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Elections en Guinée : Faut-il croire Cellou Dalein Diallo ?





Depuis la proclamation des résultats du premier tour par le « Sylla » qui trône à la Cour suprême, l’optimisme règne dans le camp de « Cellou » qui espère faire d’une bouchée, le candidat du RPG, Alpha Condé lors du face-à-face au second tour. Un optimisme renforcé par le « mariage » avec Sidya Touré de l’UFR, le coup de pouce d’Abe Sylla du NGR, sans oublier le fantomatique PUP du duo Somparé-Solano. Evidemment loin de tout triomphalisme, Cellou Dalein Diallo multiplie les opérations de séduction pour rafler le maximum de voix et conforter son avance face au vieux Alpha, qui n’a pas dit son dernier mot. Cependant à y voir de très près, certains signes nous montrent que Cellou, séducteur devant l’éternel, finira par trahir…

Alliances politiques de Cellou : le revers de la médaille

Le 28 juillet dernier, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo avait annoncé en fanfare le « mariage » Cellou-Sidya pour le meilleur , sous le « parrainage » d’Abe Sylla de la Nouvelle Génération pour la République(NGR), Moussa Solano du Parti de l’Unité et du Progrès (PUP). L’objectif, c’est de rafler l’électorat soussou en faveur de Cellou. Seulement, le couple Cellou- Sidya semble minimiser le « pire » qui attend tous les « mariés » surtout en politique.




Primo, pour mettre « une bague au doigt » de Sidya, Cellou a promis à l’Union des Forces Républicaines (UFR) de jolies « parures » : la primature durant le quinquennat, 30 % des postes dans l’administration, des ministères clés, une place prépondérante dans la future assemblée nationale sans oublier le fameux gouvernorat de Conakry. Pour dire « Oui », Sidya a promis en retour que l’UFR et l’UFDG se soutiendront mutuellement y compris pour les élections communales et communautaires. Seulement, juridiquement, il s’agit d’une alliance entre les deux partis et non d’une fusion des deux partis. Cette précision va pourtant changer la donne. Parlant de ce « mariage » à la tête de l’Etat, Cellou Dalein Diallo, fidèle à son habitude, a caressé le chat dans le sens du poil : « Sidya connait les textes, les pouvoirs du Président dans la constitution et ceux délégués au Premier ministre. Je pense qu’il n’y aura pas de bicéphalisme. Puisque chacun de nous s’efforcera à respecter les textes et ses pouvoirs tels qu’ils sont définis dans les textes. Je n’ai aucun doute là- dessus Nous avons des relations de confiance ancienne et solide. Je pense que celles- là continueront de prévaloir et on se référera, chaque fois que c’est nécessaire aux textes».Mais ce joli discours sera mis à l’épreuve du temps et des tempêtes politiques qui attendent les futurs dirigeants du pays. Et Dieu sait qu’il y en aura tellement les défis sont énormes et la liste des mécontents est longue. Dans un régime présidentiel comme le prévoit la constitution guinéenne, il est clair que deux partis politiques ne peuvent gouverner conjointement le pays. S’il est élu à la présidence, Cellou Dalein Diallo devra inexorablement, troquer son costume de « séducteur » pour celui de « tueur politique », pour gouverner « seul » le pays. S’il est plus facile de gérer les victoires communes, comment nos deux « tourtereaux » réagiront-ils en cas de dérapages et bourdes à la tête du pays? Une grève générale ou une mutinerie dans l’armée par exemple n’est pas à exclure, et tout dérapage va ouvrir la boîte de pandores et des têtes vont tomber. En prenant ses décisions, Cellou devra inévitablement choisir entre la colère populaire et le courroux de ses alliés. Et dans un cas ou l’autre, Cellou devra trahir pour protéger son Kibanyi. Encore faut-il qu’il soit élu. Mais le vieux Alpha n’a pas encore abdiqué…


Secundo, s’il est élu à la présidence, Cellou Dalein Diallo devra porter les habits d’homme d’Etat et s’affranchir des chaînes de l’UFDG et de ses alliés. Seulement, dans le partage du pouvoir et son exercice, nombreux seront les « déçus » parmi les alliés de l’UFDG, car Cellou pour gouverner en paix, devra ménager ses adversaires qui n’hésiteront pas à lui tirer les poils du nez s’il oublie de partager le gâteau. Sans oublier bien sûr les rivalités intestines qui naîtront au sein de l’alliance à cause de l’exercice du pouvoir. Un ministre ou préfet issu de tel parti …limogé ? Bonjour les querelles et Cellou devra inévitablement arbitrer ses querelles et essuyer les critiques des uns et des autres. Inutile de dire que ceux qui ont tout donné pour Cellou se sentiront « trahi » s’il prend une décision contre eux. Encore faut-il qu’il soit élu. Mais le vieux Alpha n’a pas encore abdiqué…


Alliés économiques : l’intérêt de l’Etat sur la balance

C’est bien connu le mariage entre nos politiques et les commerçants ne sont jamais gratuits. Pour accéder au Kibanyi, nos candidats ont besoin de…sous ! Et pour décrocher les marchés, nos commerçants ont besoin de signatures officielles. Si la période de campagne est propice aux promesses les plus utopistes, l’exercice du pouvoir réserve des surprises pas toujours digestes pour les détenteurs du pouvoir politique et économique. Pour le candidat de l’UFDG, sa lune de miel avec nos commerçants est connue de tous et les mauvaises langues prédisent une « République du négoce » si Cellou s’assoit sur le Kibanyi. D’ailleurs, face à ces critiques, Cellou se défend : « Parmi mes militants, j’ai un nombre important d’opérateurs économiques, qui entretiennent de bonnes relations avec moi, depuis que j’exerçais des hautes fonctions de l’Etat, comme ministre des transports, Premier ministre ou ministre de la pêche. Mais ils savent à quel point je suis attaché aux règles et procédures.(…) Très souvent, certains d’entre eux qui avaient de solides relations d’amitié, même familiales avec moi, lorsqu’ils ont transgressé les règles, ils savent toujours qu’ils sont exposés aux sanctions prévues par la loi. . Je suis un économiste, il n’est pas bon d’introduire des distorsions dans la concurrence. Sans compter les préjudices que le trésor subissait en termes de recettes, si ces opérateurs ne payaient pas les droits prescrits au cordon douanier. Personne ne peut avoir des précédents dans l’exercice de mes fonctions où j’ai accordé un marché de gré à gré à un opérateur économique, fut- il un ami ou à exonérer un opérateur économique de paiements de droits auxquels ils devraient être soumis, en raison de ses activités ou de ses opérations. »Une nouvelle fois, s’il est élu, Cellou devra choisir entre ses alliés et l’intérêt national , le tout sous le regard gourmand de nos « amis » étrangers. Un dilemme pas évident pour Cellou, plus séducteur que…. « tueur ».




Primo, Cellou Dalein Diallo, en bon apôtre du libéralisme est partisan de la libre concurrence. Seulement, dans un pays en pleine construction, des marchés juteux seront à pourvoir par l’Etat. Et les offres de ses alliés ne manqueront pas pour profiter un peu du pouvoir de Cellou. Mais l’ouverture des marchés va inévitablement diminuer le pouvoir économique de nos commerçants, peu habitués à la concurrence, surtout étrangère. Evidemment Cellou, devra trancher en tenant compte de la capacité de nuisance de nos commerçants, qui n’hésiteront pas grignoter la popularité de Cellou, en tapant sur le panier de nos ménagères. Et entre nos populations et l’appétit vorace des commerçants, Cellou devra choisir. S’il est élu, Cellou va donc trahir l’une des deux parties, aux intérêts antagonistes (nos ménages et nos commerçants). Encore faut-il qu’il soit élu. Mais le vieux Alpha n’a pas encore abdiqué…

Secundo, s’il est élu, Cellou sera soumis à la triste réalité du pouvoir en Afrique : celle d’obéir à ceux qui nous donnent à manger ! Vue les immenses richesses convoitées de la Guinée, Cellou devra faire des acrobaties avec nos bailleurs de fond (FMI , Banque mondiale, Union européenne…) qui ont tellement misé sur cette transition, que la facture sera salée pour le futur président. Et Dieu sait que le remboursement de la dette du pays, les réformes préconisées par Bretton Woods, les contrats avec nos « amis », ne vont pas toujours dans l’intérêt du pays. Et ça va taper dur dans nos maigres économies. Acculé, le futur président devra tendre la main et….prendre des mesures impopulaires pour répondre aux exigences de nos… « amis ».Face à cette triste réalité, Cellou ,s’il est élu , devra choisir entre la grogne populaire (Dieu sait que le Guinéen ne se laisse plus faire) et la colère de nos « amis » occidentaux, chinois, qui attendent leur part du gâteau après la transition. Mieux, la distribution des contrats (surtout dans les mines) aura des conséquences politiques. Notre Dadis national en sait quelque chose après l’annonce d’un contrat d’un milliard de dollars avec les chinois après la tragédie du 28 septembre 2009. La suite, on connaît. Inévitablement, Cellou devra donc trahir en ménageant l’appétit de Washington, Paris, Pékin, Moscou dont les intérêts antagonistes ne coïncident pas avec les besoins de ses compatriotes. Encore faut-il qu’il soit élu. Mais le vieux Alpha n’a pas encore abdiqué…

En définitive, si l’optimisme continue de régner dans le camp de Cellou, la victoire est loin d’être acquise face à son adversaire Alpha Condé du RPG. La séduction qui est l’arme fatale de Cellou durant la campagne présidentielle, ne suffira pas s’il accède aux commandes. Il lui faudra une bonne dose de culot pour trancher s’il est élu. Un exercice périlleux dans lequel Cellou va laisser des plumes comme tout leader politique qui accède au Kibanyi. Mais ce rêve de l’UFDG de Cellou et ses alliés risque d’être avorté par de gros nuages qui planent dans le ciel politique guinéen. Depuis plusieurs jours, la polémique enfle quand au choix de la date du second tour. Loin de s’avouer vaincu, Alpha Condé continue de taper sur la « boîte noire « de nos élections : la CENI accusée de tous les maux par le RPG. Quand au PM Jean-Marie Doré, il mise sur la bonne tenue des élections (conditions loin d’être remplies)pour repousser la date du scrutin. Dans cette cacophonie au sein de la jungle politique guinéenne, seul le Tigre Konaté peut siffler la fin de la récréation pour mieux préparer sa retraite. Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !

Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com


  Rubrique: Coup de gueule  date: 05-Aug-2010 à 17:58:32  Partager:   :

 

 
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