
BRUXELLES-Les pays de l'UE sont convenus jeudi de prolonger d'un an le train de sanctions pris fin 2009 contre la Guinée, en attendant de voir comment évolue la situation politique, a-t-on appris de source diplomatique.
La décision de principe, prise au niveau des ambassadeurs, doit être formalisée par les ministres des Affaires étrangères lors de leur réunion lundi à Luxembourg, a-t-on précisé.
Toutefois, a expliqué à l'AFP un diplomate européen, "ce n'est pas parce que ces sanctions ont été reconduites pendant un an que la situation ne pourra pas être réexaminée par l'UE en fonction de la tenue prochaine du second tour des présidentielles et de l'évolution ultérieure".
Suite aux tueries commises selon l'ONU le 28 septembre 2009 par des militaires guinéens contre des opposants rassemblés au stade de Conakry, l'UE avait pris des sanctions en deux temps contre la junte guinéenne, accusée de crimes contre l'Humanité passible de la Cour pénale internationale (CPI).
En octobre, les Européens avaient d'abord imposé un embargo sur les armes et munitions à destination de la Guinée, ainsi que des interdictions de séjour contre des responsables de la junte.
Ils avaient ensuite durci leurs mesures en décembre, avec un gel des avoirs, une interdiction de fourniture de matériel pouvant servir à la répression dans le pays et un allongement de la liste des personnes liées au régime et interdites de visa sur le territoire de l'Union européenne.
Depuis que le chef de la junte au moment du massacre de septembre 2009, le capitaine Dadis Camara, est parti en exil, un autre officier, le général Sékouba Konaté, a assumé la présidence à titre transitoire en attendant les résultats du second tour du scrutin présidentiel qui doit opposer Cellou Dalein Diallo (43% des voix au 1er tour du 27 juin) et Alpha Condé (18%).
Le second tour est prévu dimanche, mais un nouveau report en raison de la tension qui a prévalu ces derniers jours à Conakry pourrait être décidé ce jeudi ou au plus tard vendredi.
La nomination d'un général malien, Siaka Toumani Sangaré, à la tête de la Commission électorale, en remplacement de Louncény Camara, considéré par les partisans de M. Diallo comme trop proche de M. Condé, a rétabli le calme.
Source:AFP |
  Rubrique: Interview  date: 22-Oct-2010 à 10:38:50  Partager:   :  |