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Candidature aux élections du 31 janvier 2010 : Pourquoi le Capitaine Dadis hésite ?

Les habitants de Cona-cris viennent de vivre un week-end mouvementé ! Avec la venue de Gorgui Wade et Ellen Jonhson Sirleaf samedi, la junte du Capitaine Dadis a « osé « annuler tous les vols commerciaux à destination de notre hangar de Gbessia, pour freiner un client pour le kibanyi présidentiel: Cellou Dalein Diallo. Histoire de ne pas perturber la « mamaya » organisée par des milliers de nounous de Cona-cris pour présenter « le candidat Dadis » à Gorgui Wade et Ellen Jonhson Sirleaf.Et la fête a été belle au Palais !Mais dimanche, près de 60.000 personnes sont sortis pour accueillir leur « héros » Cellou Dalein Diallo et montrer que les « Guinéens sont contre le candidat Dadis ».Pour les mauvaises langues, on a frôlé le pire car si les « pros Dadis » croisaient les « Anti Dadis » à Cona-cris,…Allahou Akbar !. A l’image du climat politique en Guinée, ces deux évènements, cachent en réalité, un terrible dilemme qui tourmente le Capitaine Dadis depuis plusieurs mois : choisir entre la grogne populaire et la grogne de ses « frères d’armes ».Voyons de plus près pourquoi notre Capitaine hésite à se lancer dans le marigot politique guinéen en officialisant sa candidature aux élections…
Premier scénario : Le Capitaine Dadis se présente…
Depuis plusieurs mois, le Capitaine Dadis a pris de l’appétit pour le pouvoir. En utilisant à fond ses deux armes favorites (la corruption et les promesses utopistes), le Capitaine Dadis rêve d’imiter le Général Aziz qui a troqué sa tenue militaire pour le boubou, avec succès (pour l’instant).Mais à Cona-cris, certains signes nous montrent le cauchemar qui attend notre Dadis national s’il se présente aux élections...
Primo, les forces vives notamment les partis politiques sont majoritairement unanimes que la candidature de Dadis annonce le …déluge ! Beaucoup de Guinéens ont compris que le candidat Dadis n’est rien d’autre qu’une continuité du système pourri de son père spirituel, le défunt président Conté.
Résultat : tous ceux qui détestent la botte militaire ont promis de pourrir la vie à la junte de Dadis si le Capitaine se présente aux élections. Et, ces menaces sont prises au sérieux par notre capitaine, qui se souvient (comme beaucoup d’ailleurs), de la grogne populaire de 2007 avec son cortège de malheurs pour le pays. Bien entendu, toute erreur de notre Capitaine sera sévèrement sanctionnée par tous les grincheux et aigris qui veulent en finir avec la botte militaire qui les étouffe depuis…25 ans ! Ça sent le souffre !
Secundo, la communauté internationale, prépare « l’enfer » si notre Capitaine se présente. Pour nos cousins gaulois, Dadis n’est pas le « candidat idéal » : « La France rappelle la nécessité pour la junte de tenir ses engagements sinon elle conduira la Guinée sur la voie de l'isolement et des sanctions »,prévient le Quai d'Orsay. Même son de cloche pour le Groupe de Contact international sur la Guinée(GCI-G) qui a abandonné les formules diplomatiques pour cracher dans la soupe, si Dadis se présente : «Le président du CNDD perd toute crédibilité s’il devient un des acteurs et descend dans l’arène politique», a prévenu le coprésident du Groupe de Contact international sur la Guinée, Mohamed Ibn Chambas. Lors de la 6ème session des travaux du GCI-G à Cona-cris, il y a quelques jours, Il a sorti le « fouet » , si la junte s’entête à conserver le pouvoir : « Si les autorités militaires ne respectent pas les promesses et les engagements pris au lendemain de la prise du pouvoir, il n’y aura pas de financement".Et donc pas d’élections ! D’ailleurs nos « amis » de l’Oncle Sam détestent financer des élections pour soutenir un…dictateur. Et notre « cousin »Obama veille au grain.
Pour nos voisins, aucun ne voudrait cohabiter avec un Capitaine aussi imprévisible que…dangereux ! Les « maigres » soutient obtenus par la junte s’étiolent car notre Dadis national ne tient pas... sa langue ! Récemment , au cours d’une rencontre avec le groupe de contact international sur la Guinée, le Capitaine Dadis a fait un terrible aveu devant des diplomates glacés par la stupeur : "Moi, je n'ai demandé de l'argent à personne. J'ai mangé l'argent d'un seul homme, celui du président Kadhafi. Ça, c'est l'argent propre ! »Le Colonel Kadhafi appréciera devant ses pairs de l’Union Africaine ! Bien entendu, Gorgui Wade et Ellen Jonhson Sirleaf ont bien tenu leurs langues en s’abstenant de soutenir (ouvertement) la candidature de Dadis. Gorgui Wade a préféré ne pas se mêler dans les « affaires intérieures » de la Guinée. Le fiston Dadis est donc prévenu. Evidemment, la capacité de nuisance des bailleurs de fonds est connue par les Guinéens et surtout par la junte qui a besoin de…sous pour gouverner ! Ça sent le souffre !
Deuxième scénario : Le Capitaine Dadis refuse de se présenter…
Depuis son arrivée au pouvoir, notre Capitaine est « bloqué » à Cona-cris. Aucune tournée à l’intérieur encore moins à l’étranger. Comme un roi assiégé, notre Dadis national peine à contrôler les sauts d’humeur de ses « frères d’armes ».A côté des multiples exactions commises par nos hommes en uniforme, Dadis ferme les yeux car son kibanyi (fragile) repose sur une….poudrière. Et la menace est bien réelle pour notre Dadis national s’il « trahit » ses frères d’armes…
Primo, ses compagnons du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) tiennent à rester dans leurs fauteuils douillets. Et il y a de quoi ! Tenez, leurs « ennemis » de l’intérieur ( lakourous, ceux qui n’ont pas goûté au gâteau du pouvoir etc…) et de l’extérieur(la justice internationale) n’attendent que leur chute pour régler leurs comptes !Et comme tous n’auront pas les privilèges réservés aux anciens chefs d’Etat comme Dadis, ses compagnons du CNDD préfèrent rester que de défier leur destin. Bien entendu, leur passé sanglant (certains sont impliqués dans les tueries de janvier et février 2007) et leur médiocrité excluent leur insertion dans les forces multinationales .Alors autant prier Dadis de...rester sinon , …imaginer le reste ! Ça sent le souffre !
Secundo, l’armée guinéenne traverse une crise sans précédent. A côté de l’indiscipline chronique qui y règne, toutes les têtes gradées ont été décapitées dans les multiples purges orchestrées par le défunt Général Conté. Devenue une véritable « poubelle » pour recueillir tous ceux qui ont raté leurs projets de vie, l’armée guinéenne (à quelques exceptions près) est devenue une bande où la médiocrité et l’indiscipline sont célébrées quotidiennement. Résultat : les exactions contre les civils (et même les diplomates n’échappent pas) se multiplient et beaucoup de « lakourous » mènent une vie de hors-la loi dans le pays. Dans cette ambiance qui sent le souffre, un refus de Dadis de se présenter aux élections,serait perçu comme…une trahison. Habitués à régner comme des petits caïds, nos soldats ne voient pas d’un bon œil le retour d’un civil dans le kibanyi. 
Pas question donc, d’abandonner leurs petits privilèges acquis depuis que leur « frère d’armes » le Général Conté est venu au pouvoir, un matin du 3 avril 1984.Dans nos casernes, la continuité semble de mise, tant pis pour les valeurs démocratiques. Bien entendu, notre capitaine qui a vécu les multiples mutineries au sein de l’armée, connaît la capacité de nuisance de ses « frères » qui n’hésiteront pas à lui « pourrir la vie » s’il abandonne ce cadeau du ciel, en renonçant au pouvoir. Ca sent le souffre !
En définitive, notre Dadis national ne dort plus qu'avec un œil ouvert. Sa candidature aux prochaines élections inquiète ses compatriotes qui aspirent enfin au changement. Mais l’obstacle à ce rêve demeure nos soldats qui brillent par leur indiscipline, et qui refusent de céder certains privilèges égoïstes acquis par la force de leurs baïonnettes ! Seule solution probable pour notre Capitaine, c’est de se retirer du pouvoir en incitant son successeur à réformer l’armée et …amnistier ses compagnons de la junte. Encore faut-il que ce « deal » soit accepté par nos « opposants-opposés » et la communauté internationale qui peine à parler d’une seule voix. En cette période du mois saint de Ramadan, toutes nos prières accompagnent notre Dadis national pour qu’il ne se trompe pas. Car l'avenir de notre pays en dépend!Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 14-Sep-2009 à 13:59:18  Partager:   :  |
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