
Le forum des forces vives a organisé une conférence de presse ce vendredi 11 septembre 2009 au siège du FUDEC de François Lounseny Fall de 11h à 13h. D’entrée de jeu, les conférenciers ont souligné qu’ils soutenaient la junte militaire au pouvoir uniquement à cause de ses engagements de : récupérer les créances de l’Etat, désarticuler et éradiquer les réseaux de trafique de drogue et de personnes, restructurer les forces de défense et de sécurité, retourner à l’ordre constitutionnel à travers des élections libres et crédibles auxquelles ni le Président Dadis ni aucun membre du CNDD et du gouvernement ne serait candidat.
Après avoir dénoncé la mauvaise volonté du chef de la junte d’organiser des élections en décembre 2009 conduisant au report du scrutin en janvier 2010, les forces vives préviennent que le régime militaire actuel n’a aucune envie de respecter le nouveau chronogramme.
Le forum de forces vives dénonce également l’augmentation des membres du CNT, la monopolisation des médias publics, la sortie massive des fonds publics, la militarisation à outrance de l’appareil de l’Etat…
Les conférenciers exigent au chef de la junte de réitérer son engagement initial et déclarer officiellement et immédiatement qu’il n’est pas candidat aux prochaines élections. Ils déclarent que dans le cas contraire la paix civile sera irrémédiablement compromise.
Le vice Président de l’UFDG Bah Oury rappelle que Dadis avait promis de ne pas se présenter aux prochaines élections : « L’engagement initial était de ne pas être candidat aux prochaines élections lui et les membres du CNDD et du gouvernement. Il est extrêmement important de dire que la junte a trahi les idéaux démocratiques du peuple de Guinée. La candidature de Dadis ne peut pas être acceptée. Car si celui-ci est candidat les élections ne peuvent être libres, transparentes et crédibles. Et si jamais cela arrive la Guinée va se plonger dans la désolation et la barbarie comme le Kenya, la Somalie, le Libéria… Pour éviter donc de plonger la Guinée dans une guerre civile, nous avons décidé dès le début que toute personne qui gérera la transition ne participera pas aux élections. C’est pour assurer la neutralité effective des autorités en place. Ce n’est pas par égoïsme. Ce n’est non plus pas pour exclure qui que ce soit, à cause de quoi que ce soit ou parce qu’il est ceci ou cela ».
« Aujourd’hui Dadis est en train de suivre le chemin de Mugabe. C’est la population qui payera le prix. Donc pour éviter de nous plonger comme le Zimbabwe, nous allons tout faire pour amener Dadis à revenir sur sa volonté. Si on n’arrive pas à faire une bonne transition comme prévu au début, on utilisera d’autres moyens plus persuasifs pour que la revendication des populations soient exaucée dans l’intérêt du pays », a-t-il prévenu.
Parlant des mouvements de va et vients des leaders politiques chez le chef de la junte Capitaine Moussa Dadis Camara que celui-ci ne cesse de dénoncer depuis quelques temps, le premier vice Président de l’UFDG déclare : « Les leaders politiques ne vont pas chez Dadis parce qu’il est Moussa Dadis Camara. C’es plutôt parce qu’il est le chef de la junte qui dirige actuellement le pays. Il est nécessaire donc que ceux-ci aillent le rencontrer pour discuter des affaires de la nation surtout de la bonne marche de la transition », a-t-il conclu.
« Nous voulons que les audits soient fait mais dans le stricte respect de la règle d’art. Les deux régimes nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui. Dadis est exactement arrivé au pouvoir comme Lansana Conté. Sachez que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets », prévient Aboubacar Sylla de l’UFC.
Un compte-rendu d’Abdourahamane Bakayoko
Depuis Conakry
pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 11-Sep-2009 à 21:55:30  Partager:   :  |