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Transition:le piège "mortel" du Capitaine Dadis...

Les rideaux sont tombés à Ouagadougou, devenue depuis lundi la ville de l’espoir pour les Guinéens de tout bords!Sans surprises, les forces vives ont exigé le départ de Dadis. Et tout porte à croire que ce n’est plus qu’une question de temps. Il y a quelques jours, le virulent « griot » de notre Dadis national, Idrissa Chérif a fait une déclaration quasi-prophétique : "Nous avons plus de pression extérieure, alors qu'à l'intérieur, il n'en est rien(...)C'est la pression intérieure qui est la plus importante".Cet aveu de ce griot de la junte devenu ministre auprès de Dadis et Konaté cache en réalité une double crainte du Capitaine Dadis dont le Kibanyi est plus que jamais fragilisé par des menaces internes. Voyons de plus près le piège mortel de notre Dadis national qui risque de laisser sa peau …
Une armée indisciplinée, cruelle et …gourmande
C’est un secret de polichinelle à Conakry, notre Dadis national n’a plus rien à perdre depuis le 28 septembre dernier. Craignant pour sa vie, il fait une fuite en avant en recrutant tous azimuts des mercenaires sud africains, israéliens et ukrainiens pour former ses milices pour mieux contrôler l’armée et….sauver sa peau. A Forécariah, plusieurs sources ont confirmé l’existence de camps d’entraînement des nouvelles recrues de Dadis, pour faire taire les opposants et museler l’armée. Mais déjà les mauvaises langues voient d’un mauvais œil cette démarche de notre Dadis national qui risque d’embraser le pays avec le scénario libérien où des chefs de milices dictaient leur loi par la force du fusil. Cependant, ce jeu mortel auquel se livre le chef de la junte risque de lui coûter plus cher que prévu…
Primo, l’arrivée de ces mercenaires a crée un climat de méfiance et de …jalousie entre nos militaires même si notre Dadis national a promis de grader tout le monde pour calmer les esprits. Histoire de faire la fête dans nos casernes. Mais le hic, c’est le prix à payer pour former ces milices et les mercenaires qui coûtent une fortune au budget de Dadis. Sans oublier bien sûr leur entretien. Evidemment ça crée des jaloux parmi les militaires dont le seul lien avec Dadis reste….le fric ! De l’aveu même de notre Dadis national, un soldat peut dire merde à un Colonel(SIC). Et comme les sanctions internationales s’amplifient, tout porte à croire que les ressources vont manquer pour payer nos lakoudous. Actuellement, le grand frère Kadhafi, voire la manne chinoise (7 milliards de dollars) et les marchands d’armes libanais (Roda Fawaz notamment) permettent à notre Dadis national de payer ses soldats. Inutile de rappeler que le moindre retard dans le payement des primes sera sévèrement « puni » par nos soldats qui adorent se parader dans les rues pour réclamer leurs soldes ! D’ailleurs notre Dadis national en sait quelque choses avec les multiples mutineries qui ont fait trembler le Kibanyi de son « père spirituel », le défunt Général Conté. Et puisque Dadis n’a aucun charisme, aucune légitimité sur ses frères d’armes, toute mutinerie contre son régime risque de lui être fatale. Habitués aux petits privilèges, nos soldats ne pardonneront pas à leur chef s’il retarde leurs primes. Pris à son propre piège, notre Dadis national doit désormais graisser la patte à tous nos lakoudous, ses milices et mercenaires en veillant à ce que chacun ait sa part du gâteau, sinon….ça pète ! Et oui mon capitaine, qui règne par les armes, périra par les armes…
Secundo, depuis son arrivée au Kibanyi présidentiel, notre Dadis national cherche à se libérer de ses « compagnons et proches « du CNDD.Malgré ses liens d’amitié avec certains membres de la junte( le Général Konaté, Claude Pivi et autres…), le chef de la junte est rattrapé par une une triste réalité du pouvoir :on ne gouverne pas avec ceux qui nous connaissent trop !Bien entendu, notre Dadis national s’active désormais à écarter tous ceux qui ont contribué à son maintien dans le fauteuil présidentiel. Et les signes de cet effort de notre Dadis national ne manquent pas de susciter des craintes parmi ses vieux compagnons. Tenez, la « brute » Claude Pivi qui a personnellement menacé tout ceux qui s’oppose au choix sur Dadis pour diriger la junte, est devenue un « machin inutile » pour notre Dadis national. Nommé ministre chargé de la sécurité présidentielle, Pivi a désormais entre les pattes, l’aide du camp du chef de la junte, le "boucher" Toumba Diakité. Et comme par hasard, tout porte à croire, que notre Dadis national attend la fin de la « tempête » pour supprimer Toumba accusé par tous d’être l’artisan du massacre 28 septembre ! Pour le Général Sékouba Konaté, même scénario !Avec l’arrivée des mercenaires étrangers, la formation des milices ethniques à la solde de Dadis, le Général Konaté n’a plus les mains libres sur l’armée, malgré son poste de ministre de la défense !Pour couronner le tout, dans son discours adressé à la nation, le Capitaine Dadis a clairement affiché son intention de gouverner seul en utilisant à outrance le « Je » au lieu du « Nous ».Extraits :Parlant de la prise du pouvoir par la junte, le Capitaine Dadis a volontairement « oublié » ses compagnons :" En décembre 2008, j’ai trouvé un Etat en déliquescence, des institutions discréditées, des caisses vides, un Etat au bord de la faillite. La Guinée était au bord de la dérive."
Parlant des actions de son régime, Dadis enfonce le clou :" J’ai rétabli l’autorité de l’Etat et sauvegardé l’intégrité du territoire national. De même j’ai mis fin au pillage de nos richesses nationales. J’ai refusé de transiger avec les pilleurs. J’ai forcé certains d’entre eux à restituer au peuple guinéen ce qu’ils lui avaient volé. J’ai déclenché des enquêtes, toujours en cours, sur la gestion des deniers publics pratiquée par d’autres.(...)".Ses compagnons du CNDD apprécieront…Evidemment, dans sa volonté d’écarter progressivement ses compagnons de route, notre Dadis national risque d’être surpris. Au moindre soupçon de trahison (surtout que les offres d’exil pour Dadis sont connues au Camp Alpha Yaya) ,ses compagnons comme des hyènes feront le « sale boulot » avant que Dadis ne s’occupe d’eux !Et oui, mon capitaine, qui règne par les armes, périra par les armes…
Une population affamée et imprévisible…
A Conakry, comme dans beaucoup de villes guinéennes, les populations guinéennes espèrent (sans trop y croire) que le médiateur Compaoré finira par ramener le soldat Dadis à la raison. Seulement, si les négociations diplomatiques s’éternisent deux facteurs risquent de jouer un vilain tour à notre Dadis national.
Primo, l’inflation et la hausse des prix sur le marché aggravent la colère des Guinéens qui n’ont plus rien à mettre dans la marmite. Mêmes les forces vives guinéennes ne peuvent freiner cette colère indescriptible des Guinéens qui voient leur situation se dégrader au jour le jour ! Avec les sanctions internationales, la situation risque de s’empirer. Bien entendu, certaines mauvaises langues ricanent puisqu’aujourd’hui une chose unit les Guinéens : la pauvreté qui brise toutes les considérations ethniques et régionalistes Dans leur malheur au quotidien, les Guinéens n’hésiteront pas à se retourner contre Dadis et sa junte s’ils ne trouvent plus rien à ….manger !Pire, à côté des sanctions internationales, notre Dadis national aggrave l’inflation (comme Mugabé au Zimbabwe), puisqu’il est obligé de graisser ses milices, troupes et ceux qui doivent l’applaudir Et le recours à la planche à billet, le payement de primes exorbitantes aux barons de son régime illustrent à suffisance le piège de notre Dadis national .Sans oublier la dévaluation de la monnaie guinéenne qui est la cerise sur le gâteau. Résultat, nos commerçants thésaurisent à fond (les banques ne sont pas sûres), les prix grimpent en flèche et nos pauvres ménagères n’ont plus de quoi nourrir leurs familles. Et dans les ménages, la colère gronde. Depuis le 28 septembre dernier, le prix d’un sac de riz de 50 kilos a augmenté de plus de 25 pour cent, celui d’un kilo de sucre d’environ 40 pour cent et celui d’un bidon de 20 litres d’huile de cuisson de 15 pour cent, selon des enquêtes sur les marchés à Conakry. Mais comme d’habitude les Guinéens vont enfin ouvrir les yeux pour découvrir l’incompétence chronique de Dadis et sa junte pour les sortir de leur galère. Hélas, Comme par hasard, il a fallu attendre une galère indescriptible pour que les Guinéens se révoltent contre le vieux Général Conté, après des années de Mamayas organisées par des groupes aussi opportunistes qu’hypocrites !Et bien tout porte à croire, que nos populations ne vont pas attendre les longs discours des uns et des autres pour réclamer leur pitance !Et une colère des populations dans les rues, risque de balayer le régime de Dadis déjà miné par l’isolement de la communauté internationale .Et oui mon capitaine, qui règne par les armes périra par les armes !
Secundo, depuis le 28 septembre dernier, les Guinéens attendent que justice soit rendue ! Cette soif de justice attise la colère des populations guinéennes qui ont compris que notre Dadis national est prêt à tuer des milliers d’autres pour sauver son Kibanyi. En protégeant les tueurs( même s’il est le premier responsable de la boucherie du 28 septembre), notre Dadis national multiplie les bourdes au lieu de calmer ses compatriotes !Tenez, mardi dernier le chef de la junte a organisé un « cirque » pour insulter toute conscience éprise de justice. Devant une cour suprême fantoche, des membres de la commission d’enquête mise sur place par Dadis ont juré d’ ….identifier tous les coupables du carnage du 28 septembre dernier !Et dire que les coupables sont connus de tous, cette parodie du chef de la junte montre son mépris pour la justice et les victimes de ce carnage. Et puisque notre Dadis national claironne que ce sont les leaders politiques qui sont « responsables » parce qu’ils ont désobéit à ses ordres, la colère contre l’injustice est à son comble. Même si notre Dadis national veut intimider les victimes à se taire, les populations guinéennes attendent le verdict de la commission d’enquête de l’ONU. Si la justice internationale traîne, le pire est à craindre même si le fatalisme et les discours religieux atténuent cette soif légitime d’une justice réclamée par les populations. Et une colère des populations risque de balayer le régime de notre Dadis national. Et oui, mon Capitaine, qui règne par les armes,périra par les armes…
En définitive, l’Histoire nous montre qu’aucun dictateur n’a réussi à résister à une pression externe et interne pour sauver son fauteuil. Depuis le 28 septembre dernier, notre Dadis national compte ses jours à la tête de l’Etat, piégé par son propre jeu. Au prix de graisser à vie des soldats qui le protègent uniquement à cause du fric, de ménager ses vieux compagnons de lutte, notre Dadis national traîne comme un boulet son armée devenue à la fois son ange gardien, mais aussi son pire cauchemar. Evidemment avec ses compatriotes, les carottes sont cuites. La misère et l’injustice dont souffrent les Guinéens risquent de balayer son régime. Seule alternative pour notre Dadis national, lâcher le pouvoir avec une amnistie pour ses vieux compagnons ( et tueurs).Un exil du côté de Tripoli est de plus en plus évoqué pour sauver le « soldat Dadis » et « pardonner » ses vieux compagnons. La bonne nouvelle pour notre Dadis national, c’est que la Libye (voire le Maroc) n’a pas signé le traité reconnaissant le Tribunal pénal international qui attend avec impatience de se pencher sur son « cas ».Encore faut-il que nos forces vives « lâchent du lest » et que « Dadis revienne sur terre » !Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 05-Nov-2009 à 20:46:53  Partager:   :  |
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