
CONAKRY-Après la proposition de la date du 31 Octobre pour le second tour de la présidentielle, le candidat de l'Union des forces démocratiques de Guinée(UFDG)a posé une série de conditions pour exiger le report de cette date, a appris Africaguinee.com.
Cellou Dalein Diallo a d'abord insisté sur le retrait des fausses listes électorales qui circulent dans le pays.
Vous avez bien voulu, monsieur le président, adresser un courrier au président du RPG lui demandant de retirer les listes électorales qu’il a fait diffuser sur l’ensemble du territoire. Je pense qu’il est important de faire le bilan de l’exécution de cette instruction pour s’assurer que ces listes dont la fiabilité n’est pas établie, sont effectivement retirées. Parce qu’il y a une grande confusion réelle dans l’esprit des électeurs.", a-t-il expliqué devant le président de la CENI, Général Siaka Toumani Sangaré.
"Nous avons à cet égard adressé à la CENI une correspondance dans laquelle nous faisions part de nos inquiétudes et surtout de notre préoccupation de voir ces listes circuler et dans la mesure où, selon des informations que nous avons reçues, ces listes ne correspondent pas toujours à la liste officielle qui a fait l’objet de diffusion par leur institution. Cette situation est de nature à compromettre, à mon avis, l’organisation d’un scrutin sincère. Je ne pense pas qu’il soit possible d’ici le 31 de s’assurer que ces listes sont retirées et détruites et pour qu’elles ne soient pas utilisées par des gens mal intentionnés à l’occasion de l’organisation de ce second tour.", a-t-il ajouté.
Autre inquiétude pour le candidat de l'UFDG, c'est le déplacement massif des populations à l'intérieur du pays, suite à des violences ethniques enregistrés ces derniers jours.
"Les fondements de la République ont été même touchés, les principes de l’unité nationale tels que prévus dans la loi fondamentale ont été touchés. Des populations ont été chassées de leur lieu de résidence, battues, leurs biens détruits et confisqués. Nous avons enregistré 18 camions remorques partis de Siguiri avant-hier. Nous avons enregistré, avant-hier dans la nuit, des barrages au niveau de Kouroussa où on extrait tout ce qui était de Peulh et les bastonner et confisquer leurs biens. Ce mouvement massif de populations en provenance de la Haute Guinée, de la Forêt et du Fouta, privera, si l’on ne prend pas les dispositions pour restaurer la confiance et l’unité, des dizaines de milliers sinon des centaines de milliers d’électeurs d’exprimer leurs suffrages. Puisqu’étant recensés dans ces régions. Ils vivent dans ces régions et parfois qui y sont nés. Je pense que cette condition politique et sociale, c'est-à -dire la restauration de la paix civile, de perte de confiance entre les communautés, est une condition indispensable pour une meilleure organisation d’un scrutin équitable et sincère", prévient Cellou Dalein Diallo.
"Je pense que l’organisation d’un scrutin comporte toujours des risques. Lorsque ce risque est aggravé par une situation comme celle qu’on a vécue à N’zérékoré, à Kissidougou, à Kouroussa, Kankan et Siguiri, je pense qu’il faut atténuer les esprits en restaurant la paix en faisant des campagnes de sensibilisation. Afin de permettre le retour de ces citoyens dans leur région de résidence puisqu’ils sont dans leur propre pays", poursuit le patron de l'UFDG.
Au nom de son alliance, Cellou Dalein Diallo a mis en garde contre les risques de violences qui peuvent survenir après les élections.
"Il ne faut jamais organiser une élection dans un contexte marqué par la violence, par la crise de cette nature sans avoir pris des dispositions pour les régler. Je pense que le 31 est trop proche. C’est la première fois que le candidat que je suis demande un report des élections. Je me suis toujours opposé à la CENI parfois à mon frère, le Pr Alpha Condé pour que les élections du deuxième tour soient organisées le plutôt possible. Mais là , la situation requiert, je pense, qu’on se donne le temps pour panser les plaies et restaurer la confiance entre les communautés avant de se lancer dans l’organisation de ce second tour qui comporte déjà suffisamment de risques.", conclu Cellou Dalein Diallo.
En attendant, le président intérimaire Général Sékouba Konaté va examiner cette proposition de la CENI, avant de convoquer les électeurs aux urnes.
Nous y reviendrons.
Mamadou Camara
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 27-Oct-2010 à 11:14:14  Partager:   :  |