
Le chef d'état-major de l'armée guinéenne, le colonel Nouhou Thiam, a affirmé à l'AFP et RFI que les officiers supérieurs interpellés ces derniers jours, tous proches du chef de la junte Moussa Dadis Camara, devaient "rendre des comptes" pour "clarifier" des gestions "opaques".
Dans cette déclaration exclusive accordée dimanche soir, le colonel Thiam a indiqué: "cela (les interpellations) n'a rien à voir avec la politique, il s'agit pour nous de clarifier un certain nombres de gestions qui nous semblent opaques".
"Vous savez, quand on gère des fonds appartenant à autrui, il faut rendre des comptes", a-t-il ajouté.
"Au sein de l'armée guinéenne, nous sommes habitués aux malversations, nous avons accusés nos aînés de détournements et puisque maintenant c'est la transparence, il faut rendre des comptes", a-t-il insisté.
Une dizaine d'officiers supérieurs de l'armée guinéenne ont été interpellés depuis vendredi, dont l'ancien chef d'état-major des armées, le colonel Oumar Sanoh et son adjoint, le colonel Abdoulaye Kéita.
Depuis lors, aucune information sur les raisons de leur arrestation ne leur a été signifiée, a expliqué l'un d'eux, par téléphone, à l'AFP.
Dimanche, un autre officier, le colonel Mamadou Aliou Sow, ancien coordinateur du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte) a été interpellé, selon sa famille.
"Il a été convoqué par la gendarmerie de Matam (banlieue de Conakry) et, là -bas, on lui a signifié son interpellation, sans autres explications", a déclaré l'un de ses proches, sous couvert de l'anonymat.
Ces officiers supérieurs étaient des proches collaborateurs du capitaine Moussa Dadis Camara, victime, fin 2009, d'une tentative d'assassinat perpétrée par son aide de camp.
Ecarté du pouvoir, le chef de la junte vit à Ouagadougou depuis janvier, officiellement "en convalescence".
Arrivé au pouvoir à la faveur d'un putsch fin 2008, "Dadis" avait été mis au ban de la communauté internationale après le massacre de plus de 150 opposants le 28 septembre à Conakry.
Le général Sékouba Konaté préside la "transition" devant conduire à la première élection présidentielle libre depuis l'indépendance de la Guinée en 1958, prévue le 27 juin.
Source: AFP
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  Rubrique: Politique  date: 14-Jun-2010 à 15:45:46  Partager:   :  |