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Mgr Albert David Gomez, 1er vice-président du CNT : « Tant que les lois ne sont pas abrogées elles r

Le 1er vice-président du Conseil national de la transition (CNT), l’Evêque de l’Eglise anglicane de Guinée, donne son avis sur la brouille suscitée par l’intention prêtée au Premier ministre de faire modifier la Constitution.
Le Démocrate : Le Premier ministre voudrait soumettre un projet de décret au président de la République par intérim afin de modifier la constitution en vue d’attribuer quelques prérogatives au MATAP, soit d’organiser les élections conjointement avec la CENI. Qu’en pensez-vous ?
Mgr Albert David Gomez : Bien, pour en parler, il faut que je sois sûr que c’est ce qui se passe réellement ; parce que vous dites que c’est des sources bien informées. Moi je juge sur pièces si vous voulez, la politique que nous nous imposons ici, c’est de juger sur pièces et non sur des informations qui peuvent être fondées ou non. Lorsque tel est le cas, nous allons vers la source pour pouvoir établir le bien-fondé de l’information. Une fois que le bien-fondé de l’information est établi, nous essayons de voir quelles sont les démarches à entreprendre pour voir l’adéquation entre l’intention et les textes constitutionnels. Donc, pour le moment, je n’ai pas d’avis personnel. Nous sommes aussi exposés à l’information que vous donnez, que d’autres nous donnent ; mais nous vérifions ces informations et nous essayons de statuer par rapport aux textes qui régissent le pays. Vous avez la constitution, le code électoral, les différentes lois, c’est notre raison d’être. Tant que les lois ne sont pas abrogées, alors c’est elles qui restent en vigueur.
Si vous aviez un message à lancer aux acteurs de la classe politique, que leurs diriez-vous ?
C’est d’abord reconnaître la maturité du peuple de Guinée parce que nous sommes partis de loin; nous ne croyons pas que les gens seraient allé voter et auraient accepté les résultats malgré les imperfections. C’est d’abord reconnaître ce mérite. Et nous dire que l’expérience a prouvé, que c’est quand on est au pied du mur que nous réalisons mieux. Etant au pied du mur depuis le 23 décembre 2008, nous sommes descendus et maintenant il faut que nous remontions. Parce que quand vous plongez, à un moment vous ne pouvez plus descendre plus loin. Parce que vous avez atteint le fond. Je considère que nous avons atteint le fond et j’espère que nous avons entamé la remontée. Et quand on entame la montée on ne désespère pas. Il faut garder le cap, garder l’espérance au cœur et une vision pour la Guinée. Dieu a une vision pour la Guinée, les Guinéens ont une vision pour la Guinée. Il s’agit de faire en sorte que cette vision se réalise. Cela peut prendre 10 ans, 50 ans, un peu plus… dès qu’on maintient le cap et qu’on l’ajuste de temps en temps, on obtiendra les résultats attendus. Donc, c’est de demander à chaque Guinéen de persévérer dans la volonté de sortir la Guinée de cette situation.
Les fidèles chrétiens viennent de célébrer l’Assomption. Pouvez-vous nous parler de cette fête ?
Bien je peux en parler bien que je ne sois peut-être pas le mieux placé pour en parler ; oui parce que c’est une fête chrétienne surtout célébrée par l’église catholique romaine. L’Assomption célèbre la montée au ciel de la vierge Marie. Nous partions du principe qu’elle est sans péchés. Puis que l’enfant auquel elle a donné la vie est sans péché. C’est un choix spécial de Dieu pour cette jeune fille, pour cette mission et donc sa place ne peut pas être dans une tombe, sa place doit être ailleurs. Donc c’est le concept de l’Assomption. C’est cette montée là que l’église catholique célèbre.
Au sein de l’église anglicane et au Conseil national de la transition (CNT), vous occupez de hautes fonctions. Comment faites-vous pour équilibrer la balance ?
C’est une très bonne question, c’est une question d’organisation ; vous savez, les structures que sont l’église ou le CNT ne reposent pas que sur une personne, c’est une institution donc un ensemble de personnes, un ensemble de règles, un ensemble de principes. Si l’Evêque n’est pas là , il y a toujours une prévision pour que quelqu’un d’autre joue ce rôle là . De toute façon, l’évêque n’étant pas en dehors de Conakry, même en dehors de la Guinée. Je me fais le devoir tous les jours de passer régler les affaires de l’église à mon bureau, à l’église ou de venir ici. Maintenant s’il y a l’urgence, nous la gérons. C’est une question d’organisation. Ici aussi c’est une structure, il y a la présidente, le 1er vice-président, le second vice-président. Il peut arriver que 1/3 ou 2/3 ne soient pas là . Là aussi c’est une structure parce qu’il y a un cabinet, le bureau exécutif : donc le tout ne repose pas sur le concept d’une personne. Ça repose sur le concept d’une organisation.
En tant que 1er vice-président du CNT, pouvez-vous nous faire un bilan à mi-parcours des actes posés par cette institution ?
D’abord il est difficile de faire un bilan puisque que ce n’est pas fini ; le bilan suppose que l’activité soit finie. Or il y a eu un certain nombre de travaux qui ont été faits, un travail énorme. Il y a eu le premier tour qui a été fait, bien que les conditions d’exécution soient difficiles et que ce ne soit pas tout le monde qui y croyait. Il y a le 2e tour dont la date est fixée. Il y a actuellement du travail à faire pour que le maximum de conditions soient remplies pour le deuxième tour parce qu’il n’y a pas d’organisation parfaite. Que ce soit dans le cadre d’élections ou pas, après le deuxième tour, il doit y avoir du travail ; donc c’est un processus : On ne peut pas faire le bilan (…), peut-être une appréciation à mi-parcours. Il faut reconnaître qu’on est parti de loin, on est parti de la situation de non Etat puisque quand on suspend la constitution, quand toutes les institutions sont suspendues au lendemain du 23 décembre, eh bien ! il n’y a pas les fondamentaux pour assurer la gestion de l’Etat. Heureusement nous sommes sortis de cet état, puisque certaines institutions ont été rétablies, dont le Conseil économique et social, le Conseil national de la communication, la Cour suprême… Ce qui a permis au pouvoir d’envisager l’avenir avec beaucoup de sérénité ; sans compter qu’après les accords de Ouagadougou le 15 janvier, les organes de transition ont été mis en place, l’organe suprême qu’est le président de la république, le gouvernement, l’organe législatif qu’est le Conseil national de la transition. Donc, chacune de ces institutions abat un travail énorme. Ce qui nous a amené au 27 juin. Donc le premier constat est que ce défi a été relevé, même s’il y a eu ce que certains ont appelé des fraudes. Et puis les résultats définitifs, il y a 24 partis dont les candidatures ont été retenues, il y a parmi les 24 deux qui sont passés pour le deuxième tour. Et donc, il n’y a pas de raison d’être négatif. Moi je suis quelqu’un d’optimiste, je vois toujours l’avenir avec optimisme. Nous travaillons dans ce sens là pour concrétiser nos rêves et nos visions.
Quel peut être le rôle que devraient jouer les religieux pendant cette phase transitoire ?
Le rôle du religieux ce n’est pas la phase transitoire, le rôle du religieux c’est en tout temps. C’est un rôle de veilleur, c’est un rôle de quelqu’un qui dénonce. Donc de situer les responsabilités ; ce n’est pas seulement pendant la période de transition, c’est pendant la paix qu’on prépare la guerre, c’est en temps de guerre qu’on a besoin de paix. Donc le rôle du religieux c’est en tout temps, en tout lieu. Mais évidemment il apparaît un certain moment, compte tenu de certaines circonstances, où il reste à l’ombre de la mosquée, mais cela ne l’empêche pas de jouer son rôle de médiateur parce que le religieux en fait, c’est le médiateur entre Dieu le créateur suprême et la créature qu’est l’homme. Dans tous les aspects, ce n’est pas seulement l’aspect spirituel. Mais aussi, disons, l’aspect matériel, l’aspect psychologique, il y a tous ces aspects. L’homme ce n’est pas seulement l’esprit mais c’est aussi la chair avec tous ses besoins.
Entretien réalisé par Richard Tamoné
Source:Le Démocrate |
  Rubrique: Interview  date: 25-Aug-2010 à 10:24:14  Partager:   :  |
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