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Transition: le " syndrome guinéen"….





“Si les deux candidats ne s’entendent pas, j’imposerai un civil à la tête du pays".Cette menace du Général Konaté, en dit long sur la situation pourrie de la transition en Guinée. Comme des vautours, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé se disputent la « charogne » incarnée par notre boîte à élections, CENI dont la disparition (prévisible) de son président Ben Sékou Sylla a plongé cette boite à élections, dans une guerre de succession qui enfonce le pays dans une crise sans fin. Seulement voilà, la communauté internationale a horreur de trancher quand deux candidats se disputent ; pire notre armée lorgne avec appétit le Kibanyi présidentiel, sans oublier nos populations qui veulent en finir avec cette crise. Devant ce cocktail explosif, nos institutions se tirent des boulets rouges et la communauté internationale s’impatiente. Mais derrière cette guerre de succession au niveau de la CENI, se cache une maladie grave qui gangrène ce pays : le « syndrome guinéen ».Voyons de plus près ses symptômes pour trouver peut-être quelques remèdes pour éviter le pire…

Premier symptôme : la méfiance ethnique

Comme beaucoup de pays, la Guinée possède une multitude d’ethnies. Si la cohabitation entre ces ethnies est dans son ensemble, pacifique, la conquête du pouvoir a réveillé hélas, les vieux démons ethniques. Hypocrites, nos leaders politiques préfèrent souffler sur les fibres ethniques au lieu de « vendre » leurs projets de société. Résultat, toute action ou toute prise de position est jugée ou critiquée en fonction de l’appartenance ethnique de son auteur. Et certains signes aggravent cette méfiance…

Primo, la méconnaissance de notre histoire commune. Avec une population majoritairement jeune et analphabète, rares sont ceux (à part nos barbes blanches) qui savent ce qui s’est passé depuis notre indépendance avec Sékou Touré, Lansana Conté. Une histoire tragique, vite mise aux oubliettes au nom de la loi du silence. Seulement, en voulant tourner les pages sanglantes de leur histoire sans prendre la peine de les analyser pour éviter le pire, les Guinéens sont rattrapés par ces cascades d’évènements tragiques qui continuent de hanter leur mémoire collective. Entre Cellou le « peulh » et Alpha Condé le « malinké », les amalgames attisent les méfiances des uns et des autres. Comme remède, il nous faut une bonne dose de courage, pour affronter notre histoire commune comme d’autres peuples, pour oublier nos vieux démons ethniques. Pour cela, une conférence nationale s’impose et la promotion de nos valeurs communes est nécessaire pour rappeler que la Guinée est une et indivisible, et que sa diversité ethnique doit être un facteur de richesse. Et cela, avant même le second tour de la présidentielle !Une semaine dédiée à notre histoire commune et à la réconciliation nationale impliquant toutes les couches socioprofessionnelles du pays, serait souhaitable, pour rassurer tout le monde. Car l’ennemi commun, c’est la pauvreté et pas le voisin d’en face !





Secundo, la culture de l’impunité attise cette méfiance entre nos populations. Combien de crimes ont été commis depuis 1958 ? Combien de victimes continuent de souffrir dans le silence alors que leurs bourreaux profitent pleinement de leur liberté ? Il est difficile de construire une paix durable sur l’injustice. Avec un Etat moribond qui n’assure aucune sécurité pour ses populations, le repli communautaire et ethnique remplace cette protection réclamée par nos populations. Hélas, aucun de nos candidats n’en fait une priorité ! Chaque candidat parle vaguement de « comité vérité et réconciliation » sans pour autant fournir des garanties que les auteurs de ces crimes vont répondre de leurs actes. Une amnistie n’est pas à exclure, encore faut-il que les coupables reconnaissent leurs crimes et « demandent » pardon aux victimes. Et Oui, le pardon (laconique) du Général Konaté demandé aux victimes au nom de ses prédécesseurs, ne suffira pas, ni d’ailleurs les nombreuses prières organisées à la mémoire des victimes. Comme remède, les autorités guinéennes doivent prendre des garanties pour rendre justice aux victimes, réhabiliter la mémoire des disparus et offrir des compensations à leurs proches qui souffrent dans le silence. Car l’ennemi commun, c’est la pauvreté et pas le voisin d’en face !


Deuxième symptôme : la politique de l’autruche…

Ah la Guinée ! On aime bien utiliser les mêmes recettes, sans se soucier des conséquences. Tenez, nos grosses huiles qui trônent dans leurs kibanyi n’aiment pas faire des efforts pour éviter les erreurs de leurs prédécesseurs !Et certains signes ne trompent pas…




Primo, la crise héritée de la CENI était prévisible !Cette grosse machine huilée pour valider les « scores soviétiques » du défunt président Conté, n’est plus adaptée à la nouvelle donne politique. Avec un président de la transition qui n’est pas candidat, un Etat mis à l’écart pour éviter « le coup de pouce » des préfets et gouverneurs, notre CENI a vite montré ses limites. Pire, on a « oublié » la probabilité d’un second tour et donc, d’une division au sein de la CENI entre partisans des deux candidats. Sans être prophètes, nos chefs au lieu de foncer bêtement aux élections, ils auraient dû réunir les conditions idéales pour organiser les élections. Sans oublier que la longue maladie de Ben Sékou Sylla, laissait prévoir une vacance de son fauteuil de président. Hélas, comme toujours, nos chefs, en vrai automates, sont de véritables « médecins après la mort ».La passion des uns, l’envie pressante de Konaté de rendre le tablier et la crainte que nos « minus « du gouvernement de transition ne s’éternisent dans leurs fauteuils, ont accéléré cette course aux élections ! Comme remède, nos chefs doivent analyser nos textes de lois, évaluer les compétences de chacun et instaurer une politique de suivi dans nos institutions pour éviter les mauvaises surprises ! Car l’ennemi commun, c’est la pauvreté et pas le voisin d’en face !


Secundo, comme d’habitude, chacun de nos chefs roule pour ses intérêts. Et ils n’ont pas tout à fait tort. Ceux qui sont actuellement autour de la « mangeoire publique » ne savent pas ce que l’avenir leur réserve après les élections. Dans notre beau pays, tout limogeage est une sorte de…condamnation à mort. Après la lumière du pouvoir, nos chefs sont vite mis aux oubliettes ! Résultat, chacun s’accroche bec et ongles à son kibanyi. Tans pis pour la transition ! Chacun met des bâtons dans les roues du processus électoral, pour garder le statu quo. D’ailleurs au niveau de la CENI ou même du gouvernement, on se dispute gentiment l’argent destiné à l’organisation des élections. Pire, certains de nos « minus » du gouvernement Doré oublient leur neutralité pour soutenir l’un ou l’autre de nos candidats. Sans être utopiste, un des remèdes serait d’offrir un point de chute à nos « petits boss » ou garantir leur retraite après leur éviction de leur kibanyi. Car l’ennemi commun, c’est la pauvreté et pas le voisin d’en face !


Troisième symptôme : des candidats « ennemis »

Alors que les Guinéens s’impatientent, une communauté internationale qui cache à peine son désarroi, nos leaders politiques ont une obsession : le Kibanyi présidentiel. Samedi, lors de la fête nationale du 2 octobre, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé ont « souffert » d’être ensemble dans les rangs officiels, prévus par le protocole. Malgré une poignée de mains, la méfiance était visible sur les visages de nos deux postulants au fauteuil présidentiel. Aujourd’hui, la Guinée est devenue la risée du monde, à cause de ses interminables querelles intestines qui ridiculisent la classe politique guinéenne. Et ceci, pour protéger des ambitions personnelles démesurées, qui affligent nos populations, fatiguées de cette guerre des chefs…




Primo, chacun de nos candidats veut « écraser » l’autre. Aucun sens de compromis, aucune sortie honorable pour le perdant ! Dans cette course aux ego, nos leaders politiques oublient l’autre échéance non moins importante : les élections législatives qui vont inaugurer la future assemblée nationale. Si nos lois sont respectées, le futur président élu aura des pouvoirs limités, si le camp adverse s’installe au parlement. L’heure du « Manguè » tout puissant est donc révolue, s’il faut servir la Guinée au lieu de se servir. Comme remède, nos candidats doivent ménager leurs rancunes et offrir une sortie honorable à l’adversaire en cas de victoire. Pour cela, un dialogue est nécessaire entre Cellou et Alpha qui peuvent défendre leurs projets de société, pour dépassionner les débats dans le pays. Car l’ennemi commun, c’est la pauvreté et pas le voisin d’en face !

Secundo, nos deux candidats doivent s’ériger en hommes d’Etat, capables de sacrifices pour leur pays. Hier, nos lakoudous étaient indexés par la communauté internationale avec notre Dadis national, aujourd’hui, ce sont les « ex » alliés civils des forces vives qui se déchirent pour le pouvoir. Pourtant, les Guinéens sont proches de l’exemple du Mali, du Bénin ou d’autres pays qui ont instauré la démocratie comme modèle de gouvernance. Mais des sacrifices douloureux s’imposent à nos candidats pour mettre fin aux souffrances de leurs compatriotes et restaurer l’image de la Guinée. Sans oublier, que la Guinée n’est pas « la seule préoccupation du monde », car nos voisins « y voit rien » votent le 31 octobre, la région sahélienne est minée par le terrorisme (Paris et Washington sont très soucieux par ces menaces terroristes) et le médiateur Compaoré prépare ses propres élections le 21 novembre. Si nos deux candidats acceptent ces sacrifices, ils peuvent faire des propositions (raisonnables et réalistes) pour surmonter cette crise de la CENI qui agace tout le monde. Car l’ennemi commun, c’est la pauvreté et pas le voisin d’en face !

Finalement, après 52 ans d’indépendance, les Guinéens se rapprochent dans la douleur d’une sortie de crise. C’est connu, parfois il faut un ennemi commun pour renforcer l’unité nationale .En Guinée, l'ennemi de toujours, c’est la pauvreté qui afflige nos populations, malgré les potentialités de ce pays béni par la nature. Aujourd’hui, aucune ethnie, aucun guinéen n’a intérêt à brûler la maison commune. Ironie de l’histoire, les Guinéens craignaient le « syndrome ivoirien » avec un report des élections. Sauf que les Guinéens, après un premier tour qui a suscité tous les espoirs, s’enlisent dans des querelles intestines qui fatiguent la communauté internationale. A moins d’instaurer le « syndrome guinéen » comme mauvais exemple à la face du monde, nos leaders politiques doivent émerger au dessus des passions ethniques et égoïstes pour sauver leur pays. Car cette querelle pour la CENI ne sera résolue que par les Guinéens !Autant faire vite, car les menaces se font sentir et risquent de faire avorter le rêve de démocratie de tout un peuple. Mais ceci est une histoire. A la semaine prochaine !

Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com


  Rubrique: Coup de gueule  date: 04-Oct-2010 à 18:08:21  Partager:   :

 

 
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