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Sidya Touré,leader de l'UFR:"Nous avons un impératif: le départ de Dadis et sa junte!"





L'ancien premier ministre Sidya Touré vient de séjourner à Ouagadougou où il a rencontré le médiateur de la crise guinéenne, le Président Blaise Compaoré.Porteur d'un message des forces vives avec l'ex premier ministre Lansana Kouyaté, Sidya Touré estime que le départ du Capitaine Dadis Camara est non négociable.Au micro de nos confrères burkinabés, le leader de l'Union des Forces Républicaines , fait le point de la situation en Guinée...

L’observateur-Paalga : Comment se porte Sidya Touré, puisque vous portez toujours les stigmates du 28 septembre comme cette cicatrice sur la tête ?

Sidya Touré : Physiquement, je suis remis. J’ai fait quelques contrôles à Abidjan. Ce qui est pour moi un problème aujourd’hui, c’est que je n’arrive pas à me défaire de ces images d’atrocité que j’ai vues ce jour-là, notamment les humiliations faites aux femmes. Je me dis que si c’est cela la Guinée, nous avons de réels problèmes. J’ai vu de véritables scènes d’horreur le jour du meeting du 28 septembre. Non seulement j’ai vu abattre des gens, par dizaines, mais au moment même où je me faisais malmener d’où cette grosse entaille sur la tête, j’ai vu des gens violer des femmes, introduisant des instruments contondants dans leur sexe, d’autres le faisant même avec des canons de fusil. J’avoue que je me suis senti mal, et à partir de là, je ne sentais plus rien jusqu’au moment où on nous a hospitalisés après moult discussions et après mes 5 points de suture à la gendarmerie.

Deux versions se contredisent à propos de ce lundi noir : la junte affirme que l’opposition a cassé des bâtiments publics, des commissariats et avait des velléités putschistes. Vous, vous prétendez que c’était une manifestation pacifique...

En tant que journaliste, vous devez prendre en considération toutes les versions. Mais je crois qu’il faut faire la part des choses. Quand on pille un commissariat, encore que je ne sache pas si, en Guinée, les commissariats ont des fusils ; ce n’était pas pour aller renverser un régime ; ensuite, si c’était vrai, on devait tirer sur des militaires. Moi, je n’ai pas vu de soldats morts à moins qu’on se soit tiré dessus ; enfin, si on veut faire un coup d’Etat, on ne va pas s’enfermer dans un stade, on prend les bâtiments administratifs d’assaut, ou la présidence. Là, il s’agissait d’une réunion à l’intérieur d’un stade bien fermé. Les gens étaient dans un espace confiné, je ne vois pas comment on peut faire un coup d’Etat dans ces conditions, même si nous étions nombreux.

Et puis, si vous connaissez le stade du 28-Septembre, vous savez qu’il se trouve très loin des bâtiments gouvernementaux. Le 28 septembre 2009, les Forces vives ont décidé de dire non à la candidature de Dadis à l’élection présidentielle. Il avait passé une semaine à faire campagne, et le jour même de notre meeting, il y avait un autre, qui était organisé ailleurs pour le soutenir. Que les gens n’y soient pas allés, ce n’était pas notre problème. D’ailleurs, Dadis et moi, on avait parlé de notre meeting à 1h du matin parce qu’il m’avait appelé pour me dire de reporter le rassemblement. Je lui ai dit non, car c’était tard ; il était 1 heure, et c’est à 8h que les gens allaient sortir. Je lui ai dit qu’à sa place, je laisserais les gens s’exprimer librement...

Au sujet de l’heure de cet appel, il y a également une polémique : le capitaine Dadis affirme qu’il vous a joint la veille, vous, vous parlez de 1 heure du matin...

Il m’a appelé exactement à 1h 04 mn le 28 septembre, donc il était impossible pour moi de faire quoi que ce soit. En plus, l’idée était l’expression populaire dans un stade, j’ai tout expliqué au président Dadis. Il n’a rien voulu comprendre.

Quelle est la situation actuelle en Guinée ?

Tout est paralysé, l’activité économique est complètement ralentie. Ceux qui le peuvent sont allés caser leur famille à Dakar, à Abidjan ou à Paris. Il y a une volonté réelle de la population de contester le régime en place. Par exemple, ces derniers jours encore, la junte a voulu faire sortir ses partisans, mais face à la détermination des forces vives, qui allaient faire sortir les populations, elle s’est ravisée.

La CEDEAO, au lendemain de ce massacre, a mandaté le président du Faso, Blaise Compaoré, comme médiateur dans cette crise. L’organisation sous-régionale et l’UA ont fait des injonctions à Dadis, restées sans effet à nos jours. Votre commentaire…

Dès que le médiateur a été nommé, il a fait le déplacement à Conakry (NDLR : 5 octobre), où il a rencontré tous les protagonistes. Nous estimons que la transition doit être différente maintenant, car il y a eu le 28 septembre 2009. Pour cela, nous pensons que les militaires doivent retourner au camp et des civils assurer la transition. C’est la position des Forces vives. Notre souhait, en rencontrant le médiateur, c’était de confirmer cette position. Les discussions n’ont pas commencé, mais nous exprimons au médiateur la totalité de notre soutien dans le travail qu’il a à faire. Mais la position des politiques, des syndicats, des confessions religieuses, et il est bon de rappeler cela, est que tous ne souhaitent plus que les militaires conduisent la transition.

Au fait, à quand le début des pourparlers, puisque vous venez, avec l’ex-PM Lansana Kouyaté, de rencontrer le facilitateur, Blaise Compaoré ?

Nous avons été délégués par nos camarades des Forces vives pour rencontrer le président du Faso, le gouvernement a envoyé aussi une délégation. Nous avons réaffirmé notre confiance au médiateur et lui avons renouvelé notre position. Pour le reste, c’est au facilitateur d’en décider.

Outre les positions de la CEDEAO, de l’UA, il y a que l’UE, les USA et même la CPI s’en sont mêlés. Ça corse la situation, n’est-ce pas, surtout pour le médiateur... ?

Je crois que c’est une question qu’il faut poser au médiateur (rires). Nous souhaitons avoir une nouvelle transition. Comment on va y arriver, c’est franchement le rôle du médiateur que de le dire. Les militaires se sont mis dans une situation indéfendable. Ce qui s’est passé le 28 septembre à Conakry se passe de commentaire. Moi, personnellement, j’ai vu les germes d’une guerre civile. Il faut étouffer cela dans l’œuf immédiatement. De quelle façon ? Je pense que le président Compaoré, qui a l’habitude de ces choses, saura nous trouver les solutions pour qu’on puisse faire en sorte que la Guinée, après 51 ans d’errements, finisse enfin par se retrouver.

J’insiste sur cette question : le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les questions politiques, Haïlé Menkarios, était récemment à Conakry pour diriger l’enquête sur les massacres du 28 septembre, il y a également tous ces oukases de la communauté internationale contre Dadis et la junte. N’est-ce pas une quadrature du cercle pour même un docteur ès crises comme Blaise ?

Il n’y a pas de guerre civile en Guinée. Il y a seulement une milice qui gère l’armée républicaine, pratiquement désarmée. C’est normal qu’il y ait des inquiétudes. L’attitude de la communauté, qui se durcit chaque jour, vient du fait que la répression du 28-Septembre est inexplicable et gratuite. Les humiliations, les assassinats ont exaspéré tout le monde. Les sanctions de l’UA, de la CEDEAO, tout cela est réglementaire. Quand vous avez de tels comportements, il y a des injonctions. Pour la médiation, je le répète, le président Compaoré a reçu mandat de la CEDEAO. Je pense qu’il aura le soutien de l’UA et de l’UE pour conduire cette médiation. Une médiation qui doit aboutir, pour nous, à un retour en Guinée d’un régime civil.

Concernant les massacres du 28 septembre 2009, des noms de proches de Dadis ont été jetés en pâture : son neveu Kourouma, gendarme de son état, et surtout son aide de camp, Aboubacar Diakhité dit “Toumba”. En attendant la conclusion des enquêtes, vous, qui étiez au stade, confirmez-vous ces accusations ?

Bien sûr, puisque effectivement, nous étions au stade. Ce sont eux qui y sont entrés, avec les militaires, qui ont tiré, et ils tiraient à hauteur d’homme. Ce n’était pas d’autres personnes. La Guinée n’est pas un grand pays, tout le monde s’y connaît. Les gens connaissent “Toumba”, Kourouma, Tiégboro Camara (NDLR : ministre chargé de la Lutte contre le grand banditisme et la drogue) et même un autre neveu de Dadis du nom de Marcel ; tous étaient au stade avec les tireurs. De même, ce sont eux qui ont ordonné aux militaires de venir nous appréhender. Nous, les leaders, étions à la tribune du stade. Quand on nous a appréhendés, et après un passage à tabac, c’est dans la voiture de “Toumba” qu’on nous a amenés à la gendarmerie.

Confirmez-vous aussi que Claude Pivi, le ministre chargé de la Sécurité présidentielle, celui-là même qui aurait installé Dadis au pouvoir en décembre 2008, était invisible au stade ?

Exact. Pivi n’était pas là. Et à mon avis, il a deviné ce qui se tramait et a voulu prendre ses distances. Ceux qui étaient au stade, c’est ceux dont j’ai cité les noms plus haut.

Alors même que vous étiez reçu à Kosyam par le médiateur (19 octobre 2009), Dadis réaffirmait qu’il faut que Blaise tienne compte de sa candidature. Preuve que le chef de la junte n’en démord pas à votre avis ?

Nous sommes opposés à cette candidature. Notre demande va au-delà de cette candidature. Nous demandons son départ. En attendant, le délai prescrit par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA est dépassé, et, à la prochaine réunion, nous verrons si des sanctions vont tomber.

Comment les forces vives entrevoient la configuration du Conseil national de transition (CNT), qui doit être mis en place ?

C’est prématuré de se prononcer sur cet organe. Cela va être le travail du médiateur. Je ne peux rien dire à ce sujet. L’essentiel pour nous est que les militaires ne soient pas partie prenante à cette transition et que nous ayons des élections libres et transparentes, des résultats issus de la volonté populaire, qui permettront à la Guinée de repartir vers des lendemains meilleurs.

Est-ce qu’aujourd’hui les opposants guinéens sont réellement unis ?

Oui, puisque nous poursuivons le même but, le départ des soldats et la tenue d’élections acceptées par tous...

Pas de guerre de leadership, comme cela était perceptible il y a quelques mois ?

A l’époque, on avait des divergences sur beaucoup de sujets : l’existence d’un Conseil national de transition, la tenue de la présidentielle avant ou après les législatives... Tout cela constitue un débat classique au sein de partis politiques, chacun avait son idée dessus. Aujourd’hui, ce débat est dépassé. Nous avons un impératif : le départ de Dadis, et il n’y a rien à faire à ce sujet, il doit partir ; ainsi que la tenue d’élections acceptées par les Guinéens.

Interview réalisée par Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
Source :L’Observateur Paalga


  Rubrique: Interview  date: 21-Oct-2009 13:24:16  Partager:   :

 

 
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