
A trois mois des élections en Guinée, les esprits s'échauffent entre militants des partis.Après les incidents entre l'UPR et l'UFDG, Bah Oury, premier vice-président de l'UFDG monte au créneau pour contester la version du Président de l'UPR, tout en lançant un appel au calme.Il s'est exprimé au micro de notre reporter...Exclusif sur Africaguinee.com¨
Africaguinee.com : Bonjour M. Bah. Que s’est-il passé entre vos militants et ceux de l’UPR de Bah Ousmane dimanche dernier ?
Bah Oury : D’après les informations que nous avons reçues et qui ont été confirmées, les motards de notre parti l'UFDG sont passés au quartier de la Minière pour aller rendre visite au comité de base qui était nouvellement installé dans le quartier. Ils sont passés devant la mosquée.
Et bien les derniers motards ont été victimes de jets de pierres de la part des militants de l’UPR qui étaient sortis, amassés le long de la route. On nous a signalé l’incident. Le chef de quartier de la localité peut témoigner la véracité des faits.
A quel endroit l’incident a-t-il eu lieu ?
Sur la route, pendant que le cortège de nos motards roulait.
Bah Ousmane a déclaré que vos militants ont provoqué les leurs dans son siège. Qu’en dites-vous ?
Non ! Nos militants ne sont jamais allés au siège de l’UPR. Je m’inscris en faut contre cette allégation.
Comment cet incident s’est-il déroulé ?
Les militants de l’UPR ont jeté des pierres. Des motards de notre cortège qui étaient derrière ont été touchés et sont tombés. Ensuite ils se sont relevés, ont repris leurs motos pour rejoindre les autres, ceux qui étaient devant. Ceux qui étaient devant ne s’étaient même pas rendus compte. La tête du convoi n’était pas au courent de cet incident.
Il n’y a pas eu d’accrochage. C’est pour cela d’ailleurs qu’on n’a pas eu besoin d’en faire une publicité. C’est seulement nos derniers motards qui ont été agressés par les jets de pierres des militants de l’UPR. Les autres (ceux qui étaient devant) n’ont été au courant de rien.
Avez-vous enregistré aussi des blessés au niveau de votre parti UFDG ?
Des blessés légers ! Comme je vous ai décri l’incident est mineur.
Quelle a été votre réaction ?
Nous avons déploré cet acte. Nous l’avons condamné. Nous avons été surpris que certains médias aient écrit que des militants de l’UPR ont été agressés par des militants de l’UFDG. Ces organes de presse ont communiqué avec l’UPR. Et ces communications ne reflètent pas tout à fait la réalité.
Nos militants (UFDG) sont des personnes responsables. Nos motards n’avaient nullement l’intention d’agresser qui que ce soit. Ils ont suivi leur itinéraire tranquillement.
Quelle a été aussi la réaction du Président de votre parti Cellou Dalein Diallo ?
Comme il n’est pas là ; il est à l’étranger (il séjourne actuellement à Paris, ndlr); nous, nous avons fait un communiqué que j’ai signé moi-même.
Des tensions semblaient exister entre les militants de l’UFDG et ceux de l’UPR. Comment en êtes-vous arrivés là , à cet incident ?
Je pense que la compétition politique devient de plus en plus sereine. Les nervosités sont réelles de part et d’autre entre les formations politiques. C’est pourquoi il est important que tous les partis politiques respectent le code de bonne conduite et informent leurs militants qu’une campagne électorale n’est pas une campagne d’intoxications, d’insultes ou de recherches de bagarres dans les camps adverses
Nous devons aller aux élections en faisant les campagnes dans un environnement convivial. Nous devons faire les campagnes dans la paix et la sérénité. Ce ne sont pas les jets de pierres et les insultes qui peuvent convaincre qui que ce soit. L’UFDG a déjà sensibilisé tous ses responsables et tous ses militants pour faire de sorte que les débats soient des débats civilisés et que pratiquement nous n’entendons pas de violences.
Bah Ousmane déclare avoir porté plainte contre votre parti auprès du ministère de l’administration du territoire et des affaires politiques (MATAP). Votre réaction.
Nous attendons la réaction du ministère. Nous avons des éléments suffisamment probants pour indiquer que les militants et responsables de l’UFDG n’ont agressé personne et qu’en fait c’est plutôt eux qui ont été agressés par les militants de l’UPR.
Pour nous (responsables et militants de l’UFDG) Aujourd’hui le plus important dans la situation actuelle, c’est de faire tomber la fièvre, travailler de part et d’autre, afin que le code de bonne conduite soit observé par tous les signataires. Que les textes qui ont été signé soient respectés par tout le monde.
A présent qu’avez-vous envie de dire à vos militants et sympathisants ?
Ce que nous avons à dire à nos militants, c’est qu’il ne faut pas qu’ils succombent devant les provocations, d’où qu’elles puissent venir. Nous avons notre chemin ! Nous avons notre objectif ! Nous voulons tenir des élections libres, transparentes, crédibles et justes. Il faut donc que ces élections puissent se tenir dans d’excellentes conditions.
Nous ne sommes pas ceux qui voulaient qu’il y ait la pagaille dans notre pays ; ceux qui œuvraient pour que le processus démocratique soit remis en cause.
Si nos militants sont insultés, nous leur demandons de boucher les oreilles et de ne pas céder aux provocations pour que vive la démocratie pour laquelle nous nous sommes mobilisés depuis de longues années. Nous avons une mission démocratique que nous avons toujours menée au vu et au su de tout le monde.
Un dernier message pour les Guinéens et nos lecteurs…
Tout le monde a intérêt à ce que notre pays évolue dans la paix et la stabilité. Il faut donc éduquer les militants de part et d’autre pour que le pays sorte définitivement de cette violence politique qui dure depuis plus de 50 ans. Ça c’est dans l’intérêt de tous. S’il n’y a pas de paix, c’est tout le monde qui est perdant.
Et je pense que tous les responsables (politiques) de ce pays doivent veiller à ce que le processus enclenché par cette transition aille convenablement jusqu’à son terme. L’UFDG de son côté veillera à aller dans ce sens. Les autres structures politiques aussi doivent le faire. Le pays tout entier doit aller dans cette direction.
Entretien téléphonique réalisé par Abdourahamane Bakayoko
Pour Africaguinee.com
Tel : +224 62 600 600
|
  Rubrique: Interview  date: 01-Apr-2010 à 18:51:55  Partager:   :  |