africaguinne.com
africaguinne.com
N
User :
Pass :

Fin de transition en Guinée : Le Général Sékouba Konaté parle…(Exclusif)

Finalisation de la transition : Le Capitaine Dadis Camara s’exprime… (Exclusif)

Perchoir de l’assemblée : Dernière ligne droite pour le choix définitif du candidat de l’opposition

Situation socio-politique en Guinée: Ce qu'en pense l'opposant Faya Milimono

Exclusif: le président Condé demande la démission du gouvernement(officiel)


 

Detail de la News

Présidentielle 2010:"Nous allons combattre la gabégie financière qui retarde ce pays", promet Dr Ous





L'ancien ministre des finances, Dr Ousmane Kaba vient de se lancer dans l'arène politique, à quelques mois de la présidentielle en Guinée.A la tête du Parti libéral pour l'unité et la solidarité (PLUS), l'ancien argentier du pays veut devenir l'ennemi déclaré de la corruption qui gangrène la Guinée.Au micro de notre reporter, Dr Ousmane Kaba aborde aussi d'autres sujets brûlants de la transition, notamment la question des audits. Exclusif!

Africaguinee.com : Bonjour M. Kaba ! Présentez-vous à nos lecteurs…

Dr Ousmane Kaba :
Il est toujours difficile de parler de soi mais je vais essayer. Je suis Docteur d’Etat en sciences économiques à la Sorbonne et diplômé de Harvard, aux Etats-Unis d’Amérique. J’ai commencé ma carrière comme économiste au Fonds Monétaire International à Washington. Je suis revenu en Guinée depuis 1986 pour m’occuper de la restructuration de la banque centrale et aider à la mise en œuvre de la reforme économique et précisément du programme d’ajustement structurel.

En 1996 je me suis retrouvé dans le gouvernement de Sidya Touré pour quelques mois comme ministre des Finances et du Plan . Mais je pense que je suis surtout connu comme fondateur de l’Université Koffi Annan. Je suis professeur d’économie dans les Universités depuis très longtemps.

Vous venez de créer un nouveau parti. Pourquoi cet engagement en politique?

Pour répondre à votre question, je viens effectivement de créer un nouveau parti politique. Le parti PLUS: Parti libéral pour l’unité et la solidarité. Mais je suis engagé en politique depuis 10 ans comme membre du bureau exécutif de l’UFR. Le PLUS est déjà bien parti, je n’ai aucun doute là dessus, vu la réaction populaire depuis quelques jours.

Mais pourquoi pourquoi avez-vous choisi ce moment pour lancé votre parti ?

Votre question est intéressante. Sachez que je fais de la politique depuis 2000, ça fait 10 ans. Je militais au sein de l’UFR. J’ai été membre du bureau exécutif de ce parti pendant près de 10 ans. Donc je ne suis pas un nouveau venu en politique. Je viens de créer mon parti politique avec des amis qui partagent la même vision que moi. Pourquoi ?

Parce que nous sommes arrivés à la conclusion que le plus grand problème de la Guinée est la gabegie financière. Vous savez, je suis vice-président du comité d’audit depuis quelques mois.

C’est que, la corruption se trouve dans les plus hautes sphères de l’Etat et que malheureusement les partis politiques qui sont là sur le terrain ne veulent pas en entendre parler. C’est la raison pour laquelle je me suis engagé en politique pour clarifier la gestion économique de la Guinée. Il fallait qu’on crée un mouvement avec les hommes et les femmes qui pensent comme moi que l’impunité financière est la première cause du retard de ce pays.

Au niveau de votre parti, quelles relations entretenez-vous avec les autres ténors de l’opposition ?

De mon point de vu j’entretiens de très bons rapports avec pratiquement l’ensemble des leaders politiques. Ça c’est une question de caractère. Moi je ne suis pas un homme vindicatif ou haineux. Je tiens de très bonnes relations avec tous les leaders politiques du pays et je pense que tous ces leaders politiques sont engagés dans un combat pour la Guinée. Il n’y a pas de raison de développer une animosité dans l’arène politique, ce n’est pas normal. Il faut faire la politique autrement et dans la convivialité.

Etes-vous membre d’une coalition politique dans notre pays ?

Pas pour le moment. Parce que nous sommes dans la première semaine de la création de notre parti.

Les partis politiques guinéens sont divisés en trois grands groupes : Le forum des forces vives, le bloc des partis politiques et l’ANR de Bah Ousmane. Lequel de ces trois groupes allez-vous rejoindre ?

Mes collègues et moi, un ensemble d’intellectuels et de militants, nous allons nous retrouver, nous allons discuter, nous allons également voir les programmes et les objectifs des différentes coalitions et les personnalités qui les animent. Au moment venu nous choisirons dans laquelle nous ferons partie. Pour le moment cette décision n’est pas encore prise.

Quelle est votre vision de la transition ?

On peut dire que la transition se porte bien. Cependant avec des insuffisances et des points d’interrogations. Ce qui nous manque à mon avis, c’est de n’avoir pas eu, une charte de la transition, c'est-à-dire un document partagé par l’ensemble des forces politiques et sociales du pays qui spécifie les étapes de la transition avec des dates précises.




En tant qu’économiste, quelle solution proposez-vous contre la crise qui frappe le pays ?

Il y a d’abord les effets de la crise mondiale qui avaient commencé aux USA avant de contaminer toutes les nations. Ensuite la crise a une dimension guinéenne à cause de la mal gouvernance. Cette crise est quasi permanente depuis très longtemps car la Guinée n’a jamais créé les conditions d’une forte croissance créatrice d’emplois.

En outre la gestion à court terme s’accompagne des grands dérapages budgétaires qui mettent à mal la valeur de notre monnaie. Cependant sur ce point, le nouveau Ministre des Finances, je pense que c’est un homme très rigoureux et expérimenté, je pense qu’il va essayer de mettre de l’ ordre dans les finances publiques. Mais lui seul, il ne le pourra pas. Il faut un engagement de l’ensemble du gouvernement.

Comment voyez-vous les défis qui attendent le CNT et le gouvernement de la transition, en tant qu’ancien ministre ?


Il y a le problème du référendum justement qui aurait pu être dans la charte de la transition. Est-ce que qu’on va voter et élire un nouveau Président de la République sans que nous ayons une nouvelle Loi fondamentale, une nouvelle constitution, c’est quelque chose qui n’est pas tout à fait normal. Il faut que nous ayons une discussion là-dessus.

Le Gouvernement de transition a trois taches à accomplir : mener la Guinée vers les élections libres et transparentes, restructurer l’armée guinéenne et assurer la stabilité macro-économique. Pour avoir des élections libres et transparentes dans la paix et la quiétude il faudrait que le gouvernement ait un minimum de rigueur dans la gestion budgétaire pour que le Franc guinéen ne s’affaiblisse pas et que les gens ne descendent pas dans les rues comme ce fut le cas en 2006 et 2007.

Les élections auront lieu dans trois mois selon le décret du Président de la transition. Pensez-vous qu’on pourra respecter cette date vu les difficultés liées notamment à la question du recensement des Guinéens de l’étranger, sans oublier la question liée à la constitution ?

Je me rends compte simplement qu’il y a beaucoup de tâches à accomplir en deux mois pour pouvoir faire des élections libres et transparentes. J’ai quelques doutes, mais je ne peux pas me prononcer là-dessus.

Où en sommes nous avec les audits que la junte militaire au pouvoir vous a confiés ?

Nous avons fait un travail. Nous allons incessamment rendre compte aux autorités compétentes notamment le Président de la République, le Premier Ministre, le ministre de l’économie, le contrôle d’Etat… A toutes ces autorités nous allons rendre compte le fruit de nos travaux.

La survie du comité dépendra des objectifs que le Président de la transition va assumer. Les gens pensent que la lutte contre la corruption n’est pas la priorité aujourd’hui. Mais moi je pense que la première priorité de la Guinée c’est la lutte contre la corruption.

On vient de dénoncer la disparition de 515 milliards GNF entre le 15 janvier 2010 (date de la signature des accords de Ouagadougou) et la nomination de Jean-Marie doré au poste de Premier Ministre de la transition. Allez-vous auditer cela aussi ?

Ces dernières évolutions montrent justement que le problème ne peut que s’aggraver. Moi je ne pense pas que je devrais continuer les audits avec mon nouveau statut de chef de parti. Il faut le faire par d’autres mais surtout avoir une suite aux audits déjà faits.

Quelle est votre implication dans la création de la banque africaine de développement agricole et minier (BADAM)?

Je m’implique beaucoup dans les activités agricoles et donc dans son financement. Un pays ne peut se développer sans structures de financement adaptées. D’abord nous nous sommes investis dans l’éducation parce que c’est la première priorité de la nation. Puis je me suis investi dans l’agriculture ; je produis beaucoup de riz depuis deux ans. Vous voyez il y a une certaine cohérence dans mes choix économiques. Mais je ne suis pas seul. C’est un ensemble de promoteurs qui est derrière cette initiative. Même l’Etat est actionnaire donc impliqué dans la création de cette banque.


Un dernier mot…

Je voudrais simplement inviter tous les Guinéens à se joindre à nous pour faire la politique autrement. Nous, nous ne faisons pas la politique pour être devant. Nous croyons à ce que nous disons et nous voulons être en adéquation avec ce que nous disons.

Je pense que c’est ma motivation dans la politique. Je me suis rendu compte que beaucoup de leaders politiques ne tiennent pas compte aux vraies priorités de la Guinée. Donc c’est pour cela que nous souhaitons faire cette politique autrement dans la franchise et la transparence.

Propos recueillis par Abdourahamane Bakayoko
Depuis Conakry pour Africaguinee.com
Tel : +224 62 600 600


  Rubrique: Interview  date: 25-Mar-2010 à 11:55:01  Partager:   :

 

 
Contacter Africaguinee.com :
(+224) 664 93 38 93
(+224) 656 93 38 93
(+224) 621 75 63 63


Twitter Facebook

 

 

ONG TCHAPE
Maghreb Arabe Presse
Africabox


The Nun'S copyright -- design by Nun'S