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« Notre justice dans son ensemble est malade mais notre justice pénale l’est davantage », dixit Me M


Le Premier Ministre de la transition Jean-Marie Doré a présidé l’ouverture des assises de la cour d’appel de Conakry ce lundi 29 mars 2010.



Plusieurs membres du CNDD (junte militaire au pouvoir) dont le ministre de la justice Colonel Siba Lolamou et du gouvernement de la transition ont pris part à cette cérémonie d’ouverture.



Le bâtonnier de l’ordre des avocats Maître Mohamed Sampil a tout d’abord dénoncé avec la dernière énergie la défaillance de la justice guinéenne : « (…) En effet, l’État en violant sa propre loi qui exige que se tiennent trois sessions d’assises dans l’année, cause des préjudices énormes aux nombreux accusés qui croupissent en prison. Les accusés y passent parfois plus de temps que leur condamnation, certains seront reconnus innocents après plusieurs années de privation de liberté dans des conditions difficiles marquant à vie leur état physique, moral, leur réputation et leur vie de famille », regrette-t-il.

Il affirme que la justice guinéenne est de nos jours, mortellement malade : « (…) Il n’y a pas longtemps encore nous voyions des hommes en uniforme pénétrer les bureaux des juges pour leur demander des comptes sur les décisions qu’ils ont rendues. A l’intérieur du pays, des juges subissent tous les jours des injonctions de la part des gouverneurs ou des préfets, la justice n’est plus en état de protéger les libertés individuelles par ce que tout est mis en œuvre pour qu’elle ne puisse pas accomplir sa mission légale et universelle de dire le droit »



Il constate avec amertume que la justice guinéenne est malheureusement prise en otage par le régime en place : « (…) Les autorités administratives en Guinée rejettent intentionnellement la notion d’indépendance de la magistrature car elles s’accommodent mal des équilibres démocratiques traditionnels où la justice est perçue comme un rempart contre l’arbitraire. Ces autorités pensent par ignorance ou par mépris que la justice est une branche de l’exécutif », dit-il.

Pour le bâtonnier de l’ordre des avocats du pays le comportement du ministre d’Etat chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le grand banditisme Lieutenant Colonel Moussa Tiégboro Camara, risque de faire sauter la Guinée : « (…) Pourtant elle continue de fonctionner, que dis-je de dysfonctionner. Notre justice dans son ensemble est malade mais notre justice pénale l’est davantage. Mais où est la présomption d’innocence lorsque la gendarmerie au service du département des services spéciaux, de la lutte antidrogue et grand banditisme interpelle sans cesse des personnes pour les détenir illégalement au camp Alpha Yaya en utilisant souvent la torture pour obtenir des aveu », se demande-t-il.

Mohamed Sampil promet d’exorciser l’abcès de la justice de notre pays, exposer sa laideur au bien fait de la lumière et de l’air atmosphérique pour pouvoir le soigner : « (…) Cet acte est illégal et rompt carrément avec le secret de l’instruction et la présomption d’innocence. Une enquête se construit avec le temps. L’humiliation, les arrestations musclées, les menottes devant les cameras de la télévision c’est indigne d’une démocratie. Qu’il n’est plus possible de fonctionner comme dans un État policier où règne le bon vouloir du prince. Le barreau sentinelle vigilante de l’État de droit ne l’acceptera plus »

Le bâtonnier déclare que le développement de la Guinée dépend exclusivement de la reforme de sa justice malade à en mourir : « La nécessaire reforme de la justice nous parait aussi urgente que celle des forces de défense et de sécurité car la justice est prise en otage actuellement autant par l’immobilisme des acteurs qui l’animent que par les politiques qui la mettent sous pression de toutes sortes. Cette reforme est d’autant indispensable qu’elle constitue un gage certain pour l’État de droit au bénéfice des droits de l’homme que de la sécurité des investissements aussi bien nationaux qu’étrangers. C’est pourquoi le barreau appelle à la tenue des états généraux de la justice », a-t-il conclu.
Un compte-rendu d’Abdourahamane Bakayoko

Depuis Conakry pour Africaguinee.comTel : +224 62 600 600

  Rubrique: Société  date: 31-Mar-2010 à 02:44:48  Partager:   :

 

 
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