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François Fall du FUDEC:"Pour ramener la paix en Guinée, il faut que Dadis accepte de partir"





Deux semaines après le massacre du 28 septembre à Conakry, le bras de fer continue entre les forces vives et la junte du Capitaine Dadis Camara.Pour l’ancien Premier ministre François Lounseiny Fall, la démission du Capitaine Dadis Camara est une solution pour sauver la paix en Guinée.Dans un entretien exclusif qu’il nous a accordé,François Fall a regretté les actes inhumains des militaires à l’égard du peuple de Guinée. Le leader du Front uni pour la démocratie et le changement(FUDEC) estime que l’envoie d’une force internationale d’interposition est nécessaire et même indispensable....

Africaguinee.com : Bonjour M.Fall. Mardi, l'aide du camp du chef de la junte , le lieutenant Toumba Diakité a déclaré qu'il n'était pas "responsable du carnage du 28 septembre" et qu'il avait même sauvé la vie de certains leaders politiques. Votre réaction sur cette version des faits ?

François Lounseiny Fall : Nous n’avons pas dit que le Lt Toumba était responsable du carnage et de la boucherie qui se sont passés au stade le 28 septembre dernier. Nous avons dit et nous réaffirmons que Toumba était à la tête des troupes qui sont intervenues le 28 septembre au stade. C’est sous la commande de Toumba que toutes les actions : tueries, viols et autres crimes ont été commis.

Aussi, je peux confirmer, tout comme les autres leaders politiques qui étaient avec moi au stade ce jour, qu’après avoir fini avec la foule, c’est Toumba lui-même qui est monté à la tribune pour nous mettre en état d’arrestation et nous laisser dans les mains des bérets rouges qui nous frappaient. A aucun moment nous n’avons senti sa protection. Nous n’avons pas senti qu’il était là pour assurer notre sécurité ou pour nous sauver la vie.

Au contraire, les militaires (ses subordonnés) nous ont frappés devant lui. La preuve est là ! Tous les leaders politiques étaient ensanglantés. Nous avons été blessés à la tête, aux bras et un peu partout. C’est à la suite de cela que Toumba lui-même nous a traîné dehors.

Après tout le carnage, on nous a conduit à la clinique Amboise pour des soins. Ce qui n’a d’ailleurs pas été possible. Puisque lorsque nous y sommes arrivés, un des bérets rouges qui nous ont battus a sorti une grenade et a menacé de faire exploser la clique si quelqu’un essayait de nous soigner. C’est après tout cela que Toumba nous a jeté dans les mains de la gendarmerie.

Vous affirmez récemment que ce sont des militaires bérets rouges avec des ex rebelles de l'ULIMO qui ont tiré sur les manifestants et commis des viols. Mais la junte du Capitaine Dadis a démenti vos propos en accusant les leaders de l'opposition. Qu'en pensez-vous ?

Je crois que si les autorités elles-mêmes ont indiqué que les leaders politiques ont envoyé le peuple à la boucherie, c’est qu’il y a eu effectivement une grande boucherie (humaine). Et puisque donc il y a eu cette boucherie, il faut qu’on nous dise qui étaient les bouchés et qui étaient les moutons et les vaches à abattre.

Il n’y a pas de doute, c’est le peuple qu’on abattait. Et moi je peux vous affirmer que c’étaient les bérets rouges de la garde présidentielle qui intervenaient. A part Toumba, nous avons reconnu plusieurs autres hauts responsables de l’aide du camp de Dadis Camara comme : Théodore Siba (neveux de Dadis), Martel, Matoumbé et beaucoup d’autres. Je n’ai pas vu Pivi de mes propres yeux. Mais des sources indiquent qu’il n’était pas loin. Tous, très proches de Dadis. Ils ont, devant nos yeux, tiré à bout portant sur les foules, violé et torturé les femmes. Ils ont tué beaucoup de gens devant nous.

Notre armée est infiltrée par des ex-rebelles du Libéria et de la Sierra Léone (LILI MO). Ces derniers sont à la disposition de certains chefs de l’armée. Ces ex-rebelles font partie des bérets rouges qui ont perpétré ces massacres. (…) Ces crimes odieux, ces viols… sont à condamner.

Les bérets rouges qui ont perpétré ces tueries n’étaient pas des gens normaux. C’étaient des drogués. Ils étaient mortellement ivres. C’étaient des psychopathes qui tiraient sans discernement sur tout ce qui bougeait. Les méthodes utilisées au stade le 28 septembre dernier ne ressemblent qu’à celles des guerres du Libéria et de la Sierra Léone.

La Guinée ne connaissait pas des actes de ce genre (barbaries, massacres, viols collectifs…) avant. Il a fallut que ces rebelles s’infiltrent au sein de notre armée pour que cela arrive.


Suite aux revendications des forces vives, la junte a annoncé mercredi soir la création d'une commission d'enquête nationale sur la tragédie du 28 septembre. Peut-on parler d'avancement vers le dialogue entre la junte et les forces vives ?



On ne peut pas parler de dialogue aujourd’hui. Je pense que le dialogue est rompu. Les viols des femmes et les massacres du peuple sont des facteurs qui ne nous encouragent pas. Ces actes ne peuvent pas encourager le dialogue.



La création d’une commission nationale d’enquête ne nous intéresse pas. Nous avons demandé l’établissement d’une commission internationale d’enquête. Nous ne voulons pas d’une commission nationale qui sera soldée par le cndd. Nous voulons une commission internationale. Nous voulons la vérité des faits sur tout ce qui s’est passé. Nous voulons qu’une commission internationale vienne faire la lumière des massacres pour situer les responsabilités, démasquer les auteurs et les traduire en justice, aussi bien ceux qui ont commis (directement) les crimes que les commanditaires.



Ils ont dissimulé les corps pour essayer de diminuer le nombre des victimes. Ils n’ont voulu présenter que (presque) les corps de ceux qui sont morts par asphyxie. Les corps de ceux qui ont été tués par balles ne sont pas retrouvés. Mais, naturellement, tous les disparus sont des gens qui ont été tués par balles et qu’ils ont fait disparaître. Des sources indiquent que certains corps ont été jetés dans la mer et d’autres enterrés dans des fossés.



De toutes les façons la vérité viendra. On saura toute la vérité un jour. Les familles des victimes ont déjà commencé de donner les noms des disparus. On va savoir les noms et surtout le nombre de ceux qui sont effectivement partis au stade le 28 septembre et qui ne sont plus revenus.


Le haut commissaire aux droits de l'Homme, Mme Nancy Pillay a annoncé l'arrivée à Conakry d'une mission d'enquête internationale sur les massacres du 28 septembre à Conakry. Votre réaction sur cette décision des Nations Unies...



Le haut commissaire aux droits de l’homme est chargé de la promotion des droits des citoyens du monde. Si donc celui-ci désigne une mission d’enquête internationale sur les massacres, c’est que l’alerte a été donnée par le secrétaire général des nations unies. C’est excellent.



Cela veut dire que la communauté internationale s’intéresse à ce qui se passe actuellement en Guinée. Cela veut dire aussi que les crimes doivent être punis. Il ne peut pas y avoir de crimes de ce genre sans que la communauté internationale ne réagisse. C’est le travail de la communauté internationale de juger et punir les crimes contre l’humanité.


Les forces vives guinéennes ont exigé le départ de la junte du Capitaine Dadis comme préalable à tout dialogue. Pensez-vous qu'un gouvernement d'union nationale initié par les forces vives sera reconnu par la communauté internationale ?



Les forces vives et beaucoup de gouvernements de pays du monde ont demandé le départ de Dadis. Dadis est arrivé au pouvoir par la force des armes (par un coup d’Etat militaire). Donc ce n’est pas un pouvoir légitime.

Les événements du 28 septembre incitent le peuple, les forces vives et la communauté internationale de demander le départ du cndd. Nous souhaitons que le cndd parte pour que nous puissions organiser les élections dans les conditions normales.


Le chef de la junte, a confié récemment à Me Abdoulaye Wade qu'il craignait pour sa sécurité s'il se retire du pouvoir. Est ce qu'un compromis est possible au niveau des forces vives, pour offrir une sortie honorable à la junte ?


Notre volonté a toujours été que Dadis ne soit pas candidat. Nous lui avons conseillé de ne pas imiter les exemples des deux Généraux Robert Guy de la Côte d’Ivoire et Abdel Aziz de la Mauritanie.

Nous lui avons dit que le bon model (aussi bien pour lui que pour la nation), qu’il a d’ailleurs choisi lui-même et surtout librement dès le départ, était celui d’Amadou Toumani Touré du Mali. Nous l’avons longuement invité à être le ATT de la Guinée. Maintenant il a raté cette sortie (cet honneur).



Aujourd’hui notre objectif est de ramener la paix dans notre pays. Pour ramener la paix en guinée, il faut que Dadis accepte de partir. S’il accepte de partir, la communauté internationale va l’aider à trouver une sortie. Voila le prix à payer pour la paix et la quiétude en Guinée.



Puisque cette bande armée et droguée qui tourne autour da Dadis n’a pas hésité de tirer sur le peuple, un jour elle se retournera contre lui. Dadis lui-même est en danger en vivant avec des hommes de cette espèce. Pour une élection apaisée, il faut qu’une force internationale d’interposition soit rapidement déployée en guinée. Ensuite on fera la reforme de l’armée.


Aujourd'hui l'idée d'une force d'interposition en Guinée inquiète certains compatriotes. Est-ce une solution face à l'armée guinéenne ?



Quand on voit ce qui s’est passé, on se rend compte que le peuple de Guinée est livré à un danger de mort (celui des soldats de son armée). Dans un devoir de protection humanitaire, il faut qu’il y ait une force internationale d’interposition. C’est uniquement cette force qui pourra intervenir, non seulement pour protéger le peuple mais aussi les institutions de la transition.



Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans l’histoire des pays africains. Ce qui a marché dans d’autres pays, marchera en Guinée. Aujourd’hui nous avons vraiment besoin d’une force internationale d’interposition. Si Dadis lui-même, en tant que commandant en chef des forces armées, dit qu’il ne contrôle pas sa troupe, c’est grave.



Heureusement il y a des oreilles attentives au niveau des nations unies. De grands pays œuvrent déjà pour un déploiement de forces d’interposition. Un chef de l’armée est toujours responsable de ses troupes. On ne devient pas chef pour rien. Quand on est chef on est responsable de tous les agissements de sa troupe.



Dadis ne peut pas dire qu’il ne contrôle pas son armée. Puisque ce sont eux qui ont recruté ces hommes. Ils ne leur ont pas donné la formation nécessaire. Ils les ont recruté pour mâter le peuple de Guinée. Ce sont ces gens qui ont tiré à bout portant sur les foules le 28 septembre. La responsabilité incombe au Président du cndd et aux membres du gouvernement. Ils endossent l’entière responsabilité.



Un chef incapable d’endosser la responsabilité de son armée doit démissionner et laisser la place aux hommes compétents. Nous sommes désolés de constater que Dadis est responsable de ces agissements (massacres) du 28 septembre.


La communauté internationale est au chevet de la Guinée. En tant que diplomate, quelles solutions préconisez vous pour éviter à notre pays, un autre carnage ?


Oui ! Il y a eu vraiment et malheureusement de carnage le 28 septembre. Cela est très dommage pour l’histoire de notre pays. Nous avons perdu beaucoup de personnes. Des femmes ont été violées et torturées. Il y a eu énormément de blessés. Toutes ces personnes étaient innocentes. Elles manifestaient dans un stade fermé. Elles ne s’attaquaient à aucun édifice public et ne détruisaient absolument rien.



Ce sont ces personnes innocentes qui ont été sauvagement abattues sous nos yeux. Si la communauté internationale, consciente de cela, décide de nous aider, nous nous réjouissons. Aujourd’hui tous les ingrédients d’une guerre civile sont là. Il faut tout faire pour l’éviter. Il faut se mettre au service du pays pour éviter cette guerre (évidement par de gros efforts).



Il faut immédiatement prendre des mesures pour éviter à la Guinée ce qu’ont connu le Libéria, la Sierra Léone, le Rwanda… Je crois que c’est ce souci qui fait que la communauté internationale, l’union africaine, la CEDEAO… ont les yeux braqués sur la Guinée.

Les images qui se bousculent aujourd’hui aux médias du monde entier ne font pas honneur à notre pays. Il faut donc que les Guinéens se ressaisissent. Il faut que les dirigeants actuels comprennent que la paix n’est possible que par leur dissolution.



Etre patriote c’est œuvrer pour la paix dans son pays. Il faut qu’on sache que le sang qui a été versé ne le sera pas en vain. Je demande donc à la junte de partir honorablement et laisser le peuple choisir librement son Président.


Avant de terminer, un message pour les populations guinéennes ?

Je voudrais tout d’abord m’incliner pieusement devant la mémoire de toutes les victimes qui sont tombées le 28 septembre. Je voudrais partager la peine de leurs familles. Je compati à la douleur de toutes les familles qui ont eu leurs membres battus, torturés, blessés, disparus, tués… Je partage leurs peines et exprime sincèrement ma compassion.

Je voudrais aussi dire au peuple de Guinée que la liberté s’arrache. Le prix à payer est toujours cher. (…) Tous les pays qui ont obtenu la liberté l’ont payé très cher. Nous ne devons donc pas nous décourager.



Nous devons obtenir la démocratie dans notre pays. Car dans la démocratie il n’y a pas de barbarie, de violence, de viol collectif, de tuerie… Dans la démocratie il y a le respect des droits de l’homme et de la dignité humaine. Dans la démocratie il y a aussi le progrès et le bien être.

Voilà la volonté et l’objectif de l’ensemble des forces vives guinéennes. Lorsque nous atteindrons cet objectif, le développement durable et la prospérité de tous les Guinéens seront possibles. Les Guinéens pourront goûté le bonheur et vivre dans la paix, la quiétude, la concorde…


Le 28 septembre dernier était une étape ! Le 28 septembre 1958 la Guinée a dit non à la colonisation ! Le 28 septembre 2009 elle a dit non à la dictature militaire. Nous continuerons et nous vaincrons le combat.



J’exhorte à tous les Guinéens d’intérieur et d’extérieur à s’unir et à se donner la main pour éviter de tomber dans le piège de l’ethnocentrisme, fléau qui ne nous mènera nulle part ailleurs qu’à la guerre. Les Guinéens doivent savoir qu’ils sont tous Guinéens et frères. Le pays nous appartient tous.

Il n’y a aucune différence entre ceux de la Basse Guinée, de la Moyenne Guinée, de la Haute Guinée et de la Guinée Forestière. Nous sommes tous des fils d’un même pays. Bâtons-nous pour faire de notre nation, un pays de paix, de progrès et de développement.



C’est un moment de tristesse ! Mais c’est aussi un moment d’espoir ! Puisque après les larmes, nous allons récolter les fruits. Soyons rassurés que demain sera plus radieux qu’aujourd’hui.

Que Dieu bénisse la Guinée.

Interview réalisée par Abdourahamane Bakayoko

Depuis Conakry pour Africaguinee.com

Tel : +224 62 600 600



  Rubrique: Interview  date: 11-Oct-2009 à 19:52:28  Partager:   :

 

 
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