|
|
| Detail de la News |
Pouvoir en Guinée : Ceux qui vont "trahir" le capitaine Dadis…

Depuis plusieurs jours, la colère grandit dans le coeur des Guinéens. Au coeur de l’ouragan politique en Guinée, la candidature (très probable) du capitaine Dadis divise et laisse craindre le pire. Ragaillardi par des pseudo soutiens à sa candidature, le chef de la junte semble ignorer la colère grandissante de ses compatriotes qui veulent en finir avec la botte militaire. A Conakry, une zone symbolise le ras de bol des Guinéens contre nos « lakourous » qui s’accrochent becs et ongles dans leurs kibanyi : la commune de Ratoma et les jeunes de l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa-Enco5, qui n’hésitent pas à défier les balles de nos « lakourous » pour revendiquer leur droit à la liberté. Bien entendu, Dadis, obsédé par le « triomphe « du Général Aziz en Mauritanie, rêve de se maintenir dans son fauteuil (très éjectable) de la présidence. Cependant, derrière les sourires de ses « fans », beaucoup risquent d’applaudir demain si Dadis tombe de son Kibanyi. Voyons de plus près ceux qui vont « trahir » notre Dadis National…
Les Mouvements de Soutien à Dadis et les leaders politiques
Ils sont actuellement innombrables. Leur point commun ? La quête du fric ou de postes juteux avec la junte de Dadis. Leurs armes favorites restent la démagogie et l’égoïsme vis-à -vis de leurs compatriotes. En ces temps de galère, toute le monde (ou presque) veut soutenir Dadis pour gagner son pain. Voyons quelques hypocrites devant l’éternel…
Primo, les mouvements de jeunes ou de femmes (notamment le fameux Mouvement Dadis Doit Rester) polluent la ville par des slogans d’une démagogie à faire pâlir un griot ! Le 27 août dernier, avec la bénédiction du gouverneur de Conakry, Mohamed Diop et la ministre en charge de la Promotion Féminine, Mme Mafoula Sylla , des milliers de femmes ont brillé au Palais du peuple par une mamaya en faveur de Dadis. 
Du haut de sa tribune, le chef de la junte qui a présidé ce « cirque » a déclaré aux femmes : « Si vous dites dans cette salle que vous êtes d’accord qu’on remette le pouvoir à un leader politique, nous sommes prêts à le faire. Dites-moi objectivement et dans la sincérité, car je ne me suis pas encore déterminé, est-ce que j’ai le droit d’être candidat dans ce pays ? Est-ce que j’ai le droit ? Si j’ai le droit, levez vous toutes. ».Sur ce, les femmes n’ont pas hésité à scander : « Dadis, candidat ! Dadis, candidat ! ». Hélas, notre Dadis National semble ignorer les leçons de l’Histoire de son propre pays. Son « père spirituel », le Général Lansana Conté a été longtemps berné par ces « vautours » qui se sont vite évaporés durant sa longue agonie notamment lors des évènements de janvier et février 2007 ! Comme par enchantement, tous les mouvements de soutien à Conté avaient « disparu » lors de la grogne populaire de janvier et février 2007.Dans les moments difficiles, le vieux Général malade et affaibli, avait affronté « seul » la grogne populaire qui menaçait son fauteuil. Et oui, les conseillers ne sont pas les payeurs, mon capitaine !
Secondo, nos « doyens « qui viennent bénir la junte de Dadis n’auront aucune peine à changer leur chapelet pour bénir le prochain locataire du Kibanyi présidentiel. Durant ce mois saint de Ramadan, nos « Doyens » se bousculent au Camp Alpha Yaya Diallo pour « bénir » la candidature de notre Dadis national, afin d’obtenir leur prix de sauce ! Et Allah ! Tenez, le 24 août, une armée de « Doyens » a été reçue par le capitaine Dadis au Camp Alpha Yaya Diallo. Ils ont enchaîné les « rabbanas » et toutes les prières pour bénir la candidature du chef de la junte pour les élections. En retour, Dadis a promis d’envoyer beaucoup de ces « barbes blanches » à la Mecque pour le pèlerinage, à ses « frais ».Hélas, nos vieux dans leur « sagesse » n’hésiteront pas à frapper à la porte du prochain « boss » pour le bénir et le féliciter ! Certains verseront une larme de crocodile pour rappeler la « générosité » du capitaine Dadis, comme ils l’ont fait d’ailleurs pour son « père spirituel », le Général Conté. Et oui, les conseillers ne sont pas les payeurs, mon capitaine !
Tertio, les leaders politiques sont plus de plus opportunistes devant l’éternel !Beaucoup d’entre eux soutiennent le maintien de Dadis par égoïsme ou pour régler leurs comptes à leurs adversaires. Tenez, le fameux bloc des forces patriotiques « guidé » par l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté veut « régler » ses comptes aux forces vives, qu’il accuse d’exclusion. Quit à sacrifier l’avenir du pays, on préfère régler nos comptes. Et si Dadis tombe, et bien on tourne la page pour se… »réconcilier » puisque l’adversaire commun a disparu !
Autre signe de mépris pour nos « opposants-opposés », le (dés)honnorable Ousmane Diallo, un haut responsable de l’Union pour le Progrès et le Renouveau(UPR), mis a nu, l’égoïsme qui caricature le milieu politique guinéen. Dans un meeting samedi dernier, Ousmane Diallo a passé aux aveux sous le regard du président de son parti, Bah Ousmane: « Si ce n'est pas nous qui viendrons au pouvoir après Dadis, mieux vaut lutter pour que celui-ci y reste, surtout quand on sait que celui qui est censé venir n’est pas notre ami »Et si Dadis chute, ils n’hésiteront pas à rappeler les « dérives » de la junte pour redorer leur blason. ! Et oui, les conseillers ne sont pas les payeurs, mon capitaine !
Nos hauts cadres
On reprend les mêmes et on recommence ! Hélas, les mauvaises habitudes ont la vie dure chez nous ! Dans les hautes sphères de l’Etat, nos cadres rivalisent dans l’art de flatter le « boss » pour espérer une promotion ou rester dans les bonnes grâces du chef.
Tenez dans les médias d’Etat, tous nos officiels ponctuent leurs discours par des clins d’œil à Dadis. Les expressions comme « Dadis, père de la nation » ou le « CNDD, garant du bonheur et de la démocratie » sont récités par cœur par nos cadres. A la RTG, un griot devant l’éternel s’est fait remarquer : le directeur Ibrahima Ahmed Barry qui multiplie les louages à la gloire de Dadis pour sauver son fauteuil !Hélas, comme le faisait d’ailleurs avec brio,l’ancien directeur de la RTG, Boubacar Yacine Diallo pour le vieux Général Conté. On connaît la suite. Et oui, les conseillers ne sont pas les payeurs, mon capitaine !
Dans nos ministères, tous ont appris la leçon : flatter Dadis au maximum !Et comme le chef de la junte « adore » les louanges en son nom, il accepte volontiers et donne des promotions aux plus brillants des griots. Le dernier promu ?Et bien Tibou Kamara, l’ancien ministre de la communication du gouvernement de Souaré qui a « réussit » à se tailler un poste de…..ministre chargé de la communication entre Dadis et Konaté !L’autre revenant, c’est le « brillant » Baidy Aribot qui a été parachuté à la Direction générale de la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale pour « brouter » le peu qui y reste. Et dire qu’il a géré mystérieusement les fonds destinés au Syli national lors de la CAN2008,on comprend mieux ce qui attend Dadis…
Leurs points communs ? Tous étaient aux commandes sous le régime du Général Conté. Tous ont quitté le pouvoir sur la pointe des pieds avec leurs casseroles que la justice guinéenne peine à éclaircir ! Bien entendu, le prochain venu, sera applaudi par les mêmes griots. Et oui, les conseillers ne sont pas les payeurs, mon capitaine !
L’armée
Dans la liste des frustrés du régime de Dadis, les anciens dignitaires du régime Conté occupent une bonne place. Actuellement mis à l’ombre par la junte de Dadis, beaucoup n’hésiteront pas à applaudir si Dadis tombe. Au sein du gouvernement, la suspicion est telle que la moindre faille de notre Dadis national peut lui coûter son fauteuil. Bien entendu, pour l’instant, on applaudit au maximum, mais tous ceux qui ont subit les coup de colères de Dadis vont ricaner si le vent tourne. Dans nos casernes, le serment de loyauté à Dadis et Konaté ne tient qu’à un fil. Ses lieutenants comme Claude Pivi ou le (virulent) commandant Moussa Keita du CNDD ne peuvent contenir tous les « aigris » qui ont été oublié dans le partage du gâteau du pouvoir. En cas de mutinerie, notre Dadis national sera dramatiquement seul si le vent tourne. Et oui, les conseillers ne sont pas les payeurs, mon capitaine !
La communauté internationale
Dans plusieurs chancelleries, une chute de Dadis serait perçue comme un cadeau du ciel. Derrière les sourires officiels, beaucoup de pays « amis » vont applaudir en cas de pépin pour le chef de la junte. Et il y a de quoi ! Après la série de bourdes de la junte sur la scène diplomatique, les « amis » de Dadis se comptent sur les doigts de la main. D’ailleurs nos voisins n’ont pas apprécié les menaces d’attaques à leurs frontières, et la bastonnade subie par l’ambassadeur du Ghana à Conakry est la cerise sur le gâteau. A la moindre faille, beaucoup vont « reconnaître » de facto le successeur de notre Dadis national. En attendant, on observe et on caresse gentiment les émissaires du capitaine Dadis(puisqu’il est obligé de rester dans son bunker au Camp Alpha Yaya Diallo, devinez pourquoi)
Et le premier à reconnaître son successeur, ce sera probablement son « père » Gorgui Abdoulaye Wade du Sénégal qui est un expert dans l’art de retourner sa veste. Et oui, les conseillers ne sont pas les payeurs , mon capitaine !
Finalement, le chef de la junte peut encore revenir à la « raison » en s’inspirant du sort de son « père spirituel », le défunt Général Conté, qui a longtemps écouté ses « amis » avant de couler seul, fatigué par la maladie et les émeutes à répétition. Hélas, la triste vie de chef est minée par la solitude. Car si Dadis chute, ceux qui l’applaudissent aujourd’hui n’hésiteront pas à cracher sur son portrait ! Le 17 août dernier, un brin d’espoir est apparu lorsque Dadis lui-même a avoué : « Tous les jours, je reçois des coups de fils de gens qui me disent +si vous laissez le pays, ce n'est pas bon, la transition c'est deux ans, trois ans et même quatre ans. Nous vous demandons de rester encore, de ne pas organiser les élections en 2009, tout cela est irresponsable"Sincérité ou coup de Bluff´ ? Une chose est sûre : Il n’est pas encore trop tard. D’ailleurs, un autre « égaré » semble tirer les leçons de ses mésaventures : l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté qui a décliné la position du Bloc des Forces Patriotiques qui invite Dadis à se présenter aux élections. Car dans les rues de Conakry, la colère gronde. Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
|
  Rubrique: Coup de gueule  date: 31-Aug-2009 à 14:52:13  Partager:   :  |
|
|
|
|