
Abdourahamane Sow, étudiant
« Le chef de la junte n’a qu’à faire attention. Il a tenu librement des engagements. Il doit impérativement tenir ces engagements. Il a promis d’organiser des élections libres et transparentes ; ne pas y participer et être l’arbitre de ces élections. Si Dadis se présente à ces élections ce n’est pas bon. Il ne doit pas du tout se présenter. Dans une société il doit y avoir la libre expression. Le peuple doit pouvoir s’exprimer. Cela est obligatoire. La junte n’a aucun droit d’interdire les débats politiques sur les radios privées. Elle doit laisser les medias faire leur travail qui est d’informer. Les militaires ne sont pas bons au pouvoir. Aujourd’hui, aucun pays développé au monde ne dispose de régime militaire. Les militaires américains sont les plus civilisés au monde ; mais ils ne viennent jamais au pouvoir. »
Mohammed Cissé:« Moi je n’aime pas du tout Dadis et je ne l’aimerai jamais. C’est valable pour le CNDD. Je suis l’un des rares hommes qui ne l’ont jamais aimé depuis le 23 décembre 2008. Dans mon service on m’appelle anti-Dadis ou anti-CNDD. 
Nous ne devons pas accepter d’être à nouveau commandés par des militaires. Le régime de Lansana Conté devrait nous servir de bonne leçon.
Nous devons faire exactement comme les Ivoiriens. Lorsque Robert Guei a voulu faire la même chose en Côte d’Ivoire, tous les ivoiriens ont dit qu’ils préféraient un gamin au pouvoir qu’un militaire. La Guinée est un pays qui a de l’avenir. Les Guinéens ne doivent pas accepter d’emprunter cette mauvaise voie. J’aimerai que les Guinéens fassent, pour une fois, une prise de conscience. Il ne faudrait pas que nous soyons tous embobinés par cette junte.
La junte donne de l’argent aux mamayas pour les corrompre et tromper la vigilance ; pour faire croire que les gens les soutiennent. Mais cette mamaya ne peut pas représenter le peuple. Je suis sûr que 1% de la population guinéenne ne soutient pas la candidature de Dadis. Il faut que la junte arrête de montrer les images des mamayas corrompues jusqu’aux os pour essayer de vanter sa popularité. Il faut vraiment que cela cesse et très vite.
Franchement, comme les Ivoiriens, nous préférons n’importe quel imbécile au pouvoir qu’un militaire. Aussi, nous ne pouvons pas faire confiance à quelqu’un qui n’a même pas su respecter ses engagements. Nous ne pouvons pas confier la destinée de notre pays à un tel homme. Un homme qui n’a même pas de parole d’honneur. C’est inhumain. Je déteste Dadis. Il interdit aux politiciens de faire leur campagne. Il empêche les citoyens de s’exprimer. Il monopolise les medias publics. Il entrave les medias privés. Toutes les actions de Dadis prouvent qu’il est l’un des dictateurs les plus inhumains qui puissent exister. "
Alhassane Barry, étudiant

« Je pense que c’est de la trahison de la par du chef de la junte Capitaine Moussa Dadis Camara. Dès le début il avait tenu des promesses. Il avait dit qu’il n’était pas du tout un ambitieux du pouvoir. Maintenant c’est tout à fait le contraire. On ne peut pas du tout lui faire confiance. Il nous a déjà trahi. Puisque c’est lui qui organise les élections celles-ci ne seront pas crédibles s’il est en même temps candidat.
Il a déjà monopolisé les medias publics. Il empêche le peuple de s’exprimer sur les radios privées. Il est allé jusqu’à empêcher les Guinéens de communiquer par sms. Il fait tout pour se légitimer au pouvoir. Si Dadis se présente, il n’y aura pas d’élections libres et crédibles. »

Célestin Luis, Journaliste ‘‘Journal d’Afrique’’
« (…) Le groupe international de contact sur la Guinée a déploré l’entrave aux medias. Mais avant de parler de l’interdiction des débats politiques sur les radios privées nous devons revenir à la base. Savoir quelle est la nature des radios dont on parle. Quels étaient leurs cahiers de charge… A ma connaissance il n’y a aucune radio privée en Guinée qui a un cahier de charge à caractère politique. Toutes les radios privées guinéennes sont communautaires ou commerciales. C’est vrai je n’ai pas vu leurs cahiers de charge pour savoir si cela (la politique) est mentionné de dans ; mais généralement les radios communautaires et commerciales ne parlent pas d’affaires politiques.
Il faut faire attention au groupe de contact international. On a vu ce qu’il a fait dans différents pays comme le Madagascar, le Zimbabwe, la Mauritanie… C’est comme les appréciations immédiates (juste après le coup d’Etat) du Président Sénégalais Maître Abdoulaye Wade. Tout cela est mal indiqué. »
Alpha Oumar Sow, Informaticien :
« Pour moi le chef de la junte ne doit pas se présenter. Aujourd’hui il est Président de la république. Il doit donc être arbitre. Et bien il ne peut pas être à la fois joueur et arbitre. C’est carrément impossible. S’il se présente aux élections celles-ci ne pourront pas être transparentes et crédibles. On pensait avoir dépassé beaucoup d’étapes. Mais on constate aujourd’hui que ce n’est pas le cas. Même pendant le régime de Lansana Conté on avait la liberté d’expression. Si donc aujourd’hui la junte remet en cause cette liberté d’expression que nous avions déjà , cela signifie que nous faisons marche arrière. C’est une grosse erreur de la part du conseil national de communication CNC d’interdire les débats politiques sur les radios privées. Le Président du CNC lui-même a compris cela car à entendre les propos qu’il a tenus hier sur une radio privée de la place, il semble vraiment revenir à cette décision. Il a compris que c’était une erreur. Tous les Guinéens ont eu confiance à Dadis quand il est venu promettre d’assainir et d’organiser des élections libres et transparentes. Il a promis de ne pas se présenter. S’il fait le contraire de ce qu’il a promis on pourra plus lui faire confiance. »
Une synthèse d’Abdourahamane Bakayoko
Depuis Conakry pour Africaguinee.com
Tel : +224 62 600 600
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  Rubrique: A vous la parole  date: 07-Sep-2009 à 10:05:41  Partager:   :  |