
Dans plusieurs Etats majors de partis politiques et au sein même de l’Union africaine tout comme au niveau de la CEDEAO, la question d’un Premier ministre avec pouvoirs étendus chargé de conduire la transition est de plus en plus évoquée. Au cas où malgré toutes les pressions le chef de la junte s’entêterait à garder son pouvoir.
Ceci, dans le but d’un compromis entre junte et Forces vives et qui pourrait éviter plus de souffrances aux populations premières victimes des sanctions.
Il est donc à parier que la question s’invitera aux négociations de Ouagadougou où depuis ce 03 novembre le médiateur Blaise Compaoré tente de convaincre les parties en conflit de reprendre le dialogue.
Même si la position des Forces vives reste ferme en ce qui concerne le départ du capitaine Moussa Dadis Camara, celle-ci pourrait se détendre si des garanties sont apportées quant à la nomination d’un Premier ministre avec pouvoirs étendus et chargé d’organiser des élections transparentes sans bien sûr faire acte de candidature.
Le sujet n’est pas nouveau et avait déjà été envisagé par les mêmes Forces vives en 2006 pour une transition au terme de laquelle le Général Lansana Conté devait céder le pouvoir.
Au finish de ces tribulations et après les événements de janvier et février 2007, une liste de quatre Premiers ministrables a été soumise au Général Lansana Conté. D’abord Mohamed Béavogui choisi par l’USTG et la Société civile, Saïdou Diallo choisi par la Société civile, Kabiné Komara par la Société civile également et Lansana Kouyaté par la CNTG.
Le Général Lansana Conté préférera Lansana Kouyaté qu’il connaissait mieux aux autres candidats non moins méritants. Mais à l’époque où la Loi fondamentale n’était pas suspendue et conférait au chef de l’Etat des pouvoirs étendus, le Premier ministre nommé s’est buté à la pertinence des lois. Un volet qui n’avait pas été perçu par les négociateurs et qui a occasionné des conflits de cohabitation jusqu’au départ inévitable du Premier ministre Lansana Kouyaté.
De ces Premiers ministres, Saïdou Diallo a servi sous Lansana Kouyaté et reste comptable de ce bilan et Kabiné Komara est l’actuel Premier ministre avec la gestion que l’on sait. De ces Premiers ministres de l’époque, seul Mohamed Béavogui choisi par les deux parties (syndicat et société civile) n’a pas fait la démonstration de ses talents même si une bonne réputation le précède.
Avec plus de garanties, le schéma de 2006 pourrait refaire jour et plusieurs personnes s’y activent déjà . Déjà des noms de Premiers ministrables comme Kerfalla Yansané (sur la photo) et Bah Ousmane sont cités. Mais ces deux candidats sont déjà disqualifiés par la nature même de leurs liens affectifs et politiques.
Il est peu probable que les partis politiques réunis au sein des Forces vives acceptent un adversaire politique comme Bah Ousmane à la Primature. Même si ce dernier s’engageait à ne pas être candidat, il est fort à parier qu’il manœuvrera à disqualifier Cellou Dalein Diallo avec qui il n’a pas d’atomes crochus. La nature belliqueuse de leurs relations est d’ailleurs un secret de polichinelle, Bah Ousmane ne manquant pas de vouer aux gémonies Cellou Dalein Diallo lors de ses sorties.
Quant à Kerfalla Yansané, ancien gouverneur de la Banque centrale, ses relations d’affinités avec le même Cellou Dalein Diallo est un autre motif de disqualification. Il sera immanquablement soupçonné par les autres partis politiques d’œuvrer en faveur du leader de l’UFDG. Car, l’on se rappelle que c’est au même Kerfalla Yansané que Cellou Dalein Diallo, alors Premier ministre, avait confié un marché de gré à gré portant sur l’audit de l’affaire Futurelec.
Futurelec à l’époque, avait douté de la partialité de l’auditeur et ne s’est pas prêté au jeu. Le ministre du Contrôle économique de l’époque, Kémo Charles Zgbélémou, avait estimé, à travers une lettre adressée au consultant Kerfalla Yansané, que son rapport qui était « incomplet » avait été « instrumentalisé ».
Kerfalla Yansané avait du reste refusé de collaborer avec les cabinets d’audit (FFA-Ernst and Young et Audit Guinée) qui avaient été par la suite choisis par l’Etat pour corriger les erreurs de Yansané et poursuivre les audits. Devant le refus de collaborer du consultant Yansané le ministre Kémo Charles Zogbélémou devait lui écrire : « … En raison de l’importance essentielle que revêt la solution de ce dossier dans la normalisation de nos relations avec les institutions de Bretton Woods, je voudrais vous inviter à transcender les états d’âme et les besoins d’ego afin de vous amener à accepter de vous soumettre au service de la Nation comme vous l’avez toujours fait pour qu’ensemble, nous puissions trouver une solution acceptable par toutes les parties et dans l’intérêt supérieur de notre pays… »
Comme on le voit, la nomination de Kerfalla Yansané au poste de Premier ministre chargé de gérer la transition ne manquera pas de soulever des vagues, car ce dernier sera immanquablement soupçonné de rouler pour l’UFDG. Quel Premier ministre alors pour gérer la transition au cas où… ?
Fatoumata Binta Bah
Source : ‘’Nouvelle Elite’’, partenaire d’Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 04-Nov-2009 à 11:38:19  Partager:   :  |