
Le Président des nouvelles forces démocratiques et actuel ministre de l’élevage, Mouctar Diallo a souhaité dimanche « la fin de impunité en Guinée », a constaté Africaguinee.com.
Le chef du département de l'élevage a organisé une cérémonie de prières et de lecture du Saint Coran en la mémoire des victimes des massacres de manifestants de l’opposition, le 28 septembre 2009.
Cette cérémonie, accompagnée d’un sacrifice de bœufs a eu lieu au siège de son parti à Taouyah dans la commune de Ratoma ce dimanche 28 mars 2010.
Plusieurs sages et notables des différents quartiers de Conakry et des Imams des différentes mosquées de la capitale ont pris part à cette cérémonie qui a commencé par une minute de silence observée en la mémoire des victimes du 28 septembre 2009 lors la répression sanglante de la garde rapprochée du chef de la junte Capitaine Moussa Dadis Camara contre une manifestation organisée par l’opposition qui s’était soldée par plus de 150 morts, des centaines de blessés par balles et des dizaines de femmes violées , selon un bilan de l'ONU.
La cérémonie a pris fin par une conférence de presse animée par Mouctar Diallo, Président des NFD et ministre de l’élevage.
En répondant aux questions des journalistes le Président des NFD a regretté les crimes du 28 septembre 2009 au grand stade de Conakry perpétrés par les forces de sécurité proches du chef de la junte Capitaine Moussa Dadis Camara actuellement en convalescence à Ouagadougou (Burkina Faso) : « NFD organise aujourd’hui un sacrifice pour honorer la mémoire des victimes de tous les massacres que notre pays a connu depuis 2006 en général et, en particulier, de ceux du 28 septembre 2009 au stade. Les nouvelles forces démocratiques estiment qu’on ne doit pas oublier les victimes de la barbarie du 28 septembre 2009 à Conakry. Des soldats ont poignardé des personnes, tiré à bout portant sur une foule réunie dans un stade fermé, c’est incroyable », dit-il.
Mouctar Diallo invite tous les Guinéens à prier pour le repos éternel de l’âme des victimes des massacres du 28 septembre 2009 : « Pour NFD, les victimes du 28 septembre sont des héros. C’est grâce à elles que la transition a pris un autre élan aujourd’hui qui tend vers une sortie de crise, vers l’organisation des élections libres, transparentes et justes au mois de juin 2010 pour un retour à l’ordre constitutionnel, vers une Guinée démocratique et prospère comme l’ont souhaité les victimes du 28 septembre. Prions pour que la paix demeure en Guinée. Et prions pour que Dieu accueille dans son Paradis les victimes du 28 septembre ».
Il souhaite que la mémoire des victimes des massacres lors de toutes les manifestations depuis 2006 soit reconnue. Pour lui, il n’est pas question que ces actes inhumains restent impunis : « NFD exige que chaque journée de 28 septembre soit désormais érigée en une journée nationale. Nous exigeons que la journée de 28 septembre soit une date marquante dans la vie sociopolitique de la Guinée. Nous exigeons que ces victimes soient reconnues comme des véritables martyrs. Nous exigeons également qu’il y ait une indemnité pour les familles des victimes des différents massacres que le pays a connus. Nous exigeons aussi que justice soit faite pour que plus jamais ça en Guinée. Il faut mettre fin à l’impunité. Car tant que l’impunité existe dans notre pays, la barbarie va toujours continuer. Il faut donc que les auteurs de cette barbarie soient traduits devant des juridictions compétentes pour être punis », a-t-il exigé.
Pour Mouctar Diallo, honorer les victimes des répressions sanglantes des bérets rouges contre les manifestations hostiles aux deux régimes de ces dernières années, est un devoir sacré pour tout Guinéen : « Nous avons un devoir de mémoire à l'endroit de ceux et celles qui se sont sacrifiés pour la démocratie en Guinée. Nous estimons très sincèrement que nous ne devons pas les oubliés. Cette cérémonie de prière est une démarche qui s'inscrit dans cette volonté pour que la mémoire de ces martyrs de la démocratie soient officiellement honorés par la République » .
Le Président des NFD encourage la réconciliation par le pardon. Mais il déclare que les massacres du 28 septembre dépassent l’entendement : « Pour un souci de construction de la nation, nous nous obligeons de pardonner. Mais nous refusons d’oublier pour que le pays ne connaisse pas de telle barbarie et de telle humiliation, car ce qui s'est passé au stade du 28 septembre est inacceptable. C’est une barbarie inestimable et inimaginable. Observons, encore une fois, une minute de silence en la mémoire des victimes du 28 septembre », a-t-il conclu.
Un compte-rendu d’Abdourahamane Bakayoko
Depuis Conakry pour Africaguinee.com
Tel : +224 62 600 600
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  Rubrique: Politique  date: 29-Mar-2010 à 17:23:52  Partager:   :  |