[IMG1]Des affrontements entre militants politiques rivaux ont marqué la première semaine de la campagne électorale en vue des élections générales du 11 août en Sierra Leone, fragilisant un pays qui tente de tourner la page d'une décennie de guerre civile (1991-2001).
Depuis le début de la campagne le 10 juillet, les violences ont essentiellement eu lieu à Bo (sud), dans le district de Kailahun (sud-est), ainsi que dans la capitale, Freetown.
"L'instabilité intérieure reste une menace réelle" dans "une Sierra Leone encore fragile et quelque peu volatile", a averti la semaine dernière le International crisis group (ICG), une organisation de prévention des conflits.
Ce petit pays d'Afrique de l'Ouest a été ravagé par l'une des guerres les plus atroces de l'histoire contemporaine (120.000 morts, des milliers de mutilés). Ce conflit a été marqué par de nombreux actes de tortures, mutilations et viols contre la population civile.
Les élections sont les premières à être organisées, depuis la fin de la guerre, sans la présence de forces de maintien de la paix étrangères.
La capacité des forces de sécurité à maintenir l'ordre sera en l'occurrence l'un des principaux enjeux de la campagne et du scrutin.
La semaine dernière, la police s'était inquiétée de la recrudescence de violences.
L'armée s'était alors déclaré prête à appuyer les policiers mais de nouvelles violences électorales ont été rapportées le week-end dernier dans le district de Kailahun, à 190 km de la capitale.
Le Mouvement du peuple pour des changements démocratiques (PMDC, opposition) a affirmé qu'un convoi participant à la campagne avait été attaquée par des membres présumés du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP, au pouvoir). "Il y avait des barrages sur la route et trois coups de feu ont été tirés. C'était le chaos mais les assaillants ont été submergés par nos militants", a assuré le porte-parole du parti, Mohamed Bangura.
Le parti au pouvoir a démenti ces allégations, affirmant au contraire que les incidents avaient débuté après que leurs bureaux eurent été attaqués.
Au moins deux personnes, dont un nourrisson, ont été grièvement blessées lors de ces incidents, selon des sources hospitalières. Une enquête est en cours dans cette région, où la guerre civile avait débuté en 1991.
Un haut responsable de la police, Tamba Bgekie, assure qu'une politique "ferme" a été adoptée pour arrêter et poursuivre les personnes impliquées dans les violences électorales.
Mais jusqu'à présent, seules deux personnes ont été arrêtées en liaison avec les violences ayant éclaté à Bo (180 km au sud de Freetown), au lendemain de l'ouverture de la campagne. Des échauffourées avaient opposé militants de l'opposition et du parti au pouvoir.
Selon Festus Minah, responsable du Mouvement de la société civile en Sierra Leone, fort de 250 membres, la violence est un phénomène "naturel" et "prévisible" de la part de "personnes ayant été traumatisées" par 10 ans de guerre civile.
Spécialiste des affaires politiques à l'Université de Sierra Leone, le professeur George Koroma estime que la pauvreté est la cause de cette violence, l'ancienne colonie britannique étant le deuxième pays le plus pauvre du monde, malgré sa production de diamants.
Selon lui, les violences ne sont pas le fait de vrais militants politiques, détenteurs d'une carte de parti, mais de jeunes en difficulté qui vont d'un parti à l'autre à la recherche de nourriture et de boissons distribués gratuitement lors des rassemblements politiques.
Africaguinee.com
Source:AFP
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  Rubrique: News Afrique  date: 19-Jul-2007 à 12:02:00  Partager:   :  |