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Detail de la News

Mamadou Sylla-Futurelec:"Même un chef d’Etat est poursuivable, personne n’échappe à la justice, tout


[IMG1]Sujet de vives polémiques parmi les guinéens, le PDG de futurelec Holding,Mamadou Sylla revient ici sur le détournement de 16 milliards à la Banque Centrale dont il est le principal accusé, de son rôle au sein du Parti de L'unité et du Progrès(PUP), sans oublier ses relations avec les syndicalistes et le patronat guinéen...

Depuis quelques jours, vous sillonnez l’Europe. Vous étiez à Genève et aujourd’hui à Paris. Peut-on savoir les véritables raisons de ce périple européen ?

Mamadou Sylla : Merci de l’opportunité que vous m’offrez pour porter à la connaissance des compatriotes et du Patronat guinéen, le travail que nous abattons sans cesse pour le bien être des populations. Comme vous le savez, je suis le président du Patronat guinéen et chaque année, se tient à Genève une Assemblée au niveau du Bureau International du travail (BIT) et de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Une Assemblée à laquelle tous les patrons des patrons se réunissent et où participent aussi les gouvernements et les syndicats des différents pays pour discuter des problèmes liés au monde du travail.

Au niveau du Patronat guinéen, vous le savez mieux que moi, certains ont voulu jouer aux troubles-fêtes parce qu’ils ne connaissent pas les textes et les lois qui régissent ces différentes organisations internationales. Mais aussi, ils ignorent les textes qui régissent le Patronat guinéen lui-même. Ils ont tenté, par des méthodes peu orthodoxes de s’accaparer de la présidence de notre Patronat, sans succès. Alors que dans les instances du BIT et de l’OIT, c’est la démocratie qui règne sans considération aucune et le respect des textes de loi sur lesquels reposent ces deux institutions est de rigueur.

Connaissant à mon niveau, le fonctionnement de l’OIT et du BIT parce que je suis à la tête du Patronat guinéen depuis sept ans, le respect de ces textes de loi n’est nullement un secret pour moi. Quelqu’un qui est élu par les urnes ne peut avoir la même approche des choses que ceux qui ne le sont pas. Le BIT est très clair là-dessus. Vous êtes élu par les urnes, votre remplacement ne pourrait se faire que dans le respect de ces textes de loi ou à la suite d’élections. J’ai été élu pour cinq années, tant que mon mandat n’expire pas, je suis et demeure le seul président du Patronat guinéen, il n’y a pas de place au doute à ce niveau. À la fin du mandat, des élections auront lieu, je serais candidat ou non, ainsi, d’autres pourront postuler et si je perds, je rends le tablier, mais pas avant. Ils peuvent toujours courir, arpenter les couloirs de Genève, implorant un rendez-vous incertain avec des personnalités du BIT.

Je vais vous dire, si le problème s’était posé au seul sein du Patronat, cela n’aurait pas créé tant d’agitation. Mais, lorsque les politiques se mêlent des affaires, il y a péril en la demeure. Youssouf Diallo l’usurpateur parce que c’est comme cela qu’il faut le nommer est le cousin direct d’Amadou Diallo, syndicaliste et actuel ministre de l’Emploi issu du gouvernement de consensus. Tout le monde connaît leurs liens de parenté.

Quant à Rabiathou Serah Diallo, autre syndicaliste, elle est la sœur à Youssouf Diallo. Selon des informations dignes, ce sont deux cousins. Le père de Youssouf Diallo et le père de Rabiathou Serah Diallo sont tous deux frères issus d’un même père et d’une même mère. Youssouf et Serah sont deux frères qui ont manipulé l’opinion nationale guinéenne. C’est ce que bon nombre de nos compatriotes ignorent. Ils ont embarqué tout le monde dans un même bateau, mais n’ont jamais fait savoir pourquoi cette femme s’agitait tant. Voilà le fond du problème. Il fallait diaboliser Sylla pour déclencher ce qu’on a connu en Guinée pendant deux mois.

Vous accusez publiquement Hadja Rabiatou Serah Diallo et Amadou Diallo, tous deux syndicalistes d’avoir manipulé tout le monde pour le seul besoin de voir leur « frère » Youssouf Diallo bénéficier de votre poste ?

C’est bien ce que je viens de dire. Donc, s’il se trouve qu’on peut favoriser quelqu’un parce qu’on est parent, ce sont des choses que tous les Guinéens doivent condamner avec la plus grande énergie. Le ministre actuel de l’Emploi, Amadou Diallo doit se borner à défendre les textes de lois car, le pays est bardé des meilleurs textes au monde mais leurs applications posent problème et cela est la faute de l’administration. Il en va de même dans cette tentative de complot contre ma personne pour m’éjecter du fauteuil de président du Patronat guinéen. Ce sont des hommes qui ont trahi le peuple en lui mentant alors qu’ils avaient des idées derrière la tête. Ils ont manipulé même leurs camarades des syndicats. Les fonctionnaires guinéens sont à la tête de toute la pagaille actuelle parce qu’ils ne respectent pas simplement nos textes et lois et font du parti pris.

Oui, revenons au voyage de Genève après cette parenthèse sur l’implication du ministre Amadou Diallo de l’Emploi et de Serah Diallo dans les affaires du patronat.

Après cette brève parenthèse, je vous informe que j’avais écrit au ministre mon intention d’effectuer ce voyage dans le cadre de l’Assemblée annuelle du BIT. Je lui ai adressé la lettre le 8 mai 2007. Il a attendu trois semaines pour donner suite à mon courrier. Ce qui est déjà un manque de respect total pour la fonction que je représente. Alors qu’il oublie qu’il a été nommé et non élu pour satisfaire aux besoins de la population. Demain, il va se retourner d’où il vient. Il doit se fixer pour seul objectif d’être au service de tout le monde et non d’un clan. C’est comme cela que l’administration doit fonctionner lorsqu’on se voit parachuter à la tête d’un département ministériel.

Il dit laconiquement dans son courrier-réponse envoyé à la fin du mois de mai 2007 que je ne suis plus président du patronat guinéen et s’imaginait que je ne pouvais effectuer ce voyage. Alors que c’est par respect pour le poste qu’il occupe que je suis passé par la voie administrative pour l’en informer. Il n’a aucune qualité pour me disqualifier de cette fonction. Il ignore que le patronat fonctionne sur un registre tripartite : Gouvernement – Patronat – Syndicat. Sa fonction à lui c’est de s’occuper des problèmes administratifs. L’OIT est très précis sur l’immixtion de l’exécutif dans les affaires du Patronat. C’est comme ce fut le cas en 2002 lorsque la Guinée n’a pas participé à la coupe d’Afrique de football parce qu’on n’avait pas respecté les règles de la FIFA. Il en est de même pour cette confusion entretenue sur le Patronat guinéen. Il voulait m’empêcher par tous les moyens jusqu’allant me dénigrer dans les ambassades alors qu’il oublie que j’ai des relations. J’ai pris mon visa avant eux et je suis allé à Genève. Ils s’imaginent que la pagaille à laquelle ils sont habitués en Guinée, sont transposables à Genève au niveau du BIT.

Le BIT a suivi de près l’évolution de cette affaire et m’a réaffirmé son soutien et a déclaré que c’est d’ordre purement politique ce qui ne relève pas de leurs affaires. Mes pairs m’ont fait savoir que je reste et demeure le seul patron des patrons en Guinée en tant des élections dignes de nom ne sont pas organisées à la fin de mon mandat. La preuve c’est moi qui est présidé la rencontre en la présence de l’envoyé du groupe dissident qui est M. Dabo qui a complètement été ridiculisé.

L’OIT a déclaré qu’ils ont été pris de cours à travers les courriers que le groupe dissident leur a envoyé en disant que j’étais en prison, qu'ils ne pouvaient pas ressortir et qu’ils sont là pour assurer.

Mais, Youssouf Diallo du groupe des dissidents se réclame d’une élection non ?

Si tu te réclames d’une élection, qui était là pour entériner cette élection ? Celui qui est président n’a pas fini son mandat et tu souhaites prendre sa place même s’il faut piétiner les textes qui régissent l’institution auxquels tu as souscrit. Vous savez de quelle manière, il se dit avoir été élu ?

Non ! Allez déballer tout, les lecteurs vont adorer…

C’est à la suite d’une réunion d’information générale qui avait pour prétexte de recenser les gens qui ont perdu leurs biens dans les casses afin de les aider à les récupérer. C’est ainsi que tout ce beau monde est venu même le groupe des Libanais, ceux qui n’ont jamais participé à l’une des réunions du Patronat. Lorsque ces derniers ont compris cette supercherie, ils ont fait savoir que c’est un problème entre des nationaux et qu’ils n’avaient pas à s’en mêler. À la télévision, qu’est ce qu’on avait vu ? Même les dockers étaient présents à cette pseudo élection de Youssouf Diallo commentée par la télévision nationale. Il se dit légitime, c’est quand même ridicule, je vous dis une chose, au Patronat, nous ne sommes que quarante-quatre patrons. Et tous ceux que nous avons vus à la télé n’étaient pas des membres du patronat.

Aujourd’hui, ce sont ces mêmes dockers qui lui réclament des comptes pour des impayés. C’est d’ailleurs pour tous ces emmerdements qu’il a été incapable de se rendre à cette Assemblée annuelle du BIT. En plus, il ne pouvait effectuer seul le voyage pour ne pas connaître l’humiliation, il avait dans sa sacoche, Amadou Diallo, son cousin, le ministre de l’Emploi, une fois de plus pour lui prêter main-forte. Amadou se tracasse là-bas pour lui ouvrir les portes. Un syndicaliste devenu ministre de la République à la suite des événements douloureux et qui oublie le pourquoi de sa présence au sein du gouvernement et qui ne se départit pas des habitudes qui ont été à la base de sa nomination.

Eux, les syndicalistes qui ont crié sur tous les toits pour qu’il y ait de la légalité en Guinée. Aujourd’hui, au lieu de donner l’exemple, il est parmi ceux-là qui ont les habitudes dures en Guinée. Si c’est ainsi, pourquoi on a renvoyé ceux qui étaient là avant eux alors ? Moi de mon coté, je me battrais contre toute forme d’injustice même si je dois y laisser ma peau mais, cela permettrait à d’autres de ne pas subir les foudres d’un appareil exécutif partial prêt à piétiner toutes les lois de la République.

Tout de même, vos ennuis judiciaires prennent départ dans le fait qu’on vous accuse d’avoir volé des milliards à l’Etat guinéen.

Tout ce qui s’est passé est un pur fantasme. Vous savez. Je n’ai absolument rien à y voir là-dedans. Si je suis fort comme ils le prétendent, et ami au président, Dieu est plus fort que tout. L’avenir donnera raison à qui de droit. Celui qui a fait du mal aura sa rétribution le jour du jugement dernier mais avant, il doit payer ici-bas. Ne vous trompez pas là-dessus. Jusqu’à présent, je remercie le bon Dieu d’être de mon coté. Fodé Bangoura a manigancé toute cette affaire dans un dessein purement politique. Il a approché des hommes d’affaires pour l’aider à cette tâche. Il est parti, je suis encore là. C’est cela la vérité. Il pensait pouvoir m’éliminer et se fixait pour objectif de prendre la place du président de la République qui était malade. Il avait des ambitions démesurées. Toute cette affaire a été montée de toutes pièces et comme certains hommes d’affaires guinéens voulaient ma place qu’ils ne pouvaient acquérir dans la légalité, ils se sont associés à cette supercherie machiavélique pour me poignarder dans le dos. C’est Fodé Bangoura que la commission d’enquêtes indépendantes doit poursuivre parce qu’il a été l’instigateur de toute cette tragédie préparée et exécutée en Guinée avec la complicité de certains hommes que tout le monde connaîtra à travers le temps.

Parlez-nous tout de même de la Fédération des Organisations Patronales de l’Afrique de l’Ouest, (FOPAO) où vous avez été reconduit récemment à la tête de cette institution régionale africaine.

Le FOPAO a été mis en place, il n’y a pas si longtemps que ça. Vous savez, au BIT, on se regroupe selon les régions, les pays et les continents. Ce sont ces groupes qui travaillent dans l’intérêt général des différents pays parce que face à la mondialisation, individuellement pris, on ne peut résister à des pays comme les États Unis qui font à eux seuls cinquante deux Etats ou à l’Union Européenne qui est composée d’une vingtaine de pays. C’est pourquoi, au niveau de l’Afrique de l’Ouest, nous nous sommes mis au sein de la FOPAO qui regroupe 16 pays où l’on peut discuter de nos problèmes et porter notre voix où il faudrait. Nous avons la bénédiction de l’OIT et du BIT. C’est le 26 février 2006 que j’ai été élu à la présidence de cette institution régionale en tant président du Patronat guinéen. Étant donné qu’on ne peut faire partie de cette instance sans être le patron des patrons dans ton pays d’origine, c’est donc une organisation patronale. Les statuts sont clairs à ce niveau.

À Genève, avant toute discussion, les différents groupes se réunissent et les décisions qui en émanent sont portés au niveau de l’Assemblée générale pour être validées. Mes pairs de la FOPAO ont dit que je n’avais pas fait défaut à l’institution donc, ce qui s’est passé en Guinée se situe dans un cadre purement politique ce qui ne les intéresse guère. Ils ont soutenu que durant 7 ans, il y a eu des échanges commerciaux entre l’État guinéen et moi, pour un chiffre d’affaires de plus de 100 millions de dollars. C’est normal que des divergences apparaissent. Le fournisseur peut réclamer en disant, j’ai livré et tu ne m’as pas payé. Ce qui semble être le cas dans mon conflit avec l’État guinéen. Aucun État au monde ne peut payer à l’avance un service qui n’est pas exécuté. Moi je réclame des factures qui sont impayées depuis trois ou quatre ans. D’autres factures ont atteint 7 années d’impayées. Mais, dire que Sylla a été trop payé cela relève du ridicule. Tout problème entre l’État et un fournisseur se règle à l’amiable, les contrats en font foi.

Au sein de la FOPAO, j’ai le respect de tout le monde. Quand le problème des cotisations s’est posé, j’ai pris sur moi le soin de payer les cotisations du Patronat guinéen et j’ai payé une avance de dix ans de cotisation en plus. La Guinée a été félicitée pour cela même si c’est Mamadou Sylla qui s’est acquitté au nom du Patronat dont il est le président. L’État guinéen en lui-même ne paie pas ses cotisations dans les instances internationales. Ce qui est une première.

On m’a ensuite donné la parole au présidium en tant que président du Patronat guinéen. Quant au représentant du groupe dissident, M. Dabo, c’est en simple citoyen qu’il a pu livrer ce qu’il voulait. S’il nie cette assertion, j’ai les images et le son et les résolutions sont là pour l’attester. Nous avons quitté le jeudi dernier.

Youssouf Diallo aussi, aux dires de certaines sources, serait dans la capitale helvétique avec Amadou Diallo de l’Emploi...

Mamadou Sylla : Nous avons appris à Paris ici que Youssouf Diallo est enfin arrivé sur place accompagné de son cousin, le ministre Amadou Diallo de l’Emploi, pour faire les couloirs. Tous les patrons sont déjà rentrés dans leurs pays respectifs. Il ne reste sur place que les techniciens, les cadres des différents pays qui travaillent sur la finition des décisions prises. Donc, ils sont allés se promener pour cacher leur malaise.

Je pense que je finirais par porter plainte contre l’imposture de Youssouf Diallo et le ministre de l’Emploi pour son immixtion dans les affaires patronales comme mes pairs me l’ont suggéré.

On vous accuse d’entretenir des relations douteuses avec le chef de l’État, le Général Lansana Conté. Ce que je souhaite savoir, faites-nous l’historique des 16 milliards de francs guinéens qui vous sont reprochés et que les Guinéens n’en savent pas assez. Vous n’avez jamais dit mot là-dessus.

Cette affaire est montée de toutes pièces. Heureusement aujourd’hui, nombreux sont ceux qui connaissent cette machination. Même au sein de l’opposition, je veux parler de Jean Marie Doré, Bâ Mamadou et le Secrétaire général du PUP, Sékou Konaté se sont exprimés à cet effet. La vérité est têtue et tôt ou tard on finit par la connaître. Pour être précis, c’est la première fois que je m’explique sur ce sujet, donc, écoutez bien ce qui suit. En 2000, il y a eu agression à nos frontières du Libéria et de la Sierra Leone. Tous les pays frontaliers sortaient de la rébellion. L’État guinéen n’avait pas assez de moyens pour faire face à cette agression et le président de la République ne voulait pas accepter une force d’interposition sur notre sol pour avoir retenu les leçons de ce qui s’est passé ailleurs lorsque ces forces s’installent et que la guerre perdure. Grâce au peuple, à la clairvoyance du Général Conté et aux personnes de bonnes volontés nous avons repoussé les envahisseurs, une première en Afrique. Parmi ces bonnes volontés, il y avait Mamadou Sylla. À l’époque des faits, je ne faisais pas d’affaires dans les véhicules. Je m’occupais d’autres choses. L’Armée manquait cruellement de moyens de locomotion, des véhicules 4X4 pour le front et ainsi que d’autres engins roulants.

Le président Lansana Conté s’est adressé à Amar Taleb, le Malien, qui vendait à l’époque des véhicules TOYOTA parce que c’est avec lui que l’État guinéen achetait ses véhicules. Il n’était pas le seul puisque Alpha Amadou Diallo de NISSAN était lui aussi fournisseur de l'État en véhicules. Le président a demandé à Jamila, la fille de Amar Taleb qu’il avait besoin de trente véhicules pour faire face à la rébellion. Taleb a demandé si le président payait en espèces, il pouvait être livré, sinon, il ne peut livrer de véhicules ne sachant pas l’aboutissement de cette guerre pour ne pas perdre son argent. Le président l’a rassuré de ne pas s’inquiéter et que l’État s’acquitterait dans un avenir proche. Amar Taleb n’a pas cédé aux sollicitations du président qui s’est tourné ensuite vers Alpha Amadou de Nissan. Ce dernier a préféré prendre son avion et quitter le pays sans donner suite une fois de plus. Jamila, la fille de Taleb Amar gênée par cette attitude de son père est allée à la rencontre du chef de l’État. Elle lui a fait comprendre qu’elle se sent mal dans sa peau de ne pas répondre favorablement à la requête du président quand bien même qu'elle sait ce que le chef de l’Etat a fait pour son père et sa famille. C’est ainsi qu’elle a fait savoir au président, il y a un monsieur qui est votre ami mais qui ne fait pas d’affaires de véhicules. Il pourrait vous aider à financer dans ce sens. Le président m’a fait appel et m’a demandé si toutefois je pouvais financer l’achat de véhicules à livrer aux militaires au front. Je lui ai dit que ce n’était pas mon domaine de prédilection mais, s’il me le demande, je le fais. Moi je faisais des affaires des fusils de chasse, de cartouches et diverses autres marchandises à travers la société DIVERMA que j’avais rachetée.

Le président et moi, nous nous connaissons depuis Boké, lorsqu’il était commandant de la zone militaire. Notre concession était la plus proche du camp et il avait lié amitié à mon père. Donc, lorsqu’il me l’adit, séance tenante, j’ai pris l’avion pour Dubaï accompagné de Jamila. Il m’a dit, je compte sur toi, fais tout pour venir avec ces véhicules. Mais avant, j’ai demandé à Cheick Amadou Camara qui était ministre de l’Économie et des finances d’établir un contrat. Il m’a dit que le contrat relevait de la bureaucratie trop longue alors que la situation était critique et urgente. Il a déclaré qu’à mon retour de voyage, on pourrait signer le contrat.

Arrivé à Dubaï avec Jamila, avec un montant d’un million de dollars, j’ai payé 6 véhicules qui ne pouvaient être livrés que deux mois après. J’ai appelé le président Conté pour lui faire par de cette nouvelle situation car, on ne pouvait avoir dans l'urgence les trente véhicules. Le chef de l’État a dit arranges-toi pour trouver un moyen pour une livraison urgente. C’est ainsi que j’ai appelé des amis en Europe, précisément en Belgique pour nous trouver des véhicules pour compéter au nombre souhaité. En Belgique, nous avons pu avoir vingt-quatre autres véhicules. Je me suis rendu par la suite à New-York pour sortir des fonds pour l’acheminement de ces véhicules qui devraient être livrés grâce à un bateau que nous avions négocié. Ils ont été livrés 9 jours après. Et les 6 autres véhicules de Dubaï nous ont été livrés deux mois après comme indiqué. Le jour de l’arrivée des véhicules qui s’est fait nuitamment, le président Lansana Conté en personne était au port autonome de Conakry. Les véhicules ont été peints aux couleurs de l’armée pour être envoyés au front pour gagner la bataille contre la rébellion.

Pour être payé ensuite ce fut la croix et la bannière. Ce que les gens ne savent pas, j’avais un fonds de plus de 20 millions de dollars américains pour sauver le pays de cette agression. C’est la première fois que j’en parle et c’était des fonds propres qui pouvaient me servir jusqu’à la fin de mes jours mais, je les ai mis à la disposition du pays. Chose que je ne regrette nullement pas. Je sais que je serais un jour récompensé pour services rendus à la nation. Depuis, l’amitié entre le président et moi est au beau fixe.

Vous avez été nommé récemment par le chef de l’État en personne comme président d’honneur du PUP. Est-ce une manière d’être le bailleur de fonds du parti présidentiel pour bien de personnes, vous êtes amené à jouer un rôle de plus en plus politique. Vous devez avoir des ambitions politiques non puisque tout semble vous réussir…

Vous savez, l’homme tant que tu vis, il faut avoir de l’espoir. Je disais, lors de la rencontre avec les militants du parti à Paris, lorsque j’étais jeune, je rêvais d’avoir un vélo, je l’ai eu. Ensuite une voiture et au fil du temps c’était des bolides. Aujourd’hui, j’ai 5 avions ; c’est ça l’homme. Je suis un homme d’affaires, seul Dieu sait ce qui m’est destiné demain. Donc, dans mon rôle de président d’honneur du parti, c’est l’avenir qui décidera du chemin à suivre. Mon rôle ne sera pas celui d’un président inactif. Si le parti pense que mon apport est nécessaire cela va s’en dire que je serais présent sur tous les fronts. Si je mets les moyens, il faut des résultats donc, je ne me contenterais pas de poste honorifique pour que le parti gagne les futures échéances électorales. Le parti se portera au mieux ainsi, matériellement et financièrement car c’est ce que le président me demande.

Seriez-vous candidat à la députation ? Une manière de vous soustraire à la justice, on pourrait le placer sous cet angle, vous ne croyez pas ?

Le président fondateur du parti m’a demandé de venir aider son parti. Tout ce que je pourrais faire pour le président, je le ferais sans arrière-pensées. Pour revenir à votre question sur ma probable candidature, avant moi, d’autres opérateurs économiques ont été députés. C’est au parti de prendre cette décision. Ce n’est pas pour me protéger de la justice si une telle opportunité s’offre. Je vous l’ai dit, Fodé Bangoura a été le maître d’orchestre de toute cette pagaille. Mais, comme la justice est saisie de cette affaire, je pense qu’elle fera son travail comme cela se doit. Mais, là à dire que je cherche une immunité parlementaire pour ne pas être poursuivit est un leurre. Même un chef d’Etat est poursuivable, personne n’échappe à la justice, tout dépend de ce que tu as fait. Bien sûr qu’il y a des procédures à suivre quand on est un élu du peuple avant d’être arrêté mais tu ne peux être escompté de poursuite judiciaire. On a vu des députés en prison en Guinée. Quand on parle de flagrant délit, il n’y a pas de place pour l’immunité.

Est-ce que vous avez été approché par l’opposition pour faire partie des leurs ?

Personne ne m’a fait de proposition dans un sens politique si vous parlez de l’opposition. Mais, parmi les leaders de l’opposition, je ne suis l’ennemi de personne d’entre eux. Ces gens-là cherchent le pouvoir suprême donc, ils ne peuvent avoir de la haine contre quelqu’un. Ils doivent pouvoir entretenir tout le monde sur le même pied d’égalité. En politique, on ne peut pas dire qu’on n’aime pas tel ou tel autre individu. Même si tel est le cas, on fait semblant pour ne pas dévoiler sa véritable face. Un politicien doit être félin et donner l’impression d’être comme un homme normal. Lorsqu’ils ont vu que tout ce qui était porté comme calomnie contre ma personne ne tenait pas la route, ils se sont exprimés là-dessus. Car, quelqu’un ne peut pas être reproché d’avoir émis des chèques quand ceux-ci ont été payés depuis 6 ans. Celui qui peut entretenir de telles affabulations ne peut être président de la République.

Interview réalisée par Abdoulaye Youlaké Camara,
Chef du Bureau de Guinéenews© à Paris – France
Source:Guineenews.org
Africaguinee.com

  Rubrique: Interview  date: 14-Jun-2007 à 17:42:23  Partager:   :

 

 
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