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Idrissa Chérif; porte-parole du gouvernement:"Nous préparons le retour du Capitaine Dadis d'ici la f

Lors d'un récent séjour à Abidjan, le ministre Idrissa Chérif se dit confiant quand au retour en Guinée du Capitaine Moussa Dadis Camara,actuellement hospitalisé au Maroc. Dans une interview accordée à nos confrères de Fraternité Matin, Idrissa Chérif revient sur la tentative d'assassinat contre le Capitaine Dadis et dévoile son opinion sur le nouvel homme fort du pays; le Général Sékouba Konaté....
Fraternité Matin:Monsieur le ministre, vous êtes en charge de la Communication. Après les événements malheureux du 3 décembre dernier, quel est l’état de santé du capitaine- Président Dadis Camara?
Idrissa Chérif:Aujourd’hui, le chef de l’Etat est à 98% de ses capacités de travail, ce qui veut dire qu’il est largement au-dessus de la moyenne. Nous sommes en ce moment en plein dans les préparatifs de l’accueil du Chef de l’Etat qui revient auprès de son armée et de son peuple.Nous allons décréter jour férié, le jour de l’arrivée du chef de l’Etat. En ma qualité de ministre de la Communication, il m’a été demandé d’inviter les médias nationaux et internationaux afin qu’ils vivent avec nous et qu’à travers eux, le monde entier vive la cérémonie marquant le retour de notre Chef. J’ai pris de nombreux contacts pour que le retour d’ici la fin de l’année, du Capitaine Dadis Camara, victime d’un assassinat manqué, soit un événement, qui fasse date dans l’histoire de notre pays.
Certaines indiscrétions nous ont fait croire que ce jour férié que vous annoncez pour le retour du Chef de l’Etat, pourrait être le 24 décembre ?
Nous n’avons pas encore convenu d’une date, mais je puis vous dire que le chef d’Etat passera la fête du nouvel an à Conakry.
Que s’est-il véritablement passé le 3 décembre dernier à Conakry. Quelle est M. Le Ministre, votre part de vérité dans l’histoire de l’assassinat manqué du Capitaine Dadis Camara ?
Je suis rentré d’Abidjan d’une visite de travail le 3 décembre, précipitamment suite à un coup de téléphone que le Président m’avait donné depuis Conakry.Et j’ai atterri à l’aéroport Gbessia de Conakry à 15h30. Je devais recevoir certains invités du Chef de l’Etat qui venaient de l’étranger et qui devaient avoir une audience avec lui.J’ai eu le temps de déposer mes affaires et de me rendre à l’hôtel faire les réservations de nos hôtes. Et au moment où je quittais carrément la ville, je reçois un appel par téléphone qui m’annonce qu’on entend des coups de feu dans la ville. Je suis surpris parce que je venais à peine de quitter Conakry. Tout en épargnant certains détails, ce qui s’est réellement passé le 3 décembre, c’est que le chef de l’Etat est sorti par l’arrière porte de sa maison pour aller rencontrer Toumba au camp de Koundara. Qui est son camp à lui. C’est-à -dire que c’est le camp du bataillon autonome de la sécurité présidentielle.
Pour lui, Toumba est son homme de confiance et il doit nécessairement aller se faire auditionner par la commission d’enquête internationale de l’Onu sur les événements du 28 septembre dans le stade du 28 septembre, pour permettre la manifestation de la vérité. Toumba se refusait de rencontrer les enquêteurs de l’Onu. Une fois au camp, le chef de l’Etat et Toumba ont eu des discussions. Nous n’étions pas là mais Toumba n’a pas manqué de dire au Chef de l’Etat qu’il était prêt ce 3 décembre à prendre le pouvoir. Quand le Capitaine Dadis s’apprêtait à monter dans sa voiture, Toumba, jusque-là son aide de camp a sorti son arme et lui a tiré dessus.
Heureusement la balle ne s’est pas logée dans le dos du chef de la junte mais elle a effleuré la partie extérieure droite de sa tête puis le capitaine est tombé. L’un des deux gardes du corps qui l’accompagnaient s’est aussitôt jeté sur Toumba et ils se sont empoignés. Le second garde s’est saisit du chef de l’Etat et l’a aidé à s’asseoir dans sa pick-up puis il s’est installé au volant et est parti avec lui. Pendant ce temps, le chauffeur de service du capitaine Dadis Camara s’était évanoui dans la nature. C’est à l’infirmerie du camp Samory Touré que le chef de l’Etat a reçu les premiers soins.
Toumba a-t-il tout suite annoncé un changement de régime ?
Sur les Talkies Walkies des militaires que j’ai aussi dans mon véhicule de commandement, on entendait Toumba dire : ils sont venus m’arrreter,je les ai tous tués, actuellement, je suis le nouvel homme fort du pays. Il demandait à certains de ses complices de s’accaparer du camp Alpha Yaya Diallo, et à d’autres postés au sein du camp Koundara, de prendre la radio et la télévision.
L’un de ses camarades après audition de son message lui a rétorqué : Toumba, tu as tiré sur le chef de l’Etat, nous ne saurions accepter que tu prennes le pouvoir. Nous irons te trouver là où tu es. En ce moment Toumba a pris peur et ils ont quitté les endroits stratégiques où ils avaient pris position. Des renforts sont arrivés au camp Samory Touré. Nous avons sécurisé le chef de l’Etat puis fait positionner des avions de combats pour voir s’ils tenaient de nouvelles positions dans d’autres localités pour faire le travail de ratissage et de nettoyage. Aujourd’hui environ une centaine de soldats avec qui il s’était engagé dans cette aventure sont sous les verrous. Nous les avons entendus et très prochainement, ils auront à s’expliquer publiquement sur les antennes de la radio télévision guinéenne sur les motivations de leur forfaiture, sur l’identité de leurs commanditaires et mandataires. Parce qu’ils ont bénéficié à l’intérieur comme à l’extérieur de certaines complicités. C’est un véritable coup d’Etat et non seulement un projet d’assassinat contre la vie du chef de l’Etat, heureusement manqué.
Car la radio a été prise, le petit palais encerclé. Et la partie extérieure très stratégique et baptisée, le pont du 8 novembre était aussi sous le contrôle des hommes de Toumba. Ils ont pris un bus pour barrer carrément la route. Mais quand ils ont vu les hélicoptères de combat et les renforts, ils ont abandonné toutes leurs positions.
Comment n’est-on pas arrivé, curieusement, à arrêter Toumba qui a ouvert le feu sur le chef de l’Etat dans le bataillon autonome présidentiel, qui s’est empoigné avec l’un des deux gardes du corps de Dadis et qui sur les antennes a annoncé sa prise de pouvoir et qui a pu s’enfuir de Conakry. Sans être inquiété. N’a-t-il pas bénéficié de quelques complicités au sein de l’armée ?
Pas seulement au sein de l’armée. Nous sommes à instruire nos enquêtes et plusieurs de ses hommes ont été pris à nos différentes frontières notamment Pamala, N’zérekoré, Siguiri etc.. Aujourd’hui, nous pensons que Toumba doit être l’objet d’une protection de la part de quelqu’un et quelque part. Nous avons arrêté nombreux de ses complices qui ont fait des aveux. Nous poursuivons nos enquêtes et nous ne sommes plus de loin de mettre la main sur Toumba. Nous avons une police qui est très forte et les indices que nous avons, nous confortent dans notre conviction que ceux qui protègent Toumba, vont nous le remettre. Et il aura à répondre de son acte.
Vous n’avez cesse de répéter que Toumba a bénéficié des complicités internes et extérieures. Vous avez même pointé un doigt accusateur contre une puissance étrangère. Cependant le ministre des Affaires Etrangères et le Premier ministre de Guinée vous ont déjugé. Ils n’étaient pas d’avis avec vous. Comment expliquez-vous cela ?
Dans nos déclarations, nous n’avons pas accusé la grande France. Vous avez que ce pays fonctionne avec des institutions et des services. Certains services sont utilisés par certains grands politiciens et en le disant je regarde droit dans les yeux du ministre des Affaires Etrangères de France. Bernard Kouchner s’est acharné contre la Guinée et son chef. Depuis le début de ces problèmes, vous avez vu avec quelle détermination, Kouchner a laissé de côté son travail de ministre des Affaires Etrangères pour s’illustrer par un lynchage médiatique contre la Guinée et le CNDD. Il a demandé que l’armée prenne ses responsabilités et même affirmé que Dadis n’était plus la solution. Nous ne faisons pas de la politique politicienne et nous parlons avec des preuves à l’appui. Bernard Kouchner a reçu Alpha Condé à Paris. Il a appelé certains chefs d’Etat africains influents pour leur dire que la cause de Dadis était perdue et qu’il leur fallait soutenir la cause des jeunes mutins. Il a aussi appelé Ibn Chambas, le président de la Commission de la Cedeao et lui a demandé d’user aussi de ses relations pour voir si on pouvait changer la situation en Guinée. Nous n’avons pas accusé la grande France mais nous avons invité Bernard Kouchner à la retenue.
Le ministre des Affaires Etrangères n’était pas à Conakry et lors de ma conférence de presse, j’ai relevé que le chef de la diplomatie n’était pas au même niveau d’information que moi. Je suis le Ministre chargé de la Communication à la Présidence et au Ministère de la Défense nationale. Cela me donne accès au secret défense. Je rencontre les prévenus, je lis leurs déclarations. J’ai donc des informations que je ne peux pas mettre à la disposition de tous les membres du gouvernement. Je note seulement que les problèmes de la défense et de la sécurité ne se discutent pas tous en conseil des Ministres mais entre le Président et son Ministre de la Défense nationale.
En ma qualité de Ministre de la Communication, j’assiste et participe parfois aux entretiens entre le chef de l’Etat et le Ministre de la Défense. Aujourd’hui, le Ministre des Affaires Etrangères ne peut plus répéter ce qu’il avait dit en son temps parce qu’il connait désormais la réalité. Je dois dire que la diplomatie à ses règles et ses usages et moi j’agis en politique. Je dois faire remarquer que le Ministre des Affaires Etrangères ne m’a pas contredit.Il a seulement dit que la Guinée n’avait pas à accuser un pays et moi j’ai mis en cause l’attitude de Kouchner qui utilise les services français dans sa tentative de déstabilisation de la Guinée.
Un coup d’Etat contre Dadis, à quoi cela obéit-il ? L’armée est-elle parcourue par des divisions ? Reprochait-on à Dadis d’avoir dévoyé la lutte ?
Dadis est aux soins au Maroc, mais le calme règne à Conakry. C’est la preuve que l’entente existe au sein de l’armée. Pour renverser un régime, il n’est pas facile de venir de l’extérieur pour le réussir, à moins que vous vous constituer en rébellion pour agir. Ou bien vous choisissez quelqu’un de l’intérieur qui vous sert de bras séculier pour exécuter votre coup. C’est dire qu’on choisi chaque fois quelqu’un de très proche du chef pour le trahir ou le renverser. C’est quelqu’un qui est généralement entretenu et qui voit les perspectives et qui peut passer aisément à l’action. Car personne ne doute de sa loyauté au chef. Toumba a été utilisé à cet effet. Je peux vous dire que c’est depuis le 28 septembre que Toumba a été utilisé. Il devait occasionner des massacres pour amener le peuple à se soulever contre le chef de l’Etat et il allait en profiter pour agir comme il l’a fait le 3 décembre. Les opposants par la voix de Cellou Dalein Diallo ont dit que les discussions de Ouagadougou ne pouvaient apporter de solution à la crise politique en Guinée mais qu’il fallait expérimenter une autre solution. Et avec ce qui s’est passé les 28 septembre et 3 décembre 2009, on comprend aisément que cette solution alternative préconisée, était la force. Vous comprenez que ce sont des coups savamment orchestrés.
Des assassinats contre la vie de certains leaders de l’opposition avaient été programmés pour que le chef de l’Etat puisse endosser cette responsabilité. De nombreux conseillers du chef de l’Etat convaincus que le CNDD avait vraiment mis sur pied de tels scenarii ont offert leur démission. Mais aujourd’hui, ils ont compris avec le peuple de Guinée que ce sont des montages grossiers contre le capitaine Dadis et le CNDD.
Toumba qui ne nie être présent au stade du 28 septembre pendant les événements, dit avoir agi sur instructions du chef de l’Etat Dadis Camara...
Toumba a dit qu’il était allé protéger les leaders de l’opposition. Le CNDD a fourni des cassettes à la commission d’enquête où on voit des civils en arme au stade pendant les événements du 28 septembre 2009. Des civils sont allés dans des commissariats qu’ils ont saccagé, ont pris des armes pour se rendre au stade. Ils se sont rendus notamment dans les commissariats de Bellevue, Dixinn.
Le Secrétaire général de l’Onu qui a reçu copie des rapports de la Commission d’enquête de l’Onu sur les événements du 28 septembre puis a informé l’Union africaine, la Cedeao et le Conseil de sécurité, a prié incessamment le gouvernement de rompre avec le cycle de la violence et de protéger les populations. Quel commentaire cela vous inspire-il ?
Depuis le début, la protection des populations a été l’une des priorités du CNDD.Car vous vous souvenez que ce n’est pas la première fois que l’armée tire sur les populations. A chacune des revendications, les manifestations sont réprimées dans le sang. Nous avons demandé que cela cesse. Avec les événements de janvier 2007 (sous le pouvoir de Lansana Conté, qui ont été les plus meurtriers avec plus de 186 morts et plus de 1700 blessés NDLR), nous avons demandé avec l’arrivée du CNDD au pouvoir, la refonte de notre armée et surtout l’encasernement des militaires. Parce qu’un militaire qui n’est pas en caserne, on ne peut pas le contrôler. S’il habite dans un quartier, il peut faire tout ce qui veut. Nous sommes entrain de construire des casernes, de restaurer certains camps avec toutes les commodités.
Avec les discussions de Ouaga qui étaient récemment à leur 3è volet, les positions du CNDD et de l’opposition ont-elles évolué ?
Nous avons reçu du médiateur les documents de synthèse des différentes propositions faites par les deux parties. L’opposition est restée fidèle à ses préalables : la dissolution du CNDD et le départ du chef d’Etat Dadis Camara. Nous avons dit pour notre part qu’aucun ancien Premier ministre ne peut être candidat à l’élection présidentielle prochaine encore moins tous ceux qui ont eu à gérer le pays par le passé. Nous sommes toujours dans les discussions de Ouagadougou.
Nous constatons que la position de l’opposition est rigide alors qu’elle ne représente pas la totalité du peuple de guinée. Certains partis de l’opposition n’ont même pas de siège, ni de base. Même pour les législatives, certains partis ne sont pas assurés d’avoir 3 députés. Nous disons que Ouagadougou, ne doit pas régler les questions des conditions d’éligibilité en guinée. Ce sont nos textes organiques qui peuvent dire qui peut être ou non candidats. Pour témoigner de notre volonté de rester dans la droite ligne des négociations politiques de Ouaga, quand le chef de l’Etat allait pour ses soins au Maroc, il nous a fait trois recommandations : Ne pas mettre des entraves au travail de la commission internationale d’enquête de l’Onu sur les événements du 28 septembre ; nous inscrire toujours dans les discussions de Ouaga parce que c’est dans la concertation, le dialogue et l’union que nous réussirons à construire ensemble notre pays. Parce que tous les guinéens aiment leur pays. Et pour finir, il a demandé au CNDD de sécuriser les populations et toutes les personnes vivant sur le territoire national..
Ce sont les trois axes sur lesquels il nous a instruits. Nous n’avons pas à nous soustraire à cela.
Dans le cadre des discussions politiques de Ouaga, pouvons-nous espérer que le CNDD et l’opposition se retrouvent dans un gouvernement d’union nationale qui va conduire une transition pour préparer les élections où tout le monde sera partie prenante, et qui mettra en place de nouvelles institutions pour la stabilité du pays ?
Nous sommes partants tant que nous avons la volonté d’aller à la paix. Et il faut comprendre que les partenaires qui organisent ces négociations politiques veulent nous aider. Mais nous ne sommes prêts à brader notre dignité pour quoique ce soit. Nous sommes disposés pour avoir des discussions franches avec l’opposition. Nous sommes prêts à accepter certaines conditionnalités qui sont à l’avantage du peuple de guinée, mais c’est le peuple qui va décider du reste. Sachez tout simplement que nous voulons d’une guinée meilleure, démocratique et prospère. Nous nous inscrivons dans cette logique. Même si les politiciens doivent en payer le prix fort pourvu que cela en profite au peuple de guinée. Pour le partage du pouvoir, le CNDD n’a aucun problème.
Le Groupe de Contact, au cours de sa seizième conférence a demandé que soit déployée en guinée une force d’interposition. Cette proposition ne va-t-elle pas à l’encontre de la médiation de Compaoré ? Le Groupe de Contact n’est –il pas entrain de saper la médiation de Compaoré qui agit au nom des chefs d’Etat de la Cedeao ?
Je me suis opposé au fait que le CNDD devait aller répondre à l’appel du Groupe de Contact. Depuis 8 mois, ce Groupe devait trouver une solution à la crise politique en Guinée. Il a montré ses limites. Il n’était plus important pour nous de nous en remettre au Groupe de contact parce que les chefs d’Etat de la Cedeao ont désigné l’un des leurs comme médiateur dans la crise guinéenne. Je n’apprécie pas bien le travail de ce Groupe parce que ses propositions sont pour nous devenues caduques. Il faut donner maintenant une chance au médiateur qui a réussi à rassembler toutes les parties autour d’une même table et les discussions sont entrain de porter des fruits. Voilà pourquoi quand le président de la Commission de la Cedeao, Ibn Chambas a demandé que soit déployée chez nous une force d’interposition, nous n’avons pas compris les vraies raisons qui motivent sa décision. La guinée n’est pas en guerre contre elle-même. C’est un pays sous contrôle du CNDD et du gouvernement. La Guinée n’a pas fait cette demande, donc qu’on nous épargne cette décision. De simples fonctionnaires issus de pays qui ont une longue tradition de coups d’Etat, ne peuvent se comporter comme des chefs d’Etat. Nous avons renvoyé Ibn Chambas à ses copies et nous lui avons fait comprendre que la guinée n’est pas la plantation de la Cedeao qu’il pense pouvoir gérer.
La Cedeao est une association à laquelle j’adhère quand cela m’arrange et dont je démissionne quand cela ne m’arrange pas. La guinée n’est pas obligée de demeurer dans la Cedeao mais nous respectons les chefs d’Etat membres de cette communauté économique de l’Afrique de l’Ouest. Qui ont montré leur intérêt pour la guinée et ont manifesté leur solidarité avec le peuple de guinée, qu’ils ont accepté d’aider à sortir de sa crise en désignant le chef de l’Etat du Burkina-Faso comme médiateur.
Le général Sekouba Konaté assure depuis peu l’intérim du capitaine Dadis Camara. Et dans les capitales occidentales, on le juge modéré avec une étoffe d’homme d’Etat. Il n’a pas manqué au cours de ses tournées dans les casernes et camps militaires de rappeler aux soldats qu’ils ont le devoir d’assurer la sécurité des populations et il s’est engagé à aller en guerre contre les soldats délinquants. Y a-t-il des raisons objectives de craindre pour la fin du régime Dadis ?
Sekouba Konaté est un soldat très fidèle à ses engagements. C’et un homme de serment qui respecte ses serments. C’est un quelqu’un qui a une grande vision pour le bonheur du peuple guinéen. Sekouba Konaté égal Dadis. Dadis égal Sekouba Konaté. Ce sont deux grands amis. Et quand Dadis Camara, partait pour ses soins au Maroc, il nous a informé que Sekouba Konaté rentrait le même jour du Liban pour assurer pleinement l’intérim de la Présidence et sa charge de ministre de la Défense nationale.
Le général Sekouba a fait des tournées de sensibilisation et de remobilisation dans les casernes et camps militaires pour dire aux militaires que ce qui est arrivé au chef de l’Etat ne devrait plus se répéter ; que les militaires au-delà des personnes qui incarnent les institutions de la république, devraient voir et respecter lesdites instutions. Il a par ailleurs parlé des travaux de construction et de restauration des camps et casernes entrepris par le CNDD et le gouvernement mais aussi de ce que l’eau et l’électricité qui sont entrain d’être rétablies dans Conakry.
Aujourd’hui, l’électricité est utilisée non plus à 25% mais à 75% des potentialités de l’alimentation électrique. Il n’ y avait pas d’eau pour tous, aujourd’hui, l’eau coule dans plusieurs robinets de Conakry. Ce sont des acquis. Voilà pourquoi, il a à nouveau condamné l’attitude de ceux qui ont tenté de perpétrer ce coup d’Etat et invité les soldats à se détourner d’un tel chemin. Il a promis une forte récompense à tous ceux qui retrouveraient Toumba et ses comparses en fuite. Une villa et 200.000.000 f guinéen vont récompenser ceux qui vont retrouver Toumba.
Quand Sekouba Konaté est rentré de son voyage du Liban, le gouvernement, le CNDD et tous les corps de l’armée étaient à l’aéroport pour l’accueillir. Dans le salon d’honneur, il nous a dit : rappelez-vous le serment entre militaires. On s’était jurés loyauté et fidélité. Ceux qui ont trahis le serment, devront payer.Nous serons là et nous devons attendre le Président. Que chacun aille sécuriser les populations.
En Guinée, dans un passé récent, il y a toujours eu des manifestations contre les prix élevés des denrées de première nécessité. Aujourd’hui, on note une accalmie. Quels sont les efforts entrepris par le CNDD et le gouvernement ?
Au moment de la prise du pouvoir du capitaine Dadis Camara, le prix du riz oscillait entre 250 et 300.000 f guinéen aujourd’hui,il est compris entre 120.000 et 130.000f guinéen. Avant le prix du riz n’était pas subventionné. Le CNDD et le gouvernement ont supprimé certaines taxes pour rendre le prix du riz accessible à un plus nombre de la population. Il n’ y a pas longtemps, avec 50.000 f guinéen, il vous était pratiquement impossible d’acheter sur le marché de quoi nourrir une famille.
Aujourd’hui avec 50.000f et 100.000f guinéen, vous repartez satisfait et avec tout ce que vous voulez. C’est dire que l’Etat a fait des efforts substantiels. Mais, c’est souvent que les commerçants créent volontairement l’inflation par le jeu de la spéculation. Nous avons une police et une gendarmerie qui surveillent la structure des prix pratiqués conformément aux prescriptions de l’Etat. Ceux qui transigent avec ces prescriptions, voient leurs commerces fermés automatiquement.
Quel est l’état de la coopération avec la Côte d’Ivoire où vous êtes pratiquement toutes les semaines ?
J’ai une éducation ivoirienne. La Côte d’ivoire est aussi ma patrie. La Côte d’Ivoire n’à rien avoir avec les autres pays africains, compte tenu de son niveau de développement. Ce pays a une grande zone industrielle.Au lieu d’aller en Chine, en Europe pourquoi ne pas traiter avec ces usines qui fabriquent de nombreux articles de qualité et variés. Nous avons ici petroci qui appartient à l’Etat de Côte d’Ivoire et qui fait aussi la fierté de toute l’Afrique. Pourquoi ne pas créer avec l’expertise de Petroci, Petrogui en Guinée ?
Ce n’est pas une honte de se faire aider par Petroci pour essayer de ressembler à la Côte d’Ivoire. Je viens souvent en Côte d’Ivoire que je connais, pas pour traiter des affaires personnelles mais pour parler coopération avec le gouvernement et les ministres techniques ivoiriens. Nous avons approché également la CEI pour nous aider à construire notre système électrique en Guinée.Je vous apprends que j’ai également ici de la famille. Ma mère notamment vit ici à Abidjan.
Dans cette crise politique en guinée, quelle a été la contribution des pays de la sous-région et notamment de la Côte d’Ivoire ?
J’ai beaucoup apprécié et aimé la dernière déclaration du Président Laurent Gbagbo devant les journalistes quand il est passé à la tribune «Invité des rédactions de fraternité-matin ». Il a demandé que tout le monde soutienne la médiation de Compaoré et que l’on donne toute sa chance à cette médiation burkinabé. Il a foi en cette médiation et il recommande qu’on l’accompagne positivement Nous avons beaucoup aimé cela à Conakry.
Le Chef de l’Etat Dadis Camara a beaucoup d’admiration et une très grande affection pour le Président Laurent Gbagbo, qui a un franc parler mais qui est aussi très politique et auprès de qui, on peut apprendre beaucoup de choses. Il faut reconnaître aussi que la Côte d’Ivoire a une position géographique très stratégique non seulement pour la guinée mais aussi pour la sous-région. Puisque nous sommes voisins de la Côte d’Ivoire, il nous apparaît indispensable de coopérer avec la Côte d’Ivoire et aussi avec son chef que nous admirons beaucoup comme un grand homme d’Etat.
Interview réalisée par Franck A. Zagbayou
Source: Fratmat.info |
  Rubrique: Interview  date: 26-Dec-2009 à 19:32:53  Partager:   :  |
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