
Annoncée à Conakry le 17 janvier, la procureur adjointe de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda a finalement reporté sa mission en Guinée.Pour le ministre de la justice, Colonel Siba Lolamou, la signature de l'accord de Ouagadougou le 15 janvier a provoqué le report de cette mission très attendue de la CPI à Conakry.Depuis Dakar, le ministre Siba Lolamou a toutefois réitéré la volonté des autorités guinéennes de coopérer avec la justice internationale, après les massacres du 28 septembre dernier ...
La Dépêche Diplomatique Afrique : Monsieur le Ministre, vous avez rencontré à Dakar la délégation de la CPI qui devait initialement se rendre en Guinée dans le cadre de sa mission. Peut – on en connaître les raisons ?
Colonel Siba LOHOLAMOU : Je tiens d’abord à rappeler que la mission de la CPI en Guinée rejoint en droite ligne la logique définie par le président du CNDD, Moussa Dadis Camara, dès le 29 septembre 2009, de mettre tout en œuvre pour qu’une enquête internationale soit initiée. C’est dans ce sens qu’il avait instruit tous les ministres, tous les cadres afin de collaborer pour faire la lumière sur ces évènements.
En tant que Ministre focal en charge de la justice, nous étions donc en contact avec toutes les commissions constituées à cet effet. En particulier avec la CPI et tous les organismes chargés de suivre cette affaire.
La CPI avait certainement commencé à travailler sur le dossier, en étroite collaboration avec le Ministère des Affaires étrangères. Et son calendrier prévoyait un passage à Conakry du 17 au 19 janvier 2010. Mais, avec le nouveau contexte consécutif à l’Accord de Ouaga signé le 15 janvier dernier, il s’avère donc nécessaire de reporter l’arrivée de la CPI en Guinée au mois de Février prochain, en attendant le retour en Guinée des autorités.
Nous avons convenu du report de l’arrivée de la délégation de la CPI en Guinée et la date du 16 au 19 févier 2010 a été fixée. En tout cas, aujourd’hui, plus que jamais, nous sommes dans les mêmes dispositions pour accueillir cette délégation qui trouvera en Guinée toutes les conditions favorables à son travail.
Comment avez-vous apprécié le rapport de la Commission d’enquête de l’ONU dont certains ont dit que le temps mis pour le produire, 15 jours, est très court ?
En fait, les enquêteurs des Nations Unies ont mis moins de 15 jours pour faire leur rapport qui nous a été par la suite présenté par le Secrétaire Général de l’ONU. L’Etat guinéen comme du reste plusieurs observateurs ont pu se rendre compte que ce rapport a repris, sans réserve aucune, les allégations formulées par les ONG.
Dès qu’on a reçu le rapport, nous avons accusé réception auprès du Secrétaire Général de l’ONU en précisant que la Guinée se réserve le droit de faire des observations sur ce rapport en plusieurs de ses aspects.
Quels sont les engagements que les autorités guinéennes peuvent prendre à l’égard du rôle joué par la CPI ?
Je vous rappelle que la Guinée a signé le Traité de Rome et notre pays entend respecter ses engagements. Par conséquent, nous réaffirmons notre disposition totale à collaborer avec la CPI. Nous restons donc ouverts à toute investigation impartiale ou vérification de nature à faire toute la lumière sur les évènements du 28 septembre dernier.
Quel est le message fort que vous adressez aux guinéens et à la communauté internationale ?
Les évènements du 28 septembre 2009 sont regrettables et nous souhaitons que les acteurs des violences soient jugés, comme a eu à le demander, en son temps, le président du CNDD qui affirmait que la Guinée n’a rien à cacher sur les évènements du 28 septembre 2009.
Nous assurons notre collaboration pleine et entière à la CPI et souhaitons également que la communauté internationale appuie nos efforts dans les moments difficiles que nous traversons.
Propos recueillis à Dakar par Karim DIAKHATE, Alassane DIALLO et Kaba DIAKITE.
Source:La dépêche diplomatique Afrique
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  Rubrique: Interview  date: 22-Jan-2010 à 16:39:59  Partager:   :  |