|
|
| Detail de la News |
Elections 2010:" Il faut que le Président Konaté s'implique davantage pour organiser les élections."

Les élections approchent à grand pas et les Guinéens se préparent pour ce rendez-vous historique du 27 juin 2010.Pour la diaspora guinéenne, un sentiment de regret est unanime à cause du recencement des électeurs.Au Québec, des milliers de Guinéens se sentent exclus du processus de changement en Guinée.Membre du conseil général de l'association des Guinéens résidant au Québec, Mamadi Donzo interpelle le Président intérimaire, Général Sékouba Konaté .Avec regrets, il déplore le fossé grandissant entres les autorités et les populations.Nous l'avons rencontré à Québec...
Africaguinee.com : Bonjour M. Donzo !Les élections présidentielles sont prévues le 27 juin prochain dans notre pays. Quel regard portez-vous sur la situation politique en Guinée ?
Mamadi Donzo : Je pense que, comme beaucoup de Guinéens, on est partagé entre l’espoir et le doute. Parce qu’on ne sait pas comment les Guinéens s’organisent pour aller vers ces élections. Nous ne voyons pas assez d’actes de la part du gouvernement ou de la présidence pour rassurer nos compatriotes. Bien sûr il faut aller aux élections, mais comment ? Prenez le cas de la commission électorale nationale indépendante, il n’y a pratiquement rien pour nous Guinéens résidant à l’étranger.
Pour le président Sékouba Konaté, il ne cesse de marteler qu’il faut aller aux élections, mais encore faut-il qu’il reste au pays pour contrôler l’organisation de ces élections. Au lieu de multiplier les voyages à l’étranger, je souhaiterai par exemple que le Général Konaté contrôle personnellement l’état d’avancement des préparatifs de ces élections. Je pense qu’il ne faut pas aller simplement aux élections, si c’est pour avoir des élections bâclées. Il y a beaucoup de travail à faire, pour ne pas rater ce rendez-vous de notre histoire.
Vous avez parlez d’actes concrets de la part des autorités de la transition. Je rappelle qu’une nouvelle constitution a été adoptée, les listes électorales ont été publiées et les dates sont fixées…Ici au Canada, comment se préparent ces élections au niveau de la communauté guinéenne ?
Nous sommes très déçus. Quand je parle d’actes concrets de nos autorités, c’est surtout au niveau de l’organisation de ces élections. En réalité, personne n’est recensée ici au Canada. Nous avons fait toute une série de démarches auprès de l’ambassade pour le recensement, sans résultats. On peut comprendre qu’une commission chargée du recensement ne vienne pas de la Guinée pour des raisons financières ou autres, mais si l’ambassade de Guinée à Ottawa avait pris contact avec la communauté guinéenne, on aurait pu faire ce recensement .Il y a des associations dans les provinces du Canada, on aurait pu financer ce recensement, car on a la volonté. Si l’ambassade venait vers nous, on aurait pu le faire, sans aucune charge pour les autorités. Mais on a l’impression, qu’on est exclu, et ça nous ne l’accepterons pas.
Est-ce que l’échec de recensement est dû au manque de volonté des autorités guinéennes en particulier de l’ambassade de Guinée à Ottawa ?
On a l’impression que nos autorités ne prennent aucune initiative. L’ambassade ici est une administration, mais aucune initiative n’est prise. Si la venue des recenseurs de Conakry était compliquée, l’ambassade, à travers une circulaire, pouvait nous informer sur ce recensement, car nous voulons tous participer au changement dans notre pays. Mais rien n’a été fait.
A part le recensement, est-ce que la communauté guinéenne ici au Canada rencontre d’autres difficultés, malgré la présence d’une ambassade de Guinée à Ottawa ?
Je pense que le sentiment qui anime beaucoup de Guinéens au Canada, c’est la déception due au manque d’initiative de l’ambassade pour contacter les Guinéens ici.A part une rencontre lors du sommet de la francophonie en 2008 au Québec, aucune rencontre n’a été initiée par l’ambassade de Guinée à Ottawa. Alors qu’en principe l’ambassade est là pour servir les Guinéens. Un exemple, lors des massacres du 28 septembre 2009 à Conakry, j’ai présidé une commission de collectes de fonds pour les victimes, nous n’avions aucun interlocuteur direct ici au Canada. Nous avons contacté la Croix rouge canadienne qui nous ont promis d’envoyer ce fonds pour les victimes avec une preuve de l’utilisation de ces fonds. Malheureusement, avec le tremblement de terre en Haïti, la Croix rouge canadienne s’est concentrée sur ce problème et aujourd’hui nous avons toujours ce fonds sans savoir comment l’acheminer à Conakry pour les victimes. Si un contact régulier était établi avec l’ambassade de Guinée à Ottawa, on aurait pu leur remettre ce fonds pour l’acheminer à Conakry. Je souhaiterai donc que les choses bougent, que l’ambassade aille vers nos compatriotes ici.
Le mot de la fin…
Nous abordons un tournant décisif de notre histoire, je pense que chaque Guinéen doit donner le maximum de lui-même pour réussir cette transition. Il faut poser des actes concrets pour ne pas rater ce rendez-vous. Notre pays a beaucoup raté des rendez-vous historiques. Les Guinéens de l’étranger peuvent faire beaucoup de chose pour le pays, mais souvent c’est le manque d’organisation qui bloque les initiatives. Et l’une des missions de nos ambassades, c’est de servir leurs compatriotes qui vivent en dehors du pays. Nous devons êtres réalistes et ignorer les discours. Il faut se fier aux actes, pas aux vendeurs d’illusions.
Interview réalisée par Mamadou Kaba Souaré
Depuis Québec
Pour Africaguinee.com
|
  Rubrique: Interview  date: 11-May-2010 à 11:43:31  Partager:   :  |
|
|
|
|