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Sortie de crise en Guinée: Des dangers menacent la transition….

Ah la Guinée !Après des acrobaties politiques, des frayeurs insoutenables, les Guinéens soufflent à nouveau depuis ce 15 janvier 2010.Dadis "écarté", le nouveau PM Jean-Marie Doré, devient le « messi » chargé d’accompagner notre « Tigre » dans la jungle de la transition. C’est vrai, mêmes les âmes les plus optimistes craignaient que le retour de notre Dadis national au pays ne déclenche un cycle de violences en Guinée. A Conakry, on chante, on prie pour que le « démon » Dadis reste loin de la Guinée. Seulement voilà , les Guinéens aiment « se faire peur » et des dangers menacent déjà ce compromis obtenu au prix du sang depuis le 28 septembre dernier. A la primature, Jean-Marie a promis de « Doré » l’avenir de ses compatriotes. Mais à y voir de très près, de gros nuages risquent de précipiter un orage politique et ramener le pays dans les abysses de la crise sans fin qui gangrène le pays depuis longtemps. Jetons un coup d’œil sur ces dangers qui menacent cette fragile transition…
Jean-Marie Doré : la malédiction de la primature
Devenu le nouveau « Capitaine » du gouvernement de transition, le vieux opposant Jean-Marie Doré peut créer la surprise. Opportuniste devant l’éternel, le nouveau locataire de la primature nous réserve de belles surprises d’ici la fin de la transition. Comme une malédiction, aucun PM n’est sorti blanchi de sa mission, au contraire !Si Jean Marie Doré a les capacités intellectuelles et physiques pour conduire la transition, deux zones d’ombre menacent dangereusement le futur de ses compatriotes…

Primo, le vieux Jean-Marie continue d’entretenir le flou sur son retrait de la course à la présidentielle prévue dans six mois dans le pays. Comme ses prédécesseurs( Sidya Touré, François Fall, Cellou Dalein Diallo, Lansana Kouyaté…), notre doyen espère que la primature est un « grand pas vers la présidence ». Peu avant sa confirmation à la primature par le Président intérimaire, le Général Sékouba Konaté, Jean-Marie Doré a confié à nos confrères de RFI : "Aucun accord n’a été conclu à Ouagadougou. Donc il me paraît un peu extraordinaire qu’on parle des accords de Ouagadougou (…)"Bien entendu, en contestant la légitimité de l’accord de Ouagadougou conclu le 15 janvier dernier, notre PM n’exclut pas de se porter candidat aux élections. Alors que le paragraphe 8 de l’accord prévoit :" L’organisation, dans un délai de 6 mois, de l’élection présidentielle à laquelle ne participeront pas les membres du Conseil National de Transition, le Chef de l’Etat de Transition, les membres du CNDD, le Premier Ministre, les membres du Gouvernement d’Union Nationale et les membres des Forces de Défense et de Sécurité en activité " Imaginez la pagaille à la fin de la transition si le « Capitaine « du gouvernement de transition utilise son bilan, et déclare son droit de se présenter « comme tout Guinéen » aux élections en tant que pionnier du multipartisme dans le pays. Et bien cette faille sera largement utilisée par tous les « vautours » qui ont été écartés de la course par cet accord de Ouagadougou. Au premier rang bien sûr, notre Dadis national ou un membre du….CNDD ! D’où l’urgence d’un engagement formel du nouveau PM de se retirer à la fin de la transition, car le flou sur la candidature du Capitaine Dadis avait fini par semer le chaos dans le pays. Attention… danger !
Secundo, la nomination de Jean-Marie Doré à la primature a dévoilé la division profonde au sein des forces vives. D’un côté le mouvement social (syndicats, patronat, société civile) qui préfère sa « candidate » Rabiatou Sérah Diallo ; de l’autre les vieux renards de la politique guinéenne qui préfèrent Jean-Marie Doré pour diminuer le lot des concurrents aux futures élections. Imaginer la cacophonie, le dialogue de sourds à venir quand à la définition exacte de la feuille de route du PM par les forces vives. Si l’organisation des élections dans six mois fait l’unanimité, Jean-Marie Doré risque d’être rattrapé par les fantômes de la primature :un pouvoir de décision réduit face aux militaires, des ministres encombrants( sans mission précise) et surtout le retour des vieux démons appelés :audits, enquêtes sur les massacres, pouvoir d’achat des Guinéens etc…D’ailleurs, l'« Ex » de la primature, Kabinet Komara a souhaité récemment que Jean-Marie Doré fasse un audit de sa gestion à la primature depuis janvier 2009.Avec l’outil des « audits », le PM risque d’ouvrir la boîte de pandores et faire oublier sa mission principale, celle d’organiser les élections. Autant donc de « fausses missions » que notre Jean-Marie doit oublier pour « Doré » dans six mois l’avenir de ses compatriotes. Sinon….Attention danger !
Les aigris du CNDD : saboter pour se faire désirer
Ah que l’histoire est têtue dans notre pays ! Tenez, il y a trois ans,le 27 janvier 2007 un nouveau PM (Lansana Kouyaté) est venu cohabiter avec un Général grincheux (Lansana Conté) pour sortir le pays de la crise héritée de la grève de janvier 2007.Et bien, tous les aigris écartés du pouvoir par le gouvernement de Kouyaté ont saboté toute reforme entreprise par le nouveau gouvernement. Des décrets non signés, des nominations fantaisistes, tout est bon pour saboter les actions du locataire de la primature qui sera finalement éjecté de son kibanyi sans qu’aucune âme ne remue le doigt, un soir de mai 2008. Trois ans après le cauchemar « Kouyaté » à la primature, c’est au tour de notre Jean-Marie d’affronter le courroux de tous les caciques et nostalgiques de la junte du Capitaine Moussa Dadis Camara. Et ils sont nombreux, mais deux personnages symbolisent ce danger pour le gouvernement de Doré.

Primo, le ministre secrétaire permanent du CNDD, Colonel Moussa Keita est un nostalgique devant l’éternel du régime moribond de notre Dadis national. Flanqué de certains faucons du régime ( le « griot » Idrissa Chérif, la « tête pensante » Papa Koly Kourouma… ), le Colonel Moussa Keita et les « pros Dadis » n’ont pas dit leur dernier mot. Un échec annoncé du gouvernement de Jean-Marie Doré serait du pain béni pour réclamer le retour de notre Dadis national avec des arguments pour flatter la fierté nationale de leurs compatriotes. Partis récemment à Ouagadougou pour « libérer » leur patron, le Colonel Keita accompagné d'une délégation du CNDD, avait exprimé ce vœu : "En ce qui concerne la convalescence de Dadis Camara au Burkina, ce n’est pas notre souhait de repartir sans lui. Le peuple tient à revoir le président, sa famille ainsi que ses compagnons d’armes’’. Bien entendu, derrière cette mascarade, cette pseudo-fidélité, ce sont surtout les intérêts et influences perdues qui motivent ces aigris devant l’éternel. Attention…danger !
Secundo, la « brute » Commandant Claude Pivi alias « Coplan » est une pièce encombrante de la junte, dont la colère est redoutée .Au niveau de l’opposition guinéenne, on « salue » la nouvelle mission confiée à la « brute » Claude Pivi pour sécuriser nos « opposants-opposés ».Seulement voilà , derrière cette hypocrisie, Pivi tient absolument à obtenir sa part du gâteau dans le gouvernement de Jean-Marie Doré. Fidèle serviteur du Capitaine Dadis, Pivi n’entend pas cèder « sa place » acquise par la force et non par son cerveau. Le Commandant Claude Pivi qui pilote le ministère chargé de la sécurité présidentielle( qui a échoué puisque Dadis a reçu une balle dans la tête, mais bon passons…), a fait un aveu inquiétant. Au cours d'un entretien avec le ministre de la sécurité, Général Mamadouba Toto Camara qui a exprimé le souhait que l'armée quitte le pouvoir "la tête haute", le Commandant Claude Pivi a posé ses conditions:"Il faut que mes hommes reçoivent leur part pour accepter de se retirer".Sans commentaires !En cette période de vache maigre pour les finances publiques, de grogne populaire pour les pénuries de carburant, une éventuelle mutinerie de nos soldats serait fatale à la fragile transition conduite par le gouvernement de Doré. Attention... danger !
Les Mamayas : une arme de « corruption massive »
Voilà , notre premier ministre à peine confirmé dans son Kibanyi que son domicile est pris d’assaut par tous les « vautours « de la République. Habitués à la facilité, les « vautours » cherchent à se faire voir, à plaire pour rentrer dans le cercle des intimes du nouveau PM, histoire de sauver ou de gagner un fauteuil juteux. Hélas, l’industrie de la Mamaya tourne à plein régime dans notre pays. Et les conséquences de cette pratique font frémir, car elles annoncent l’échec de toute mission à la tête de l’Etat. Voyons quelques opportunistes devant l’éternel…
Primo, les mouvements de soutien commencent à bourgeonner autour de Jean-Marie Doré. Tenez ce week-end, une délégation venue de forêt est venue « remercier « l’enfant du pays, originaire de la région forestière pour sa « réussite ». A son domicile de Donka, Jean-Marie Doré a accueilli une foule de partisans, de griots venus plaider leur cause. Et tout est bon pour lui rappeler son appartenance et sa "dette" envers la Guinée forestière, même si le nouveau PM est dans son Kibanyi parce qu’il est d’abord Guinéen avant tout !Chez le « Tigre » Sékouba Konaté ? Même scénario ! Tous les profiteurs viennent rappeler leur lien avec le nouvel homme fort du pays. Résultat, comme ces « griots » ne repartent jamais les « mains vides », le gaspillage des fonds public commence ! Cette tradition du griotisme est devenue un vrai business pour tous les "vautours" qui aiment sucer les maigres recettes de nos caisses publiques, avec la bénédiction des nouveaux boss !Et comme dans six mois, ce sont de nouveaux boss qui se pointent , le cycle recommence ! Attention…danger !
Secundo, les cadres, les opérateurs économiques et chômeurs de l’Etat sont prêts à tout pour plaider leur cause auprès du nouveau patron¨. Dans cette ambiance de sauve qui peut, chacun vient « laver le chat » du chef. Qui est fou ? Seulement voilà , cette tradition hospitalière africaine qui impose au patron de recevoir « ses invités » a des conséquences catastrophiques dans la gestion de l’Etat. Souvent, c’est loin des regards indiscrets que les nominations sont peaufinées ! Aucune transparence, aucune fiabilité dans la formation de nouvelle équipe dirigeante. Vous avez un CV, bardé d’expériences ? Inutile de postuler pour un poste, si vous ne « connaissez pas quelqu’un qui connaît le Boss ».Et dans cette pagaille indescriptible, des cadres véreux , corrompus jusqu’aux os reviennent dans leur Kibanyi, narguant tous ceux qui rêvent de changement. Au final, tous nos « big boss » passent leur temps à bailler, draguer des pauvres gamines dans leurs bureaux, sans se soucier des problèmes du pays. Et cela en toute impunité dans la …continuité ! Inutile de dire que le PM et le Général Konaté risquent d’échouer lamentablement comme leurs prédécesseurs, à cause leur entourage direct, recruté plus par affinités que par leur compétence ! Attention….danger !
En définitive, chaque peuple a un peu le chef qu’il mérite. L’échec traumatisant du Capitaine Dadis Camara n’est rien d’autre qu’un reflet des tares de la société guinéenne. Têtu, naif et obsédé par le pouvoir, le chef de la junte guinéenne a échoué, mais beaucoup ont largement contribué à la descente aux enfers de notre pays. Aujourd’hui les Guinéens sont enfin proches d’une sortie de crise après de longues années de peur, d’injustice et d’humiliation. L ‘avion « Guinée » s’apprête enfin à décoller avec ses deux pilotes :Sékouba Konaté et Jean-Marie Doré. Mais cet avion ne peut décoller sans l’entière collaboration de ses passagers, les Guinéens eux-mêmes. D’ailleurs la thérapie du « Docteur » Compaoré pour le patient « Guinée » ne peut soigner tout le mal qui gangrène notre société. Un minimum de changement des mentalités serait un bon début. Depuis Ouagadougou, le Capitaine Dadis, rattrapé par le destin confesse : ."Je sais que beaucoup ont profité de ce pouvoir pour faire du n’importe quoi, je ne vais pas citer de noms; mais ils se connaissent, il faut qu’ils cessent…J’ai peur pour mon ami (le général Sékouba, ndlr), il ne faut pas que les mêmes personnes qui m’ont trompé en se basant sur l’ethnie le trompe aussi. Je sais qu’il y a certains parmi vous qui se basent sur l’ethnie pour créer des problèmes en Guinée. Si c’était pour l’ethnie, je n’allais pas être au pouvoir." Beau discours, mais c’est un peu tard mon capitaine ! Avec un peu de recul sur notre passé récent, peut-être que le changement est à nos portes. Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 27-Jan-2010 à 12:59:16  Partager:   :  |
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