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Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG:"Nous sommes contre la candidature du Capitaine Dadis(...)"





L'ancien premier ministre guinéen Cellou Dalein Diallo ne cache pas son opposition à toute candidature du Capitaine Moussa Dadis Camara aux prochaines élections présidentielles.Le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée(UFDG)estime que le chef de la junte doit respecter ses engagements pour préserver la démocratie dans le pays.Dans cet entretien qu'il a accordé à nos collègues sénégalais, Cellou Dalein Diallo revient sur le rôle du Président Abdoulaye Wade dans le processus de transition en Guinée, la position des forces vives sur la candidature du Capitaine Dadis, sans oublier la situation des droits de l'Homme en Guinée...

Le quotidien : Après un premier report, l’élection présidentielle est prévue pour janvier 2010. L’échéance sera-t-elle respectée ?

Cellou Dalein Diallo. : Oui, je pense que le processus a toutes les chances d’aboutir dans la mesure où il y a, bien entendu, une réelle volonté politique d’aller vers les élections à cette date. Je pense que l’enrôlement des électeurs est pratiquement terminé à l’intérieur du pays. Les opérations de recensement des Guinéens de l’extérieur doivent commencer le 14 de ce mois. Je pense qu’il n’y a rien qui puisse vraiment s’opposer au respect du nouveau chronogramme.

Avez-vous confiance en la fiabilité du processus en cours pour les élections ?

Comme vous le savez, il y avait un chronogramme qui prévoyait les législatives pour octobre et la présidentielle pour décembre. Nous avons fait une évaluation à mi-parcours et une commission ad hoc comprenant les représentants des partis politiques et le gouvernement, s’est retrouvée pour évaluer les chances du respect du calendrier. C’est par la suite qu’il a été décidé de proposer un autre programme renvoyant la présidentielle à janvier. Je pense alors qu’il n’y a pas de craintes spécifiques par rapport au nouveau délai. Aujourd’hui, le problème est au niveau de la présentation ou non de la candidature du Président Dadis. Les «Forces vives», qui comprennent non seulement les partis politiques, mais aussi les syndicats et les organisations de la société civile, ont marqué leur opposition à ce projet à travers deux déclarations publiées récemment. Et cela pour plusieurs facteurs.

Lesquels ?

Le premier a été de rappeler au Président Dadis Camara qu’il s’était lui-même engagé à ne pas se présenter. Cette promesse avait suscité beaucoup d’espoir au sein de la population et de la classe politique par rapport à la transparence et à l’équité des élections. Vous le savez bien, en Afrique, il est très difficile de faire perdre le Président en exercice lorsqu’il est candidat à une élection. Ce sont des cas rares, c’est arrivé au Sénégal mais ce n’est pas courant en Afrique parce que vous avez toute l’administration avec vous. Vous nommez les préfets, les sous-préfets, les gouverneurs, le ministre de l’intérieur, le président de la Cour Suprême et même les juges, donc ce n’est pas évident dans ces conditions que l’administration soit neutre et indépendante.

Lorsque le capitaine Dadis a pris le pouvoir, la classe politique l’a soutenu en raison de la pertinence du programme qu’il avait proposé. Il avait promis d’organiser les élections sans se présenter. Donc, s’il revient sur cet engagement, naturellement, cela pose problème. Les gens s’inquiètent de l’issue des élections car on ne sait pas si elles seront transparentes. On ne sait pas non plus si les suffrages des Guinéens vont être comptabilisés en faveur du candidat pour lequel ils auront été réellement exprimés. Il y a donc le respect d’un engagement pris, l’engagement d’un soldat mais il y a aussi l’impact sur la qualité des élections. C’est pour cela que l’Union des forces démocratiques de Guinée, mon parti, est contre la candidature du capitaine Dadis. Heureusement aussi, toutes les forces vives ont décidé de marquer leur opposition à cette ambition.

S’il décide de se présenter, avez-vous les moyens de l’en empêcher ?

On ne parlera pas de moyens juridiques mais on essaiera de faire des pressions sur lui pour qu’il respecte ses engagements. Qu’il soit un arbitre libre et impartial de ces élections, c’est dans l’intérêt de la Guinée et en son honneur.

Quels sont ces moyens ?

Je ne peux pas les dévoiler ici. Mais au niveau des «Forces vives» de la Guinée, nous avons déjà invité la population à se mobiliser pour s’opposer à cela et nous allons définir les stratégies appropriées.

Le capitaine Dadis Camara a toujours dit qu’il se présenterait si le peuple le souhaite. Actuellement en Guinée, des «Mouvements Dadis doit rester» se forment et des leaders d’opinion soutiennent sa candidature. Ne voyez-vous pas que la stratégie de légitimation de sa candidature est déjà en marche ?

 Oui, tout à fait. Mais on connaît ça Lorsque vous êtes un président de la République, vous avez les moyens de l’Etat, il y a tellement de démagogues, d’opportunistes qui veulent promotions, avantages, bourses défendre des positions, qui cherchent pour leurs enfants... Ils vous disent que vous êtes le meilleur et vous conseillent de vous maintenir au pouvoir. Ces mouvements sont souvent suscités par l’entourage immédiat du Président Dadis. Et ce n’est pas difficile d’organiser les gens et de leur indiquer une direction. Je pense que ce qui est bon pour le Président Dadis, pour le pays et pour sa démocratie, c’est qu’il respecte sa parole d’honneur. Il sortira par la grande porte. Il peut revenir plus tard pour participer à une autre élection comme l’a fait le Président Amadou Toumani Touré au Mali. C’est le capital de crédibilité qu’il a eu en respectant sa parole qui a contribué à le faire élire lorsqu’il est revenu dix ans plus tard.

Vous soulevez l’exemple malien, il y a aussi un cas plus récent, celui de la Mauritanie.

Oui mais il y a deux cas en Mauritanie. Il y a le cas du colonel Ould Vall qui a mené une transition et qui a respecté sa parole en remettant le pouvoir à un civil.

Celui du Général Aziz peut tout de même inspirer le capitaine Dadis.

Oui, mais ce n’est pas la même chose, ce n’est pas le même contexte. En Mauritanie, toute la classe politique était d’accord sur la candidature du Président Abdel Aziz. Ce qui n’est pas le cas en Guinée. En plus, Abdel Aziz n’a jamais promis de ne pas se présenter.

Présentement, quelles sont les relations de la classe politique guinéenne avec le capitaine Dadis ?

Actuellement le dialogue est un peu rompu. Et cela, à la suite de la position qu’il adopte maintenant par rapport à sa candidature et à un certain nombre de malentendus.^




Lorsque le capitaine Dadis avait pris le pouvoir, Me Wade était son principal défenseur auprès de la communauté internationale. Maintenant, il semble ne plus vouloir tenir parole. Alors comment appréciez-vous en général l’intervention du Président sénégalais dans le processus ?

Le Président sénégalais est un sage, un doyen dans notre sous-région. Il est donc normal qu’il se mette au dessus de la mêlée pour pouvoir jouer son rôle, le moment venu. Au départ, lorsqu’il a soutenu le capitaine Dadis, contre l’avis de la CEDEAO et de l’Union Africaine, beaucoup se sont posé des questions. Mais je pense que le fait d’avoir pris cette position lui permet aujourd’hui de jouer un rôle dans les efforts que la communauté internationale souhaite entreprendre pour infléchir la position du Président Dadis. Je ne sais pas ce qu’il pense, je ne suis pas dans ses secrets mais compte tenu de la stature de l’homme, de son expérience et de son attachement à la démocratie, je pense qu’il pourrait jouer le rôle d’un médiateur, d’un sage au-dessus de la mêlée.

Le Président Wade s’est beaucoup impliqué dans le processus de transition en cours en Guinée. Est-ce que l’opposition guinéenne discute avec lui ramener le capitaine Dadis à la raison ? 

Non la dernière fois que le Président Wade est venu à Conakry, il n’y avait pas de conflit.
Il y avait quand même des velléités non ?

Non, il n’y avait aucune velléité. Me Wade a expliqué pourquoi il a soutenu le capitaine Dadis. Et parmi les motifs, il a évoqué le fait que Dadis s’était engagé à restituer le pouvoir aux civils et à ne pas faire comme d’autres en enlevant la tenue pour se présenter aux élections. Avec cette déclaration, il avait clairement exprimé une position qui semble proche de celle des «Forces vives.

En dehors de l’aspect politique, qu’est ce que le CNDD a pu apporter de positif à la Guinée depuis son installation ?

Il y a eu des initiatives qu’il convient de saluer. Il y a la lutte contre les narcotrafiquants qui est, selon moi, une action courageuse que le capitaine Dadis a mené avec ses collaborateurs et qu’il faut saluer. Il y a eu la promesse d’organiser des élections libres et transparentes sans y participer, cela est aujourd’hui remis en cause.

Du point de vue de la vie sociale des guinéens, y a-t-il eu évolution ?

Non, les conditions de vie ne se sont pas améliorées. Le problème de sécurité se pose toujours. Vol, insécurité, banditisme, c’est loin de changer malgré quelques actions des forces de l’ordre. Fondamentalement, le niveau de vie ne s’est pas amélioré, la crise est évidemment très profonde. C’est vrai qu’en un an, on ne peut pas changer la situation, mais on peut dire qu’il n’y a pas eu d’actions concrètes qui puissent susciter beaucoup d’espoir par rapport à l’avenir.

Sur le plan des libertés, est-ce qu’il y a des avancées ?

Non, il y a eu beaucoup de restrictions sur les mouvements des leaders. Moi j’étais en tournée et ma mission a été interrompue. L’¬accès aux médias publics a été supprimé pour les partis politiques. C’était pourtant des acquis avant l’avènement du Cndd. Pendant quelques jours, on a assisté à la suppression des communications par SMS. On a interdit aux radios de débattre des questions politiques. Au total, il y a réellement une restriction des libertés, en particulier des libertés d’expression et de mouvement.

Propos recueillis par Rudolph KARL
Source : Le quotidien-Sénégal



  Rubrique: Interview  date: 12-Sep-2009 à 14:18:31  Partager:   :

 

 
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