Une délégation de l’Union européenne (UE) s’est rendue à Conakry les 11-12 mars derniers pour une mission de suivi suite au coup d’état du 23 décembre 2008. Elle a été conduite par le Directeur adjoint pour l'Afrique sub-saharienne au Ministère des Affaires Etrangères d'Espagne, représentant la présidence de l'UE, M. Guillermo Lopez McLellan, et par le Chef d’Unité à la Direction Générale du Développement de la Commission européenne, M. Filiberto Ceriani Sebregondi.
La mission entre dans le cadre la décision du Conseil de l'UE du 27 juillet 2009 relative à la conclusion de la procédure de consultation avec la République de Guinée au titre de l’article 96 de l’accord de partenariat ACP-UE. Cet accord, qui lie les pays ACP et l’UE, prévoit à son article 96 une procédure de consultation en cas de violation de ses éléments essentiels concernant les droits de l’homme, les principes démocratiques et l’état de droit.
La décision du Conseil de l'UE présentait une feuille de route pour la reprise de la coopération européenne sur base de la mise en œuvre d'un retour consensuel à l'ordre constitutionnel. Elle définissait plusieurs phases de reprise de la coopération en fonction de certains progrès. Les événements du 28 septembre 2009 ont gravement entravé l’achèvement de la sortie de crise telle que définie par la décision du Conseil.
Suite au consensus parmi les parties prenantes guinéennes autour de la "Déclaration de Ouagadougou", en janvier 2010, des avancés importantes ont pu être constatées : le Général Konaté a été nommé Président de la République par intérim ; un représentant issu de l’opposition - M. Doré - a été nommé Premier ministre pour la période de la transition ; un gouvernement d’union nationale ainsi que la Présidente , les deux vice-présidents et les membres du Conseil National de Transition ont été nommés; la date des élections présidentielles a été fixée ; le Président de la Cour Suprême a été nommé et ses trois chambres (constitutionnelle, judiciaire et des comptes) ont été mises en place.
Par cette mission, l’UE a pu vérifier l’état d’avancement des quatre jalons de sortie de crise identifiés en juillet dernier. Elle en fera rapport à ses autorités en vue d’une prise de position des instances du Conseil de l’UE ouvrant la voie à une possible reprise progressive de la coopération avec la République de Guinée, en conformité avec la feuille de route déjà mentionnée.
La mission s’est également enquise de l’état de préparation des prochaines élections, auxquelles l’UE contribue à hauteur de 15,5 millions d’euros, de la situation des Droits de l’Homme en Guinée et particulièrement des suites à donner aux enquêtes internationales et nationales, et enfin de la réforme du secteur de sécurité. Ces éléments complètent l’analyse qui sera soumise aux autorités de Bruxelles.
La mission a rencontré les représentants du gouvernement et des institutions nationales, y compris le Président intérimaire, le Premier ministre, plusieurs membres du gouvernement, le Président de la CENI , la Présidente et le bureau du CNT, les représentants des forces armées, les principaux partenaires internationaux (parmi eux la CEDEAO , l’Union Africaine et le système des Nations Unies), les États Membres de l’UE sur place ainsi qu’un large éventail de personnalités de la société civile qui ont partagé leurs analyses sur la mise en œuvre de la sortie de crise depuis janvier dernier.
Texte transcrit par Abdourahamane Bakayoko
Pour Africaguinee.com
Tel : +224 62 600 600
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  Rubrique: Politique  date: 13-Mar-2010 à 16:56:53  Partager:   :  |