[IMG1] A l'occasion de la quatrième session du Conseil des droits de l'Homme à Genève ,la commission Africaine des Promoteurs de la Santé et des Droits de l'Homme a fait une déclaration sur les violations des droits de l'Homme en Guinée lors des évènements de janvier et février dernier...voici l'intégralité de cette déclaration.Exclusif!
Point 2 de l’Ordre de jour : Rapport du rapporteur spécial sur la torture et les autres traitements cruels, inhumains et dégradants
La Commission Africaine des Promoteurs de la Santé et des Droits de l’Homme que j’ai l’honneur de représenter devant ce Conseil, a pris connaissance du rapport de M. Novak. Nous avons été sensibles des faits qui ont été rapportés au regard de la gravité de la torture, des traitements cruels et inhumains qui perdurent dans le monde malgré la pertinence de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme, le Pacte international et Civil, et la Charte Africaine des droits de l’Homme et des Peuples. L’entrée en vigueur de la Convention contre la torture pouvait signifier la fin de cette blessure souvent incurable à la conscience humaine.
La CAPSDH est l’une des premières organisations africaines des droits humains créées par des rescapés des Camps de Tortures sur le continent africain, qui a mis sur pieds, dés 1991, des « Centres africains de réhabilitation pour les victimes de la torture » (CARVITOR) ainsi que des « Centres de recherche et de diffusion de l’information sur la torture et les droits de l’homme en Afrique » (CREDITAF). L’appui du Fonds de Contributions Volontaires des Nations Unies pour les Victimes de la Torture nous a été inestimable à cet égard.
Au regard du thème en l’espèce, il nous est permis de constater que les violations les plus graves des droits humains, les tortures, les traitements dégradants et inhumains infligés aux citoyens ont lieu lors de l’abus de la garde à vue au-delà de 24 à 48 heures et de la détention préventive dans les locaux de la Police. En effet, la garde à vue constitue l’une des atteintes les plus graves à la présomption d’innocence. Il s’agit d’un procédé qui permet à la police Judiciaire de maintenir à sa disposition des personnes accusées des délits ou crimes, pendant un certain temps, en maître absolu.
Par ailleurs, nous sommes en droit de constater des atteintes et violations graves des Droits Humains aux motifs de sécurité et de lutte contre le terrorisme. C’est ainsi qu’il existe des camps de torture comme ABOU-KHRIB et GUANTANAMO où des personnes sont détenues sans qu’aucun jugement susceptible de les déclarer coupables des faits qui leur sont reprochés ne soit fait. C’est ainsi d’ailleurs que des allégations concordantes et crédibles de torture et de mauvais traitement ont été portées à la connaissance du Rapporteur Spécial.
C’est le lieu de souligner également quelques violations et tortures graves commises ici et là en Afrique non pas à l’endroit des auteurs présumés de certains crimes ou délits, mais plutôt à l’endroit des opposants politiques et de leurs militants, voire la société civile.
Il en est ainsi des événements dramatiques récemment enregistrés en République de Guinée (Conakry en janvier et février 2007) où on a assisté à des scènes de massacres de la population guinéenne à mains nues par les forces de l’ordre. Cette population ayant eu le tort de revendiquer ses droits fondamentaux qu’elle tient de la loi fondamentale du pays ; à savoir, le droit d’association, le droit de grève et de manifestation dans les formes prescrites par la loi).
La CAPSDH ayant pour vocation la promotion et la protection des droits humains et la défense des libertés fondamentale en Afrique interpelle ce Conseil de Droits de l’Homme afin de travailler avec la société civile en vue de rendre plus efficace l’application du protocole facultatif de la Convention contre la torture en Guinée et dans les autres pays africains.
Notre organisation a initié à cet égard des programmes pour la formation des formateurs ayant en charge l’application de la loi, notamment les magistrats, les auxiliaires de justice (Avocats et huissiers) ainsi que les officiers de police judiciaire. Il convient d’élaborer des normes ou des guides comme instruments techniques qui doivent être mis à la disposition de ces personnes et de la population civile.
Pour finir, monsieur le président, la CAPSDH demande au conseil d’appuyer l’indépendance du Système judiciaire par rapport aux autres pouvoirs afin d’enrailler l’impunité.
Je vous remercie!
Déclaration lue par Abdoul Goudoussy Baldé
Intervenant: Maître Amadou Tidiane Kaba
Genève le 29 mars 2007 |
  Rubrique: Politique  date: 03-Apr-2007 à 00:08:05  Partager:   :  |