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Jean-Marie Doré, leader de l'UPG:"Je demande au peuple de Guinée de continuer à soutenir ses leaders





Le 28 septembre 2009 la Guinée a connu des massacres sans précédents, perpétrés par des militaires au stade. L’opposant Jean-Marie Doré qui a vécu ces évènements ne cache son inquiétude sur la suite de la transition dirigée par la junte du Capitaine Dadis Camara. Au micro de notre reporter, le leader de l’Union pour le progrès de la Guinée(UPG) salue la venue du médiateur Blaise Compaoré et invite ses compatriotes à la retenue pour éviter le chaos dans le pays…Exclusif !

Africaguinee.com : Bonjour M. Doré. Comment avez-vous vécu les évènements de lundi dernier ?

Jean-Marie Doré : J’ai vécu ces événements dans une ambiance d’anxiété. En voyant tout ce déploiement militaire au stade ; en voyant tous ces meurtres perpétrés par des militaires ; en voyant ces massacres injustifiables, j’ai vécu ces évènements comme tous les Guinéens. Aujourd’hui je suis très inquiet pour le Président Dadis et pour le peuple de Guinée.

Comme d'autres leaders politiques, vous avez subi des exactions de la part des militaires. Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?
Je suis en train de penser mes plaies. Ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est surtout la vie de mes militants et militantes. Je pense aussi à la vie de mes militants et de tous les citoyens qui sont morts ou blessés pendant ces douloureux évènements. Quant à moi, je ne peux rien préjugé sur mon état pour l’instant car certaines blessures sont profondes.

Malgré plusieurs témoignages et preuves, le chef de la junte insiste que ce sont les leaders politiques qui sont responsables de ce massacre. Votre réaction ?

Je ne suis pas d’accord ! Je ne suis pas d’accord avec le chef de la junte. Parce qu’on était en négociation pour obtenir l’évacuation calme de la manifestation. Les gendarmes et les policiers auxquels je rends hommage étaient en train de faire correctement leur travail avec à la tête, le ministre chargé des services spéciaux et de la lutte contre la drogue et le grand banditisme Commandant Moussa Tiégboro Camara.

L’irruption des bérets rouges nous a surpris. les bérets rouges sont venus ouvrir le feu sur tout le monde. Ce sont donc ces bérets rouges qui sont responsables. Sont responsables, ceux qui ont pris les fusils, tiré sur la foule et tué les gens. Je ne vois pas comment les forces vives peuvent-elles être responsables de quoi que ce soit ; vu qu’elles n’ont tiré sur personne.

Aujourd'hui le dialogue est rompu avec la junte. Quelles solutions proposées vous, avec l'arrivée prochaine du groupe de contact international en Guinée ?

Le groupe de contact international ne viendra pas en Guinée. La prochaine session se déroulera à Abuja. De toutes les façons, il faut se préparer encore pour rétablir le dialogue. Parce que toute crise, quelque soit sa nature, fini par le dialogue. Il faut obligatoirement dialoguer. Peut être le rapport des forces vives va changé. Mais il faut toujours discuter.

C’est pourquoi d’ailleurs les sourds et les muets ne peuvent pas faire la politique. La politique, c’est la parole. Donc puisqu’on fait la politique et puisqu’on sait parler, il faut dialoguer. Vous ne verrez jamais un sourd être un leader politique ou un chef d’Etat.




Une source d'inquiétude reste aujourd'hui l'armée que le capitaine Dadis avoue ne pas "contrôler". Comment voyez-vous cette situation avec l'enrôlement probable d'ex rebelles dans notre armée ?

On ne doit pas enrôler des étrangers dans l’armée Guinéenne. L’armée Guinéenne ne doit être composée que des citoyens Guinéens (toutes ethnies : soussou, peulh, malinké et forestière confondues). Mais il ne doit pas y avoir d’étrangers dans notre armée nationale.
Si cela arrive c’est que nous ne sommes pas un peuple. Enrôler des étrangers dans notre armée, c’est anti-constitutionnel. C’est aussi contre la morale de l’Etat. Si le capitaine Dadis (en tant que Commandant en chef des forces armées) ne contrôle pas sa propre troupe, c’est très grave. C’est pourquoi, il faut obligatoirement restructurer l’armée de fond en comble. Ce n’est d’ailleurs pas aujourd’hui qu’on a commencé à parler de la restructuration de l’armée Guinéenne.

C’est depuis la déclaration du Capitaine Dadis le 24 décembre 2008 en annonçant son programme. Dans son programme, il y avait la reforme de l’armée. Ce ne sont donc pas les évènements du 28 septembre qui nous font parler de ce problème. La reforme de l’armée est une des données fondamentales de la transition.

Aujourd'hui le peuple de Guinée attend avec beaucoup d'inquiétude la suite des évènements. Quel message lancez vous aux populations guinéennes qui vous ont massivement soutenu le 28 septembre dernier ?

Que le peuple continue à nous soutenir. Nous ne pouvons pas aller de l’avant sans son soutien. Nous aussi, tout ce que nous faisons, nous le faisons dans l’intérêt du peuple. Avec donc le soutien du peuple, c’est la Guinée qui vas avancer et évoluer. Avec son soutien, la Guinée va être capable de régler elle-même ses problèmes. Je demande au peuple de Guinée de continuer à soutenir ses leaders politiques.

On ne peut pas imaginer la suite des évènements. Puisqu’on ne sait pas ce qui arrivera demain. Ce qui est sûr, on va continuer la lutte. On va continuer à parler et à chercher la solution. Pour l’instant on ne peut pas connaître la couleur de demain. Mais quand demain viendra, on verra ce qu’il faudra faire.




Le Président Burkinabé Blaise Compaoré a été choisi par le Président en exercice de CEDEAO, le Nigérian Oumar Yar’dua, comme médiateur de la crise en Guinée. Quelle appréciation faites-vous à ce choix ?

C’est un bon choix. Parce que c’est un homme intègre, un homme rigoureux. Il a fait la preuve de ses compétences de médiation au Libéria, au Togo et récemment en Côte d’Ivoire. Et puis quand on voit comment Blaise Compaoré gère son pays je crois que cela lui donne les autorités pour promulguer des conseils.

Il ne vient pas avec des solutions toutes faites. Les partis politiques, les syndicats, la société civile, le CNDD, le gouvernement… chacun va donner sa version des faits. Et avec l’expérience que Blaise Compaoré a, il va essayer de nous proposer des solutions pour la sortie de crise.

Quelle est votre position par rapport à l’intervention d’une force étrangère en Guinée, en occurrence d’une force de la CEDEAO ?

La question n’est pas encore à l’ordre du jour. Ce n’est pas une bonne politique pour l’instant. Il ne s’agit pas d’envoyer une armée étrangère en Guinée. La question ne s’est pas encore posée. La question qui se pose aujourd’hui est de reformer l’armée Guinéenne.
On n’est pas forcé d’amener une force étrangère. Si jamais une force étrangère doit venir cela devra coïncider à des évènements ou des situations particulières. Mais on ne peut pas anticiper. Si ça ne va pas on pensera peut être à une force étrangère mais je ne crois pas qu’on soit arrivé là d’abord.




Si la communauté internationale juge qu’il faut envoyer une force étrangère qu’elle le face. Mais puisqu’on envoie le Président Blaise Compaoré, envoyer une force étrangère d’interposition ou de protection, serrait douter de sa mission. La CEDEAO, organisation sous régionale à laquelle la Guinée appartient a décidé en application des statuts, d’envoyer, pour couvrir la crise, un médiateur. Pour l’instant toutes mes hypothèses sont dans la mission de Blaise Compaoré ; pas dans une force d’interposition.

Partagez-vous la position du professeur Alpha Condé du RPG quand il appelle au départ de la junte avant tout gouvernement d’union nationale ?

Je ne porte pas de jugements de valeur sur les déclarations de mes collègues. Je n’ai pas à jugé ce qu’a dit Alpha Condé. Il a parlé en tant que Président du RPG. Donc c’est sa position. Je ne discute pas ; je ne commente pas ; je n’apprécie pas ; je ne juge pas…

Avec cette crise, pensez-vous que les élections sont possibles en janvier 2010

Il sera difficile de parler d’élections en janvier 2010. Etant donné que depuis l’adoption du rapport de la commission ad hoc, les actes qui devraient être posés pour qu’on puisse aller aux élections le 31 janvier 2010 ; aucune de ces actes n’a été posée de façon significative. J’ai de doutes très forts sur les éventualités de l’organisation d’élections en janvier 2010.
Aujourd’hui il y a une grave crise. Il y a une crise de confiance entre le cndd et les forces vives. Nous étions déjà en conflit. Et les évènements du 28 septembre 2009 sont venus creuser l’écart. La crise de confiance s’est aggravée. Mais c’est la politique. En dépit de tout cela il faut continuer à chercher la solution de la crise.

Le mot de la fin....

Je souhaite que mon pays ne connaisse plus de situation pareille à celle du 28 septembre 2009 : des gens massacrés, des femmes torturées et violées… Cela est incompatible avec les meurs guinéens. Je ne veux plus que de tels actes crapuleux se répètent. Il y a eu beaucoup de crimes et de viols. Je souhaite de toutes mes forces que cela ne recommence plus.

Aussi, tout citoyen qui meure a droit à une inhumation digne. On n’a pas le droit de jeter des corps d’être humains dans la mer.

Propos recueillis par Abdourahamane Bakayoko
Depuis Conakry pour Africaguinee.com
Tel : +224 62 600 600



  Rubrique: Interview  date: 05-Oct-2009 à 15:13:16  Partager:   :

 

 
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