
Jean-Marie Doré leader de l’UPG Co-porte-parole des forces vives de la nation
« La seule chose dont je suis sûr et certain, c’est qu’il n’y a pas de racisme dans cette affaire. Je ne veux pas que cette histoire soit ethnicisée. C’est Toumba de la garde présidentielle de Dadis qui a fait irruption à l’intérieur du stade avec son armée. Ils ont tiré sur les citoyens. C’est ce même Touba qui a saccagé successivement dans la nuit du lundi 28 au mardi 29 septembre les domiciles des leaders politiques suivants : Kassory Fofana, Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré… et le mien que vous voyez » .

Mamadou Bah Bâdiko, leader de l’UFD
« La Guinée se trouve dans une évolution absolument dramatique. Mais ce drame était tout à fait prévisible. Dans la mesure où la junte a bien montré qu’elle n’a pas l’intension de tenir ses engagements. C’est pour cela que cette junte a fait usage de la force la plus brutale. Ce drame est le résultat d’une évolution de ce qu’on observait déjà . C’est la politique que la junte a mise sur place pour s’éterniser au pouvoir. La Guinée et son peuple sont les otages des forces armées. Le plus grave c’est que le chef de la junte lui-même dit qu’il n-a pas le contrôle.
Il faut que la communauté internationale prenne des dispositions pour protéger le peuple de Guinée de l’armée. La barbarie de lundi est inhumaine. Les militaires ont tué des civiles qui ne réagissaient même pas. Car il n’y a eu aucun militaire qui est mort, ni même blessé. C’était donc des civils innocents, non armés, qui ne pensaient même pas à une violence.Aujourd’hui on ne parle pas de démocratie en Guinée. On parle plutôt de protection des citoyens en danger face à une armée incontrôlée ».

Hadja Rabiatou Sérah Diallo, Secrétaire Générale de la CNTG Co-porte-parole des forces vives de la nation
« Je ne pouvais pas imaginer un seul instant que les militaires soient capables de faire un tel massacre après celui de janvier et février 2007 qui n’est pas encore réparé. J’ai été extrêmement surprise. Je ne fais que pleurer. Pleurer, pleurer et pleurer encore. Quand je pense à tous ces innocents tués, quand je pense que des femmes ont été déshabillées et violées… par des militaires, je ne peux m’empêcher de pleurer.
Depuis que j’ai vu les morts je suis devenue malade. Je manque de sommeil ! Je manque d’appétit… Je manque de tout ! J’ai le cœur très meurtri. On ne peut pas croire que cela puisse se passé dans un Etat de droit.
L’état de Cellou Dalein Diallo, celui des autres leaders politiques et beaucoup d’autres citoyens blessés est très déplorables. Beaucoup de blessures sont extrêmement graves. De nombreuses personnes doivent être évacuées pour être sauvées. Nous ferons tout pour mettre la lumière sur tous les événements tragiques que la Guinée a connu. C’est très déplorable que le Président lui-même dise qu’il ne maîtrise pas son armée. C’est dire qu’il faut impérativement et immédiatement faire la restructuration de l’armée »
Ibrahima Fofana, Secrétaire Général de l’USTG
« Nous condamnons cet acte. C’est un acte crapuleux. Nous ferons tout pour que plus jamais une pareille chose ne se répète dans notre pays »

Mamadou Mouctar Diallo, leader de NFD
« Tout le peuple de Guinée doit se mobiliser pour arrêter cette dictature aveugle et sanguinaire ; beaucoup plus dangereuse que celle de Lansana Conté. C’est une question de survie. Il faut immédiatement faire partir la junte au pouvoir.
Voyez-vous ! Nous étions au stade en train d’exprimer une position pacifique et démocratique. C’est en ce moment que des bérets rouges de la garde présidentielle et des policiers ont fait irruption dans le stade et ont commencé à tirer, à bout portant, sur les gens. Ils ont massacré et violé les filles. Ils ont déshabillé des femmes et ont pénétré les canons de leurs fusils dans les sexes de celles-ci, devant nous. Tout le monde était en débandade.
Quant à nous (les leaders politiques), ils nous ont arrêtés, bastonnés, blessés… avant de nous emmener en prison : Sidya Touré, François Lounseiny Fall, Jean-Marie Doré, Cellou Dalein Diallo, Bah Oury et moi. Puis, sur instruction du Capitaine Dadis, semble-t-il, ils nous ont conduits à la clinique Pasteur pour des soins.
La lutte va continuer. Elle va absolument continuer jusqu’au départ de Dadis et l’instauration d’une vraie démocratie en Guinée. La communauté internationale doit prendre des mesures pour sauver le peuple de Guinée qui est vraiment en danger.
Ce que j’ai vu lundi au stade est incroyable. Ces militaires là sont capables de tuer tous les Guinéens pour conserver le pouvoir. La communauté internationale doit faire des actions concrètes pour éviter un autre carnage. Pour y arriver, il faut des mesures ; il faut des sanctions extrêmement sévères contre la junte au pouvoir. L’Union africaine doit trouver, avec l’appui de la communauté internationale, des mesures militaires pour sauver les Guinéens (déterminés à se débarrasser de cette junte à quelque prix que ce soit). Ce que cette junte militaire a fait est une violation flagrante des droits humains ».
Une synthèse d’Abdourahamane Bakayoko
Depuis Conakry pour Africaguinee.com
Tel : +224 62 600 600
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  Rubrique: A vous la parole  date: 03-Oct-2009 à 12:06:48  Partager:   :  |