
L'ancien premier ministre guinéen, Cellou Dalein Diallo a réagit samedi suite aux menaces du chef de la junte, capitaine Moussa Dadis Camara d'engager des "audits" contre les anciens premier ministres qu'il avait qualifié "d'assoiffés de pouvoir".
« Nous avons choisi, de servir la Guinée. Faire la politique c’est servir le pays. Nous ne sommes pas des assoiffés du pouvoir. Nous voulons venir au secours de notre peuple pour le sortir de l’obscurantisme et de la misère pour que les droits de tous les Guinéens soient défendus. Nous avons la conviction. C’est pour cela que nous nous sommes engagés. En nous engageant nous savions qu’il y a des forces rétrogrades. Mais nous allons les vaincre pour qu’enfin le pays soit démocratique », a prévenu Cellou Dalein Diallo.
Au cours d'un meeting au siège de son parti à Conakry, le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée(UFDG) a estimé que l'arrivée au pouvoir de la junte du capitaine Moussa Dadis Camara est " un coup d'Etat" dont le mérite « appartient à tout le monde ».« Il y a eu un coup d’Etat sans effusion de sang. Mais le mérite appartient à tout le monde. C’est parce que personne n’a résisté. Tout le monde a approuvé parce le programme de ceux qui avaient pris le pouvoir semblait aller dans la direction souhaitée par tout le peuple : l’instauration d’une véritable démocratie ; l’organisation, dans un délai record, des élections libres et transparentes... S’il y avait pas eu effusion de sang, c’est parce qu’il y a eu de l’unanimité aussi bien au niveau de l’armée qu’à celui de la population. C’est tout simplement parce que personne n’a marché contre le putsch », a -t-il expliqué.
Cellou Dalein Diallo a rappelé les promesses du chef de la junte de rendre le pouvoir aux civils au terme de la transition. « J’avais dit à la communauté internationale que je soutiens le CNDD. Mais j’ai toujours dit que l’UFDG ne soutien pas un homme. Nous soutenons un programme, une politique, une action… Nous avions soutenu le programme du CNDD qui avait pris un certain nombre d’engagements : restituer le pouvoir aux civile dans un délai raisonnable. Ils avaient déclaré qu’ils n’étaient pas là pour s’éterniser au pouvoir. Ils s’étaient engagés à organiser des élections libres et transparentes. Et pour cela, l’ensemble de la classe politique, de l’armée nationale et du peuple de Guinée, bref tout le monde avait approuvé. C’est parce, croyez-moi, tous les Guinéens ont soif de la démocratie. Les Guinéens ont le droit de choisir librement leur Président et de participer à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une politique de développement. La junte qui avait reconnu cela a été donc applaudie. Ce que le Président Wade lui-même a dit ce qu’il faut soutenir cet homme parce qu’il va lutter contre la drogue, la corruption… et qu’il a promit de ne pas se présenter aux élections », a expliqué le leader de l'UFDG.
Le Président de l’UFDG a invité le chef de la junte à rester neutre lors des prochaines élections présidentielles en Guinée. « Nous encourageons le Président Dadis à maintenir ses engagements, à organiser des élections libres et transparentes en observant une attitude de neutralité et d’impartialité entre les partis politiques qui sont dans la conquête du pouvoir. Ce n’est pas une question de droit. C’est une question d’opportunité. Tous les citoyens ont les mêmes droits. Il n’y a pas de lois qui interdisent à certains citoyens de se présenter aux élections » .
S’agissant du nouveau chronogramme, Cellou Dalein Diallo a mis en doute les chances d’organiser les élections présidentielles en janvier 2010 : « L’ancien chronogramme était faisable lorsqu’il avait été élaboré. Il a été modifié parce que ce qui devait être fait n’a pas été fait. Il y a eu du retard. Un décollage d’un mois, ce n’est pas grave. Mais là aussi il y a un problème. Si on ne respecte pas le programme d’exécution, on se retrouvera avec une autre commission ad hoc pour essayer de trouver une autre date. Il ya donc des conditions. Si les actions ne sont pas réalisées à temps, les élections ne pourront pas s’organiser en janvier 2010. Là aussi, c’est un autre combat », a conclu le leader de l’UFDG.
Un compte-rendu d'Abdourahamane Bakayoko
Depuis Conakry pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 22-Aug-2009 à 22:21:32  Partager:   :  |