
La campagne pour la présidentielle se poursuit en Guinée.Jugé proche de l'ancien chef de la junte, Capitaine Moussa Dadis Camara, le leader du parti pour la réunification et le développement (PRD) réclame justice au nom des victimes du 28 septembre dernier.Thierno Mamadou Bah revient sur les différentes alliances de partis politiques .Au cours de cet entretien exclusif qu'il nous accordé, le numéro 1 du PRD expose sa vision de la Guinée à l'issue de la transition...
Africaguinee.com : Vous étiez membre fondateur du bloc des forces patriotiques. Pourquoi l’avez-vous quitté ?
Thierno Mamoudou Bah : Nous avions créé le bloc des forces patriotiques dans l’espoir de former une alliance politique avec pour objectif, donner les même perspectives de chances en communication, permettre a tous les partis de participer pleinement dans toutes les décisions pour la transition et repartir équitablement les responsabilités pour l’avènement de la Démocratie en Guinée. Peu après on a constaté que la majeure partie du bloc était en train de plébisciter la candidature du Capitaine Dadis et cela était complètement contre la ligne politique du Bloc. Après que le Bloc ait ouvertement dit que c’est le Capitaine Dadis ou Personne pour la présidence, le PRD a estimé que cette alliance ne constituait plus une alliance politique pour défendre son idéal politique qui constitue a rétablir l’Etat de Droit et ensuite rendre le pouvoir aux Civils. Voila pourquoi le PRD a décidé de quitter le bloc des forces patriotiques. Le président du Bloc Thierno Oumar Camara peut bien en témoigner.
Mais après avoir quitté ce bloc des forces patriotiques, vous avez adhéré à l’Alliance Nationale pour le Renouveau de Bah Ousmane. Une alliance jugée proche de l’ancien chef de la junte capitaine Moussa Dadis Camara. ..
Permettez-moi de vous rectifier que l'ANR n’est pas un parti de Bah Ousmane, mais une alliance de plusieurs partis qui ont plébiscité la présidence a Bah Ousmane. Après les évènements douloureux du 28 septembre, il fallait passer par tous les moyens possibles pour sortir notre pays de l’impasse politique parce que le pays entier était confronté à une incertitude absolue. Etant dans le secteur privé, nous avions constaté avec amertume que le pays entier était bloqué par une volonté politique, et cela a permis la suspension de toutes les collaborations bilatérales avec la guinée. Le monde commençait sérieusement à se plaindre et a se poser des questions quant a la durée de cette crise. Et donc en tant que responsable politique, nous avons un devoir vis-à -vis de la nation. C’est ainsi que le PRD a été sollicité pour une alliance dans le but de présenter un seul candidat aux prochaines élections présidentielles.
Contrairement a tous les autres leaders politiques qui profitaient de l’événement du 28 septembre pour faire une campagne a l’étranger, le PRD qui était au stade avec tous les leaders qui ont marqué cette date, est resté en Guinée pour être proche de son peuple afin de l’écouter et le comprendre. C’est dans cette dynamique que le PRD à accepté la proposition de l’ANR dans le seul but de présenter un candidat unique autre que le Capitaine Dadis pour les prochaines élections. Car cette stratégie était la seule possible pour battre la junte aux prochaines élections puisque le Capitaine Dadis avait clairement fait savoir ses intentions politiques.
Les accords qui ont été signés à la création de l'ANR étaient strictement contre le CNDD. Il était dit aussi que la Présidence était tournante. Et bien, dès que nous avons compris que tout cela n’était pas le cas et que l’ANR était en train de faire la promotion du CNDD, nous avons décidé de quitter l’ANR. Le PRD ne pouvais pas rester dans l’ANR après avoir été farouchement opposé à Dadis Camara le 28 septembre 2009 en nous rendant au stade avec nos militants parce que nous l’avions clairement souligné dès le début que pour le PRD la restitution du pouvoir aux Civils était une priorité du premier degré et qu’en aucun cas nous pouvions marchander notre idéal politique. C’est ainsi que nous avons envoyé notre lettre de démission le 03 Décembre 2009.
Maintenant allez-vous retourner aux forces vives ?
Nous somme avec les forces vives. Ensemble avec les autres partis politiques nous somme en train de restructurer les forces vives pour éviter une frustration quelconque de quelque parti que ce soit. Surtout lorsque nous savons les raisons qui avaient poussé d’autres partis comme le nôtre à quitter pour former d’autres alliances. D’ailleurs bon nombre des partis sont ceux qui ont demandé à être réintégrés au sein des forces vives parce que tout simplement nous sommes en train de mettre une nouvelle structure a l’image d’une entreprise.
Votre parti n’a pas été représenté dans le gouvernement de la transition. Comment avez-vous accueilli cela ?
La vision du PRD est une vision à long terme. Le gouvernement de la transition n’est pas un gouvernement qui initie des projets donc son mandat et sa durée est bien définie. S’ajoutant à cela tous les partis ne peuvent pas être représentés en son sein et pour nous le PRD, l’esprit de la cohésion et l’intérêt de la nation passent en premier plan pour le bon fonctionnement de la transition. C’est ainsi que nous avons accepté le gouvernement qu’a proposé Jean Marie Doré. Notre seule préoccupation est que les dates des élections présidentielles ne soient pas bloquées par une quelconque décision du CNT qui risque de ne pas faire l’unanimité en son sein. Ex: la question de limitation d’âge des candidats. Mais dores et déjà le PRd a un représentant au sein du CNT.
Justement ! La liste des membres statuaires vient d’être publiée. De 101 qu’on avait prévus au début, on se retrouve avec 155 membres. Votre réaction ?
Nous sommes en période d’exception. Qui parle d’exception parle d’intelligence dans la gestion des problèmes d’Etat surtout dans un pays comme la Guinée qui pour la première fois est en train d’organiser des élections libres, transparentes et acceptés par tous après un événement aussi douloureux que celui du 28 Septembre. C’est pourquoi le PRD n’a pas contesté la nouvelle liste des membres du CNT car la Présidente à bien tenu d’impliquer tous les guinéens de toutes organisations pour éviter des frustrations. D’ailleurs le président de la transition lui-même a approuvé cette liste après consultations de son cabinet. Et donc on ne peut que féliciter Hadja Rabiatou Sara Diallo pour son intelligence dans la composition de cette liste.
Le Président de la transition Général Sékouba Konaté vient de donner la date des prochaines élections Présidentielles (27 juin 2010) par un décret. Pensez-vous qu’on pourra respecter cette date ?
D’abord je voudrais remercier le Président de la transition Général Sékouba Konaté pour son courage et sa détermination de conduire ce pays vers des élections libres. C’est n’est pas une tache facile surtout lorsque nous savons l’état dans le quel se trouve l’armée actuellement. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas respecter le calendrier qu’à fixé le Président de la transition. Il ne faut oublier que le Président de la transition ne sera pas candidat, donc nous politiciens devons saisir l’opportunité pour aider la CENI et le CNT pour organiser ces élections aux dates indiquées.
Le CNT a pour objectif principal de faire le toilettage de la constitution .Comment empêcher celui qui sera élu de modifier cette même constitution en sa faveur ?
Il est difficile de prévoir comment empêcher le prochain président de modifier la nouvelle loi fondamentale que le CNT va établir. Tout dépendra de l’intégrité et le patriotisme du prochain président.
Le CNT qui a été mis en place par Hadja Rabiatou est plein des bon cadres, donc nous leur faisons entièrement confiance quant au document final qu’ils vont nous présenter. Si le PRD arrivait à briguer le pouvoir au terme des prochaines élections, nous entendons respecter la constitution et encourager l’alternance démocratique. Et croyez-moi d’ailleurs que c’est le PRD qui va remporter les prochaines élections.
Les élections présidentielles, c'est dans moins de quatre mois selon le décret du Président intérimaire Général Sékouba Konaté. Comment voyez-vous la participation des Guinéens vivant à l'étranger durant le scrutin ?
Pour le PRD, il n’ya pas des guinéens de l’intérieur ou de l’extérieur, ce qui importe c’est le droit constitutionnel de tous les guinéens et donc par conséquent le vote est un droit constitutionnel. La participation de tous les Guinéens aux prochaines élections Présidentielles est obligatoire.
Vous réclamez une justice pour les victimes du 28 septembre 2009, êtes vous favorable à une extradition des auteurs présumés des crimes notamment le Capitaine Dadis Camara vers la cour pénale internationale ?
Le PRD condamne les massacres du 28 septembre 2009. Les militants du PRD étaient au stade et font partie des victimes. Mais concernant l’extradition de qui que ce soit, je souhaiterais que les poursuites des auteurs soient reportées après la transition. Je suis sûr que le gouvernement du prochain Président élu sera capable de juger les coupables. On pourra lui faire confiance.
La campagne présidentielle a été autorisée par le Général Konaté, quel est votre programme ?
Concernant notre projet de Société, nous préférons le débattre à la télévision avec les autres partis parce que je peux vous assurer que nous avons le meilleur projet de Société. Donc c’est pourquoi nous sollicitons un débat télévisé dans ce sens.
Le mot de la fin…
En effet, avec le PRD, parti pour la réunification et le développement, c’est une prise de conscience collective et un sursaut national pour corriger très rapidement les graves distorsions de notre pays causées par l'ancien régime. C’est pourquoi le PRD demande solennellement à tous le guinéens de se joindre à lui pour combattre les vieux détracteurs de l’économie guinéenne. Main dans la main c’est seulement à ce prix que la Guinée pourra se placer sur le chemin du développement durable.
Propos recueillis par Abdourahamane Bakayoko
Pour Africaguinee.com
Tel : +224 62 600 600
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  Rubrique: Interview  date: 12-Mar-2010 à 12:07:04  Partager:   :  |