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Profils des candidats: Aboubacar Somparé et François Loncény Fall

Avec un peu de retard, votre râleur va taquiner cette semaine deux prétendants au kibanyi présidentiel : le « mal aimé » Somparé et le « confus » François Fall. Leur point commun ?Ils ont tous les deux côtoyé le Général Conté durant son règne (sanglant), avant qu’il ne rejoigne le royaume du silence !Sans vouloir remuer le vieux Général dans sa tombe, examinons de très près les profils de Somparé et Fall qui veulent s’asseoir sur le Kibanyi tant convoité par les « vautours « de la République…
Aboubacar Somparé : Un mal aimé pour la présidence…
Dauphin constitutionnel après la mort du Général Conté, Aboubacar Somparé qui trônait sur notre parlement (pourri), s’est fait doubler par notre Dadis national le 23 décembre 2008.Une poisse qu’il veut surmonter en chevauchant le parti de l’Unité et du progrès(PUP), pour accéder au Kibanyi après le 27 juin. Bon, il faut avouer qu’il a ses chances, même si de gros « couacs » risquent de ranger définitivement le « cas » Somparé dans les poubelles de l’Histoire.
Ses atouts
Élu triomphalement à la tête de l’ancien parti présidentiel, Aboubacar Somparé possède des jokers utiles pour le scrutin du 27 juin. Avec le PUP, Somparé a de bonnes raisons de viser le palais de Sékhoutouréyah.
Primo, avec l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, le RPG d’Alpha Condé, le PUP est un parti national. Après avoir dominé la vie politique nationale depuis sa création en 1992, c’est un parti bien structuré que pilote Somparé dans sa conquête pour le Kibanyi. Avec le soutien inconditionnel des anciens barons du régime Conté (dont l’ex ministre Moussa Solano), Somparé possède aussi le soutien de certains nostalgiques du régime Conté au sein de l’administration guinéenne. Un atout d’ailleurs que le vieux El-hadj Boubacar Biro Diallo, n’a pas manqué de rappeler en ces termes : « Je connais le cas guinéen. Je peux te dire que l'Administration guinéenne ne sera jamais neutre. C'est une certitude. On dit souvent que l'habitude est une seconde nature. En Guinée, les habitudes ont la vie dure, dit-il à l’ex ministre de Dadis, Boubacar Barry qui vise lui aussi le Kibanyi présidentiel. Mais comme les Guinéens sont imprévisibles, on verra bien…
Secundo,Somparé peut profiter de la lutte fratricide que se livre les « ex » de la primature. De Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo, François Fall, tous ont pris leur envol grâce au PUP de Conté. Et cette filiation « naturelle », Somparé le sait .Parlant de Mamadou Sylla, Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo, Somparé est clair : « Ces gens-là ont été couvés par le PUP. Ils sont donc comptables de toute la gestion des différents gouvernements du Président Lansana Conté. Aucun d’eux ne peut tenir un discours différent. Ce n’est pas possible. Ce qui veut dire que pour nous - au PUP - il est beaucoup plus facile actuellement de faire la critique que pour eux. Parce que nous, nous assumons tout ce qui s’est passé en passif comme en actif. Eux, par contre, ils ne revendiquent que l’actif. Quand c’est mauvais, ils s’en déchargent. Ce qui n’est pas sérieux.”.S’il accède au second tour, Somparé peut jouer sur cette division des « Ex » pour rafler les alliances. Mais comme les Guinéens sont imprévisibles, on verra bien…
Faiblesses
Longtemps coincé dans les coulisses du pouvoir Conté, Aboubacar Somparé joue sa dernière carte pour accéder au Kibanyi.Mais il a quelques soucis à régler.
Primo, comme une malédiction, les Guinéens ne lui pardonnent pas son inertie lors de la longue et douloureuse agonie du Président Conté. Annoncé comme le dauphin constitutionnel, Somparé qui était perché à la tête de l’assemblée nationale, a « oublié » de rappeler ce droit légitime( prévu par la constitution pour constater la vacance du pouvoir) afin de soulager ses compatriotes, abattus par des années de dictature .Résultat, au crépuscule de sa vie, le vieux Général Conté a coupé beaucoup de têtes (notamment en 2007 avec la grève générale des syndicalistes), avant de rejoindre le royaume du silence. Comme un bouc émissaire, Somparé traîne comme un boulet, les « bêtises » de Conté dont il a indirectement soutenu par son inertie. Mais comme les Guinéens sont imprévisibles, on verra bien…
Secundo, moins charismatique que le vieux Général Conté, Somparé a perdu les assises du PUP avec l’arrivée de nouveaux concurrents qui vont grignoter l’électorat de la basse côte. De Sidya Touré, Ibrahima Abe Sylla, Kassory Fofana, tous possèdent des fiefs dans cette région tant convoitée. Pour accéder au second tour, il faudra un miracle pour Somparé dont le parti peine à se relever suite à la mort du vieux Général. Mais comme les Guinéens sont imprévisibles, on verra bien…
François Loncény Fall:un rêveur incompris….
S’il y a un candidat qui a une aura internationale, c’est bien François Fall qui a longtemps côtoyé les « grands « de ce monde grâce à l’ONU. Diplomate et ancien premier ministre François Fall a laissé son costume onusien pour briguer le Kibanyi présidentiel, avec le Front uni pour le développement et le changement (FUDEC).Avec ce parti, Fall a son mot à dire lors du scrutin du 27 juin. Mais il possède aussi ses casseroles. Voyons son profil…
Ses atouts :
Pour s’asseoir dans le Kibanyi de Sékhoutouréyah, François Loncény Fall a d’excellents arguments dans ses bagages.
Primo, son aura internationale est un atout majeur. Très familier du milieu diplomatique, Fall avait marqué les esprits lorsqu’il a présidé avec brio le conseil de sécurité, alors déchiré par la guerre en Irak .C’était en 2003. Avec son carnet d’adresses, Fall est un candidat « sûr » pour ceux qui rêvent d’une Guinée forte et rayonnante sur la scène internationale. Et pour la légitimité, le soutien de la communauté internationale est…incontournable. Dans ce domaine, Fall possède des « amis », surtout après les massacres du 28 septembre, à travers le Forum des forces vives dans lequel il occupe une place de choix. Cette reconnaissance internationale, est un joker pour le candidat du FUDEC. Mais comme les Guinéens sont imprévisibles, on verra bien…
Secundo, sa démission quasi-inattendue en 2003 à la primature a marqué les esprits. Nommé à la primature le 23 février 2003, Fall rend le tablier à la surprise générale, deux mois plus tard lors d’une réunion internationale à Paris. Habitué à des ministres « obéissants », le vieux Général Conté avait mal digéré l’affront de Fall contre son régime moribond. A l’époque, Fall avait dénoncé son incapacité à travailler avec le régime corrompu de Conté. Une première ! Dans un pays où chacun court derrière un poste pour manger, la démission de Fall est un excellent argument pour prouver sa probité morale. Certes, les mauvaises langues ont assimilé cette démission de Fall à une histoire de ….jupons( On ne va pas s’aventurer sur ce terrain miné), mais le leader du FUDEC a globalement prouvé qu’on peut compter sur lui, sans s’éterniser devant la mangeoire gouvernementale. Mais comme les Guinéens sont imprévisibles, on verra bien…
Faiblesses
Parmi les candidats, Fall est possède un excellent projet de société. Visionnaire, le leader du FUDEC a néanmoins des entorses dans son ambition pour Sékhoutouréyah.
Primo, très connu sur la scène internationale, il est (presque) moins populaire dans son pays. Avec une vision élitiste, Fall ne mobilise pas ses compatriotes, majoritairement analphabètes. Chouchou des intellos, il risque d’être ignoré par les électeurs, très habitués aux mamayas populaires et aux promesses quasi mensongères de ses concurrents. Incompris, idéaliste , le leader du FUDEC ne magnétise pas les foules. Et dans les urnes, ça risque de faire mal. D’ailleurs en bon diplomate, Fall mise sur la prudence : « Mes priorités c’est d’abord si je suis élu président, et j’espère que le peuple m’accordera le suffrage nécessaire pour cela, c’est de faire en sorte que nous puissions créer un Etat moderne ». Mais comme les Guinéens sont imprévisibles, on verra bien…
Secundo, Fall appartient à la longue liste des « Ex » qui visent le Kibanyi. Contrairement à ses concurrents directs comme Alpha Condé, Cellou Dalein ou Sidya, Fall possède un parti jeune. Pour ce premier rendez-vous, il sera certainement en retard pour conquérir les cœurs de ses compatriotes. Sans oublier bien sûr, qu’un autre « Ex » Lansana Kouyaté grignote une partie de l’électorat de la Haute Guinée .Sans électorat stable (à part les intellos à lunettes), le leader du FUDEC aura de la peine à accéder au second tour. Car les analystes sont formels : le critère ethnique sera incontournable lors du scrutin. Et dans ce jeu, Fall est presque…perdant ! Mais comme les Guinéens sont imprévisibles, on verra bien…
En définitive, Aboubacar Somparé et François Fall sont deux candidats qui auront leur mot à dire au…. Second tour. Dans la course aux alliances, ils peuvent monnayer leur soutien avec les candidats du second tour. Si pour Somparé ce scrutin du 27 juin sonne comme celui de la dernière chance, Fall peut au contraire renforcer sa position pour les prochaines élections. Reste à savoir quel sera le choix des Guinéens qui adorent défier les pronostics.Dans ce jeu, chacun a (presque) son candidat pour le premier tour. Car dans ce lot de prétendants, figurent deux « Ex » de Dadis : Papa Koly Kourouma et Boubacar Barry dont nous verrons les profils très bientôt. En attendant, la mamaya se poursuit dans les villes du pays, avec des candidats qui chantent quasiment la même chanson : apporter le changement attendu par les Guinéens depuis….50 ans !Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 04-Jun-2010 12:37:04  Partager:   :  |
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