « Diallo » peut porter préjudice à mon analyse ( Eh oui, toute action est maintenant jugée en fonction du patronyme pour le meilleur et pour le pire…).Mais essayons quand même d’analyser le gouffre qui attend les Guinéens s’ils se précipitent dimanche pour aller aux urnes…
Le cauchemar interne : des dangers de tout bord…
Fatigués et pressés d'en finir avec cette "guerre des chefs", les Guinéens veulent enfin se rendre aux urnes pour élire leur Président. Une demande légitime après ces années de souffrances et d'incertitude. Mais la date du 31 est elle la bonne? Pas si sûr...
Primo, la tragédie du Palais du peuple hante encore les esprits. Dans une pagaille monstre, une centaine de militants de l’alliance d’Alpha Condé se sont retrouvés dans les hôpitaux après une « intoxication » lors d’un meeting de leur leader à Conakry. 
Comme par hasard, les regards se sont tournés vers les adversaires (l’alliance de Cellou Dalein) dont l’amalgame avec l’ethnie peulhe a suscité une vague de violences en haute Guinée et en forêt, selon le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée(UFDG). Cette « fracture ethnique » doit être soignée au plus vite par les autorités de transition. Le remède ? Eh bien, il faut absolument identifier et punir les auteurs de cette "intoxication", proposer une compensation aux victimes (sans oublier les victimes des sbires de Konaté qui ont tapé fort vers Hamdallaye, Bambéto etc…) et surtout, rassurer les peulhs et malinkés que cette "intoxication" est « purement politique » et que le danger ce n’est pas le voisin en face, mais nos politiciens irresponsables qui manipulent à volonté les pauvres populations. D’ailleurs le plus « Doré » de notre gouvernement a avoué ce mardi : « Le gouvernement ne sait pas encore la nature du mal dont souffre les jeunes. Les prélèvements ont été faits par le ministère de la santé et envoyer dans un laboratoire spécialisé et indépendant dont le résultat seul, permettra de déterminer la cause dont ils souffrent. »Identifier les coupables, c’est éviter toute représailles de part et d’autres après les élections. Pour une fois, une affaire aussi grave ne doit pas être étouffée et jetée aux oubliettes, car elle risque de nous péter en pleine figure pendant ou après les élections. Ah…si Konaté pouvait m’entendre …Attention, danger mon Général !
Secundo, le comité de suivi des préparatifs du second tour piloté par le Général Ali Traoré, avait identifié un « gros problème » : la distribution des cartes alphanumériques aux électeurs, surtout pour nos compatriotes « diaspo ». Exclure une partie de l’électorat sur l’autel de la démocratie peut inexorablement susciter des contestations après les élections. Évidemment, l’alliance Cellou Dalein qui avait raflé la mise lors du premier tour, n’appréciera pas cette « exclusion » des Guinéens de l’étranger. Comme remède, le Général Ali Traoré avait proposé au Général Konaté de griffer « une prise d’une décision relative aux guinéens de l’étranger qui n’ont pas reçu leurs cartes alpha numériques, en accord avec la Cour suprême".Une décision qui se fait encore attendre. Ah…si Konaté pouvait m’entendre …Attention, danger mon Général !
Le cauchemar externe : la Guinée dans l’ombre …
La proposition de notre « boîte à élections » d’organiser le second tour le 31 Octobre est un vœu pieux qui cache en réalité des « coïncidences » qui risquent de compromettre dangereusement la crédibilité et la transparence du scrutin. Comme un oiseau de malheur, survolons ces paradoxes du 31 octobre…
Primo, le chef de la diplomatie de nos cousins gaulois, Bernard Kouchner a fait un aveu inquiétant le 20 Octobre dernier :«Les protagonistes, le président de l'Organisation internationale de la Francophonie Abdou Diouf, et moi-même, nous pensons que non plus le 24octobre mais le 31, il doit y avoir des élections en Guinée suffisamment calmes et transparentes»,avait prédit le « French Doctor » en marge d'une réunion préparatoire au 13ème sommet de la Francophonie, qui a réunit plusieurs chefs d'Etat africains à Montreux (Suisse).Évidemment, on aurait tout oublié si notre CENI n’avait pas proposé le rendez-vous électoral pour le dimanche 31 Octobre !Seulement, c’est un secret de polichinelle, le ministre Bernard Kouchner a un faible pour le candidat Alpha Condé qu’il connaît depuis longtemps !S’il n’affiche pas officiellement ses préférences, le chef de la diplomatie française est capable de donner « un coup de pouce » à son ami socialiste avant de quitter (probablement) le navire Sarkozy dont le prochain remaniement ministériel est imminent du côté de la Seine. Sans oublier que la « voix de la France » en Afrique, France 24 est pilotée par la compagne de Kouchner, Christine Ockrent. (devinez la suite…)Quand on sait que la France, l’ancienne puissance coloniale a toujours eu « son mot à dire » dans nos élections truquées, la prudence est donc de mise même si le libéral Cellou Dalein ne laisse pas indifférents l’entourage du cousin Obama de l’autre côté de l’atlantique. Ah…si Konaté pouvait m’entendre …Attention, danger mon Général !
Secundo, si nos élections se tiennent ce dimanche, un « gros éléphant « de la sous région risque d’éclipser ce rendez-vous électoral des guinéens : Eh oui, nos amis « y voit-rien » vont voter le 31, si tout va bien ! Le hic, c’est que le médiateur Compaoré a beaucoup plus à perdre du côté d’Abidjan (des millions de Burkibabé vivent en Côte d’Ivoire) qu’à Conakry. Relégués au second plan, les Guinéens feront « ce qu’ils veulent », loin des oreilles attentives de la Communauté internationale qui est pressée d’en finir avec la crise ivoirienne qui dure depuis…..2002 !Si les Guinéens s’engueulent depuis l’arrivée de notre Dadis national, malheur au candidat qui va contester les élections ! Il sera vite dépassé par la vague de « félicitations » des grandes chancelleries occidentales, qui vont certes reconnaître quelques « irrégularités » mais vont vite applaudir le nouvel élu. Bien sûr, la « lettre de Paris » sera décisive. Autant donc organiser les élections après le rendez-vous « y-voit-rien », car si Laurent Gbagbo passe, Paris n’aura d’autre alternative que de se tourner vers Conakry pour soutenir « son candidat », et éviter une débâcle face au grand frère américain. Car Gbagbo, c’est la fin de la « France Afrique » comme il l’avoue lui-même dans un entretien qu’il a accordé récemment à nos confrères de Jeune Afrique datée du 13 octobre : « Je veux une Côte d’Ivoire ouverte aux autres, pas une Côte d’Ivoire à qui l’on donne des ordres. Des conseils, oui. Des ordres, jamais. Ce pays n’est pas recolonisable. Nous n’avons pas peur d’être libres.” Sans commentaires! Ah…si Konaté pouvait m’entendre …Attention, danger mon Général !
Pour finir, comme un cancer, la précipitation est devenue un mal qui ronge les Guinéens. La politique du « ce n’est pas grave, on verra après » a toujours crée des problèmes immenses dont il est inutile de relater ici. Certes, depuis 5 mois, les Guinéens ont battu le record d’attente entre deux tours d’une élection présidentielle, encore faut il mieux préparer ce second tour qui sera décisif pour l’avenir du pays. Depuis son indépendance, la Guinée a raté ses rendez-vous avec l’histoire à cause de certains « détails » toujours minimisés mais qui nous retombent en pleine figure avec beaucoup de regrets. Tenez ! Le problème de la CENI ? On savait ! La désinformation de nos populations et les risques ¨d’affrontements? On savait ! Aujourd’hui les Guinéens rêvent d’élire leur président. Mais une élection bâclée nous amènera vers l’inconnu avec son cortège de malheurs !Bien sûr il faut en finir avec cette crise sans fin, comme le réclame l’alliance d’Alpha Condé (tiens donc, ils sont prêts maintenan!). Pauvre Konaté ! Dans son kibanyi tant convoité par nos « opposants-opposés », le tigre de la transition doit griffer une note qui s’affirme comme un dilemme. Faut-il désavouer notre « boîte à élections » présidée par son « frère d’armes « le Général Sangaré en proposant une nouvelle date ? Ou plutôt foncer comme un bulldozer dans le mur en organisant le scrutin le 31 avec un risque de…boycott du camp de Cellou? Le coup de griffe du « Tigre » va faire mal quelque soit la décision qu’il va prendre. Lui qui ignorait tout de la politique, eh bien il continue d’avaler des couleuvres depuis le palais de Sékhoutouréya souillé par notre Dadis national.En attendant, le bras de fer continue entre Cellou et Alpha où tous les coups sont permis au risque de fragiliser le pays .Mais ceci est une autre histoire. A bientôt…
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 27-Oct-2010 16:09:30  Partager:   :  |
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