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Hadja Rabiatou Sérah Diallo de la CNTG: "Nous ne sommes pas contre Mamadou Sylla. Mais nous voulons


[IMG1] Actuellement en séjour à Genève, la syndicaliste Hadja Rabiatou Sérah Diallo revient ici sur l'affaire Mamadou Sylla, la gestion des fonds alloués aux victimes des répressions en Guinée sans oublier les nouvelles échéances politiques dans notre pays. Exclusif !!!


Africaguinee.com: Bonjour Madame Diallo. Merci d'avoir accepté de répondre à nos questions dans ce magnifique parc de Lausanne. Peut on savoir les raisons de votre visite en Suisse ?


Rabiatou Sérah Diallo:Les raisons de ma présence à Genève, c’est la conférence annuelle internationale de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) dont la Guinée est membre fondateur de l’OIT. En tant que membre titulaire du Conseil d’administration, je viens chaque année à Genève pour participer à cette conférence avec mes collègues syndicalistes. Avant notre arrivée ici, j’ai été élue vice-présidente de la 96ème session de l’OIT cette année.

Actuellement, Mamadou Sylla de Futurelec Holding est à Genève dans le cadre de la 96ème session de l’OIT. Quelle est votre réaction ?

Vous savez, les ONG peuvent participer aux sessions de l’OIT. Mais Mamadou Sylla ne figure pas sur la liste des pleins pouvoirs car il n’est pas membre de la délégation guinéenne. Il répond ici, semble-t-il au nom de la Fédération des Organisations Patronales de l'Afrique de l’Ouest (FOPAO).Seulement au mois de mars dernier, nous (Ndlr : les syndicalistes) avons rencontré à Genève des patrons africains qui nous ont dit que ce n’est pas Mamadou Sylla qui préside la FOPAO, la présidence revient à la Guinée.

A notre arrivée à Genève, nous avons tenu à mettre les choses au clair à l’OIT .Nous ne sommes pas contre Mamadou Sylla. Mais nous voulons savoir la vérité. On ignore pourquoi il a été arrêté et les raisons de sa libération. Ses biens ont été saisis mais la justice guinéenne a décidé de lever cette saisie. Récemment, lors d’un conseil des ministres, le gouvernement a maintenu sa plainte contre Mamadou Sylla. Finalement, c’est la confusion totale autour de ce dossier ; d’où notre volonté de savoir qui est coupable.

Autre problème, l’ancien gouvernement (Ndlr : l’équipe de Fodé Bangoura, alors ministre d’Etat chargé des affaires présidentielles) avait reconnu l’actuel patronat conduit par Youssouf Diallo. C’est donc avec ce patronat qu’on a signé les accords pour trouver une solution aux évènements de janvier et février dernier. Nous n’avons rien signé avec Mamadou Sylla. Pour une question de respect de ces accords, nous ne pouvons pas travailler avec Mamadou Sylla puisqu’il n’est pas signataire.

Aujourd’hui, le peuple de Guinée veut savoir la vérité. Vous savez les détournements ont des conséquences négatives sur les conditions de vie des travailleurs dont nous défendons la cause.

Donc, les ONG sont libres d’inviter qui elles veulent. Ça n’engage ni le gouvernement, ni le patronat, encore moins les syndicats. Nous avons invité les représentants de la FOPAO à Genève à encourager Mamadou Sylla à faire la lumière sur cette affaire pour que les gens sachent qui est coupable. Parce que l’Histoire est très têtue, et même après lui on se souviendra de cette affaire.

J’ai personnellement conseillé à Mamadou Sylla de ne pas accepter l’humiliation, car sa renommée dépasse les frontières guinéennes. Et que s’il est vrai qu’il a détourné l’argent alors qu’il rembourse au plus vite. Les problèmes guinéens ne doivent pas s’exporter à l’extérieur car cela ternit l’image de notre pays.

Que pensez vous de la nomination de Mamadou Sylla comme président honoraire du Parti de l'Unité et du Progrès(PUP)alors qu’il est accusé de détournement de fonds à la Banque Centrale ?

C’est un vrai problème pour nous tous. C’est pour ça que je lui ai suggéré de mettre la lumière sur cette affaire de détournement. S’il ne se reproche de rien, il devrait lutter auprès de la justice pour trouver le coupable. Mais s’il se libère sans rendre des comptes, c’est comme une gifle pour le peuple. C’est comme si ceux qui sont morts pour le changement en Guinée lors de la grève ont perdu la vie pour rien. N’oubliez pas que c’est sa libération en décembre dernier qui a mis le feu aux poudres.

Je pense que Mamadou Sylla doit lutter pour que justice soit rendue. Je ne suis pas politicienne, sa nomination comme président honoraire du PUP n’engage que ce parti. En attendant, tous les partis qui étaient alliés au PUP ont quitté cette alliance avec le parti au pouvoir. Peut-être que ces partis ont compris qu’ils ne peuvent pas aller contre la volonté du peuple ; parce que qui ne dit rien consent.

Pour revenir aux évènements de la grève de janvier et février derniers, qu’en est-il de la gestion des fonds alloués aux victimes par la diaspora guinéenne ?

Pour ce qui est des fonds que nous recevons à Conakry, nous avons toujours tenu à ce que les représentants des donateurs soient impliqués à la remise de ces fonds aux victimes. Ceux qui ne participent pas, nous filmons et nous prenons des photos de la remise officielle des dons aux victimes, qu’on expédie aux donateurs dont nous avons les copies. Seulement, il existe plusieurs canaux pour les donations. Les fonds viennent parfois au niveau des syndicats, parfois c’est la commission nationale qui a été mise en place par l’Etat qui reçoit ces fonds.

A cela s’ajoute le rôle des ONG qui sont aussi destinataires de ces fonds sans oublier que certains donateurs remettent les fonds à des proches pour les envoyer à Conakry. Donc nous autres syndicalistes, nous ne pouvons pas contrôler tous ces flux de fonds de soutien aux victimes.

Nous remercions nos compatriotes de l’extérieur qui ont eu cet élan de solidarité envers les victimes en Guinée. Je précise que nous avons la conscience tranquille. L’autre problème auquel nous sommes confrontés, c’est que l’essentiel de l’aide humanitaire est acheminé uniquement vers Conakry. Récemment, nous avons dit à certains donateurs d’envoyer leur aide à l’intérieur du pays. Vous savez certains aiment paraître ou se montrer à la télévision. C’est pour ça qu’au niveau des syndicats, nous avons jugé nécessaire que les donateurs acheminent directement leur aide aux victimes car ça risque de ternir notre image.

Tous les jours, la Bourse du travail est envahie par des gens qui croient qu’on a tout l’or du monde. Même ceux qui ont une simple égratignure se présentent à la bourse du travail. Alors que ce que nous avons dans nos mains ne peut pas suffire à tout le monde. Il faut donc que les donateurs acheminent directement leur aide à l’intérieur du pays qui compte aussi de nombreuses victimes.

Actuellement, certaines victimes sont transférées à Conakry puisque l’aide n’arrive pas à l’intérieur du pays. Je tiens à féliciter le personnel médical en Guinée qui a réussi malgré le peu de moyens dont il dispose, à sauver de nombreuses vies lors de ces tristes évènements dans notre pays.

Aujourd’hui, le mouvement syndical a gagné la confiance et une certaine légitimité auprès du peuple de Guinée. Le changement que nous avons obtenu a été l’œuvre d’une unité d’action des différentes centrales syndicales. Qu’en est-il de l’unité de votre mouvement ?

Si nous avons réussi, c’est parce que les syndicalistes ont été solidaires. Nous essayons de surmonter tous les problèmes internes auxquels nous sommes parfois confrontés. Car nul n’est parfait. Mais il faut une tolérance, accepter les différences d’opinions car c’est ça qui nous permet d’aller de l’avant. Nous sommes condamnés à être unis car le peuple de Guinée compte sur nous et à l’étranger, tous les regards sont portés sur nous. Notre objectif commun, c’est d’offrir le bonheur tant souhaité, au peuple de Guinée.

C’est ce qui nous a motivé à organiser une conférence internationale où nous avons enregistrés plus de 180 délégués venus du monde entier pour réfléchir sur la démocratie, la bonne gouvernance et la sécurité sociale. Nous avons établi une feuille de route que nous avons soumise aux partenaires au développement lors du séminaire gouvernemental à Bel-Air (Ndlr : retraite balnéaire située à 250km au nord de Conakry).

Le syndicalisme en Guinée ne se limite pas aujourd’hui à des revendications. Nous cherchons aussi à nous impliquer dans le dialogue social qui est indispensable à la paix et au développement de notre pays. Nous sommes contents que ce souci anime aussi le gouvernement actuel comme ça été le cas lors du séminaire à Bel-Air.

Que pensez-vous des prochaines élections législatives dans notre pays ?

Aujourd’hui, les élections législatives sont reportées car plusieurs obstacles sont à surmonter. C’est le cas du recensement, et surtout on doit revoir la loi portant sur ces élections qui est aujourd’hui caduque. Nous devons inviter tout le monde à s’impliquer dans le bon déroulement de ces élections.

Dernièrement, vous avez pris position pour une candidature indépendante aux élections législatives. Pouvez-vous défendre cette position ?

Vous savez, les gens ont mal compris. On nous a demandé notre position par rapport à la loi fondamentale. Nous avons pensé qu’il fallait laisser l’occasion à des candidatures libres. L’objectif c’est d’attirer des personnes capables qui veulent agir pour le peuple sans pour autant s’affilier à un parti politique. Nous ne sommes pas contre les partis politiques. C’est juste pour donner l’occasion à tout le monde de se présenter aux suffrages universels. Ceci pour défendre la liberté d’expression du peuple.

Votre dernier mot pour les lecteurs d’Africaguinee.com….

Je vous remercie très sincèrement de m’avoir donné cette opportunité. Parce que je tenais à éclaircir certaines zones d’ombre concernant notre pays. J’apprécie le rôle des journalistes qui sont les informateurs du peuple. Je salue vos nombreux lecteurs et je vous invite donc à fournir des informations crédibles à vos lecteurs car un homme mal informé ne peut participer à la construction de son pays. Chacun a sa part dans le combat pour la Guinée, surtout les jeunes. L’histoire nous condamnera si nous tournons le dos à nos responsabilités.

Propos recueillis par Mamadou Kaba Souaré
et Abdoul Goudoussy Baldé
Pour Africaguinee.com










  Rubrique: Interview  date: 07-Jun-2007 à 11:32:14  Partager:   :

 

 
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