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Hajbouha Zoubeir, militante des droits de l'Homme marocaine: " la communauté internationale doit agi





Militante des droits de l'Homme et femme d'affaires, Mme Hajbouha Zoubeir incarne la nouvelle image de la femme marocaine. Dans sa lutte pour l'émancipation des femmes, le royaume chérifien a adopté récemment un nouveau code de la famille qui accorde plus de droits aux Femmes. Une vraie révolution dans ce pays arabo-musulman grâce aux efforts affichés par sa majesté le Roi Mohammed VI pour bâtir un Maroc moderne. A l'occasion de la journée mondiale de la femme célébrée ce 8 mars, Mme Zoubeir s'est confiée au micro d'Africaguinee.com...

Africaguinee.com : Bonjour Mme Zoubeir. Vous êtes présidente de l'Association des Femmes entrepreneurs à Laâyoune (Amfed) et militante de l’Union de l’action féminine .Parlez-nous de vos activités dans le cadre des droits de la femme marocaine….

Hajbouha Zoubeir : L’Union de l’action féminine est une des ONG qui milite en faveur des femmes au Maroc. Nous sommes l’une des ONG pionnières dans la lutte pour l’acquisition des droits de la Femme au Maroc. Aujourd’hui, grâce aussi à une volonté politique de sa majesté le Roi Mohamed VI, la femme marocaine jouit de tous ses droits dans tous les domaines.

Par ailleurs, je suis aussi membre fondatrice de l’association marocaine des femmes entrepreneurs pour le développement qui vient de changer ses organes. C’est une association qui vise à aider les femmes pour créer leurs entreprises, leurs coopératives dans le cadre du développement. Nous agissons sur plusieurs volets. D’abord celui de la formation et de l’éducation de la femme. Ensuite, celui des droits des femmes et nous aidons aussi les femmes à bénéficier de leurs droits économiques par l’intégration ou la création d’entreprises ou coopératives. Nous avons aussi un volet social, dans lequel , on aide les femmes à connaitre leurs droits sociaux et nous les sensibilisons contre les maladies sexuellement transmissibles y compris le SIDA .On organise annuellement, dans le cadre de la journée internationale de la femme, une exposition au cours de laquelle des produits fabriqués par les femmes sont vendus. Nous aidons les femmes au cours de cette exposition, à échanger avec les autres femmes du monde. Cette année, la ville de Laayoune s’apprête à accueillir des femmes venues du monde entier dans le cadre de cette exposition qui se tiendra au mois d’avril prochain. Une vingtaine de pays seront représentés lors de cette exposition. Au cours de l’exposition, nous allons aborder le problème des maladies sexuellement transmissibles, du cancer du sein, et des émissions sont prévues avec la radio et la télévision régionales de Laayoune. Nous allons beaucoup débattre aussi sur le développement économique pour les femmes et des ateliers de formation sont prévus..Enfin, cette année des ONG vont former les femmes sur leurs droits et leur acquisition. Il y aura donc une phase de campagne et une phase d’exposition dans le cadre de nos activités au mois d’avril prochain à Laayoune.

Aujourd’hui c’est la journée mondiale de la femme. Quelle est la place de la femme dans la société marocaine d’aujourd’hui ?

La femme marocaine jouit aujourd’hui de tous ses droits et ce dans tous les domaines. Par exemple, dans les élections communales on a enregistré une forte progression des femmes. Elles sont près de 3000 dans les mairies et communes au Maroc. Nous avons aussi des maires dans les villes comme Marrakech, des ministres (mines et de l’énergie, de la santé…), des ambassadrices, gouverneurs , des conseillères de sa majesté le roi, tout comme des femmes conductrices de taxi etc..La femme marocaine n’ a pratiquement rien à envier à ses sœurs des autres régions du monde .Au niveau des associations, on attend toujours plus des autorités, on a envie d’avoir plus de femmes avec plus de postes, car au Maroc, la femme représente 50% de la population. Mais ça viendra .Si au niveau du parlement par exemple, les femmes représentent 11% des parlementaires, c’est un bon début, si on compare à certains pays. La place de la femme dans la société mérite plus d’attentions de la part des politiques pour qu’elle ait la place qu’elle mérite dans le monde entier.

Le Maroc a fait une petite révolution dans le monde arabe, en adoptant un nouveau code de la famille qui accorde plus de droits a la femme. Parlez nous des droits acquis par la femme dans votre pays…

Le Maroc est un pays musulman, et un pas historique a été franchi grâce à sa majesté le roi Mohamed V1.Nous avons aujourd’hui au Maroc plus de droits pour les femmes alors que ces droits sont encore revendiqués dans plusieurs pays arabes. Par exemple, la femme marocaine peut se marier sans l’accord de ses parents, en toute liberté. Ensuite, la femme a le droit d’adopter les enfants de son mari même s’il est étranger. La femme marocaine jouit aussi de ses droits en cas de divorce, pour récupérer une partie du salaire de son mari, une couverture pour les charges de ses enfants…Ce sont des droits non acquis par exemple dans plusieurs pays musulmans, à cause des arguments au nom de l’Islam. Or cette religion est très souple vis-à-vis des femmes. Malheureusement, les interprètes de l’Islam ont voulu que la femme reste dans une situation ambigüe…

Malgré l’adoption de ce nouveau code de la femme, certaines réalités persistent dans la société marocaine. C’est le cas par exemple de la polygamie, de la répudiation ou de l’analphabétisme qui touche une bonne partie des femmes marocaines. Comment expliquez-vous ces paradoxes au sein de la société marocaine ?

Pour ce qui est de la polygamie, dans le nouveau code, le mari n’ a pas le droit de se remarier avec une deuxième femme sans l’accord de sa première épouse. Aujourd’hui au Maroc, la polygamie est en diminution. Il y a rarement de femmes qui autorisent leurs maris à épouser une autre femme. Du coup, c’est un phénomène qui va peut être disparaitre car les conditions de vie actuelles ne le permettent plus.

La répudiation au Maroc n’est plus possible. Il y a aujourd’hui une législation qui exige toute une procédure pour le divorce. Et je crois que c’est plus compliqué pour les maris de divorcer, car ça prend plus de temps, et ça permet dans certaines situations que les maris reviennent sur leurs décisions. Le code de la famille favorise aussi la femme pour éviter un déséquilibre dans le couple.

Par rapport à l’analphabétisme, le Maroc comme plusieurs pays africains, a subi la colonisation. Le droit d’aller à l’école était réservé uniquement à l’élite. Dans certaines régions, le taux de scolarisation avoisine les 100 %, mais la bataille continue dans les zones rurales par exemples. Ces dernières années, nous avons constaté une nette amélioration par rapport au taux de scolarisation des jeunes filles. Une nouvelle loi a été adoptée au Maroc qui accorde les droits à la scolarisation pour tout le monde. Dans les générations futures, nous aurons plus de personnes scolarisées à travers le pays notamment pour les femmes. Dans le milieu rural, nous avons plusieurs écoles, centres de formation et des associations qui s’activent dans le cadre de l’éducation et de la formation. C’est un défi pour le gouvernement marocain et surtout grace à sa majesté le roi Mohamed VI qui n’a cessé d’aider les femmes pour l’acquisition de leurs droits.

Récemment la revue Femmes du Maroc a publié en couverture, une femme nue. Est-ce un symbole de l’émancipation de la femme marocaine ?

Bon au niveau du monde arabo-musulman, la femme marocaine est devenue un exemple d’émancipation .Dans le cadre de l’immigration aussi, les femmes marocaines sont très actives à travers le monde. Dans la presse marocaine ou internationale, plusieurs articles soulignent cette émancipation de la femme marocaine, mais le travail continue pour que toutes les femmes du monde obtiennent leurs droits. Et ceci est un travail de la presse qui doit sortir la vraie image de la femme dans le monde .La femme reste l’un des piliers de la société. Et son image doit donc avancer et progresser dans tous les domaines.

Pour terminer, vous êtes a Genève dans le cadre du conseil des droits de l’Homme. Avez-vous un message pour la communauté internationale ?

Effectivement, je voudrais dire que si nous autres femmes marocaines nous jouissons de nos droits, il ne faut pas oublier les femmes marocaines qui sont nos sœurs, nos tantes, nos mères actuellement détenues dans les camps de Tindouf. Ce sont les seules femmes au monde qui n’ont pas un statut reconnu. Elles n’ont ni le droit des refugiés, ni le droit à la libre circulation, au vote etc…Elles n’ont même pas le droit à la nationalité et elles sont retenues depuis 35 ans dans les camps de Tindouf dans des situations précaires

Dans ces camps, certaines subissent des viols, des maltraitances, toute sortes de violations des droits de l’Homme. Aujourd’hui, il faut que la communauté internationale agisse avec plus de fermeté pour aider ces femmes détenues à Tindouf. Il faut leur rendre leur dignité. Certaines ont été obligées d’être séparées de leurs enfants et cette situation est intolérable. Il faut que tout le monde agisse pour la libération de ces femmes, sans conditions. La communauté internationale doit être ferme vis-à-vis du pays qui abrite ces camps pour exiger leur libération. Ces femmes doivent connaitre leur sort. Si ce sont des refugiés alors qu’elles aient tous leurs droits dans ce sens, si elles sont détenues, qu’on les libère et si ce sont des femmes de groupes armés et bien qu’on les dénonce, sans pour autant les laisser dans cet oubli .Il leur faut une vie décente. J’espère qu’on aura une réponse claire du conseil des droits de l’Homme et si nous sommes à Genève pour célébrer cette journée de la femme, c’est pour être entendus pour la libération des détenus de Tindouf. Si on jouit de tous nos droits au Maroc, nos sœurs détenues à Tindouf aussi méritent une vie plus décente.

Interview réalisée par Mamadou Kaba Souare
Pour Africaguinee.com


  Rubrique: Interview  date: 08-Mar-2010 à 12:10:23  Partager:   :

 

 
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