[IMG1] Chers amis lecteurs,La semaine dernière a vu se terminer le ballet des passations de service et la mise en marche du Gouvernement de Lansana kouyaté. Dans ce ballet, l’on a retenu une figure particulièrement intéressante ; celle de la passation de service au ministère de la défense.
Au camp Samory Touré, le ministre sortant le Général Lansana Conté a « passé la main » au général Arafan Camara. Pour une fois que Sana kouyé passe la main, le déplacement en valait la peine, alors tout le gratin de la grande muette a fait le déplacement pour se voir présenter leur nouveau chef.
Cette passation intervient, quelques semaines après les douloureuses journées de janvier février qui ont coûté la vie à plus d’une centaine de personnes dans les rues de Conakry. Journées qui ont terni considérablement l’image des forces armées guinéennes.
Tout compte fait, nos bidasses et leur tout nouveau chef ont du travail, une nouvelle bataille à engager, celle de faire la différence entre les bandits et les militaires de carrière. Séparer la graine de l’ivraie : Faire toute la lumière sur les événements de janvier 2007 et faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais.
Chers amis lecteurs, que ce soit clair, ce n’est pas toute notre armée qui est mauvaise, mais son encadrement, et surtout certaines recrues.Quand je sais que la plupart des recrues de l’armée depuis 1990 l’ont été parce qu’ils ont échoué au cursus scolaire ou parce qu’ils étaient des enfants difficiles, je ne suis pas étonné des exactions commises sur les populations guinéennes.Finie la grande gloire et les combattants guinéens de l’indépendance qu’on a vu en Angola, au Congo, au Mozambique, en Algérie etc.
De nos jours, les plus hauts-faits de guerre de nos soldats sont : le racket, le viol, le vol et même l’escroquerie et l’abus de pouvoir.
Les jeunes Guinéens se souviennent encore des célèbres opérations militaires tactiques dénommées « monté- monté » (opération qui consiste à embarquer tout citoyen que l’on croise la nuit pour les soumettre le lendemain, à des corvées dans les casernements). Ah ces bidasses ! Ils sont des milliers et ils n’ont qu’une seule idée, celle du chef !
Eh oui, fini les temps ou l’uniforme kaki attirait des regards admiratifs. Fini les parades militaires ou les chanson- hommage à la Demba Camara.
Chers amis lecteurs, ceci montre la profondeur du divorce entre les populations et son armée. Les centaines de familles endeuillées par les balles de ses militaires ruminent encore leurs chagrins, au même titre que ceux des folles journées de juillet 1985, au lendemain du prétendu « coup Diarra » et du cinglant WOFATARA. Ou encore des cas isolés de militaires. Car des cas isolés, il y en a bien eu : des arrestations arbitraires aux nombreux cas d’abus de pouvoir, les civils continuent encore de payer les frais.et le gouffre se creuse de plus en plus entre la première institution de notre république et sa population.
De la réduction du budget militaire, à l’application rigoureuse du statut de l’armée, en passant par le bulletin rouge, il y a de quoi donner des cheveux gris au plus jeune général des FAG. Les avancements arbitraires en grade, la formation des sous-officiers, la professionnalisation de notre armée requièrent bien plus que des mots, mais de véritables actes et ces actes doivent être posés maintenant ! Histoire de redorer un blason taché de sang guinéen.
À la semaine prochaine !
Alpha Bacar Barry
Rédacteur en chef
d'Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 10-Apr-2007 à 13:51:16  Partager:   :  |