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Mamadou Mouctar Diallo, leader des NFD: " Nous voyons trop de dérives dictatoriales à travers le cul





La crise politique s'accentue en Guinée avec le report des élections présidentielles le 31 janvier 2010.Pour le leader des Nouvelles Forces démocratiques, Mamadou Mouctar Diallo,la démocratie est en "danger " en Guinée avec la menace d'une nouvelle dictature de la junte du capitaine Moussa Dadis Camara.Dans cette interview, le leader du parti NFD, revient sur la rencontre entre la junte et les forces vives, l'agression de l'ambassadeur du Ghana à Conakra, sans oublier la position du Commandant Moussa Keita, en faveur du maintien de la junte au pouvoir...

Guinéenews© : Le mardi 17 août dernier, le capitaine Moussa Dadis Camara a rencontré sur le plateau de la RTG-Koloma, les forces vives au sujet de la présentation des travaux du Comité ad’hoc, qu’avez-vous retenu de cette rencontre ?

Mamadou Mouctar Diallo : Nous avons effectivement rencontré le chef de la junte en présence des représentations diplomatiques et consulaires en Guinée. Il a été question de restituer les travaux du comité ad hoc qui a été mis en place. Ce comité a fait sa restitution en faisant lecture et en remettant officiellement le rapport de ces travaux au Chef de l’Etat qui a approuvé le contenu du rapport. Dans ce rapport, il est dit que les élections présidentielles devraient être organisées le 31 janvier 2010, tandis que les législatives sont prévues pour le 26 mars de la même année.

Avant cette rencontre, nous forces vives, avons tenu une réunion au cours de laquelle nous avons décidé d’aller à la rencontre, mais à ne rien dire qui puisse nous engager, pour qu’après la rencontre avec le Chef de la junte, revenir au siège du FUDEC (le parti de l’ex premier ministre François Loucény Fall, NDLR) pour tenir une réunion des forces vives et faire une déclaration par rapport, non seulement aux travaux du comité ad hoc, mais aussi au Conseil national de la transition (CNT) mis en place.

Il faut dire que ce comité ad hoc a fait des travaux en allant au-delà de son principal mandat qui est d’identifier les mesures exceptionnelles d’ordre juridique, institutionnel, matériel et financier pour tenir des élections en 2009. Les représentants des forces vives au sein de ce comité ad hoc n’ont pas bénéficié du mandat des forces vives d’aller prendre des décisions au nom des forces vives. Ils sont allés là-bas comme des experts devant travailler et restituer cela en plénière des forces vives. Il appartient seulement aux plénières des forces vives de prendre une décision donnée. Cela n’a pas été le cas. Ce qui veut dire que les travaux du comité ad hoc remis au Chef de la junte ne nous engagent pas actuellement. Pire, quand on examine ce rapport, on verra qu’il a des insuffisances, des carences et des limites, parce que dans ce chronogramme, il y a des échéances et des étapes qui doivent être mises en œuvre depuis le 15 août ; et nous sommes au-delà de cette date. Cela prouve davantage qu’il a des insuffisances notoires.

Le Chef de la junte, pour prouver sa bonne foi d’aller aux élections aurait pu prendre sur le champ la décision de libérer les 30 milliards restants de la contribution de l’Etat dans le budget électoral. Mais cela n’a jamais été le cas. Il s’est simplement limité à dire qu’il adhère à ce chronogramme de 2010, alors qu’il avait toujours dit qu’il est dans le chronogramme des forces vives qui fixait la tenue des élections en 2009.

En tant que membre des forces vives, pouvez-vous nous dire si les partis politiques approuvent le rapport des travaux du comité ad hoc ?

Oui ! Après une rencontre des Forces vives tenue au siège du Fudec de François Loncény Fall, nous avons adhéré aux conclusions du rapport de la Commission Ad hoc concernant la tenue de l'élection Présidentielle en Janvier 2010 et législatives en Mars 2010.

Nous avons exigé la neutralité du CNDD, de son Président et du gouvernement, car celle-ci est une condition sine qua non pour l'organisation d'élections libres, transparentes, crédibles et inclusives pour l'avènement en Guinée, d'une véritable démocratie. C'est aussi et surtout la condition pour la sauvegarde de la paix et de la sécurité.

Enfin, nous avons demandé la mise en place d’une commission de suivi pour l’exécution correcte du chronogramme proposé par le comité. C’est pour vous dire que nous avons accepté ce chronogramme, mais, nous restons très vigilants quant à son application.

Ces derniers temps, nous avons assisté à la renaissance d’un mouvement politique, dénommé Mouvement Dadis doit rester (MDDR) qui encourage le Président du CNDD à s’éterniser au pouvoir. Comment appréciez-vous le mutisme du CNDD, du gouvernement, des partis politiques et la Société civile face aux manœuvres de ce mouvement dirigé par une jeune qui se fait appeler Aly Mané ?

Ecoutez ! Cela fait parti de la stratégie de la junte de s’éterniser au pouvoir. C’est sciemment fait. Le capitaine Dadis avait dit que c’est le peuple qui sait s’il doit se présenter aux élections. Au même moment, le Ministre secrétaire permanent du CNDD, le fasciste Commandant Moussa Kéita avait dit qu’ils voulaient instrumentaliser un groupe de jeunes opportunistes sans conviction pour créer ces genres de mouvement. Or, ce n’est que du stratagème de la part de la junte pour se pérenniser au pouvoir. Ce Mouvement Dadis doit rester est pire que les Cosalac et les Mosalac que nous avons connus sous le régime du Président Conté. Il faut absolument que cela soit dénoncé et condamné. Je vous assure que le parti NFD est en contact avec les jeunes à la base dans les différents quartiers de la capitale. Ces jeunes dénoncent et condamnent fermement ces jeunes qui sont en train de prostituer les mouvements de jeunesse, afin de donner une mauvaise image à cette jeunesse consciente. Ces jeunes dénoncent cela foncièrement et s’apprêtent à créer le Mouvement Dadis doit quitter (MDDQ). C’est vraiment déplorable qu’on utilise ces méthodes machiavéliques pour essayer de s’éterniser au pouvoir.

: Le Comandant Moussa Kéita fait entendre : « Dadis ou la mort » ou « les élections n’ont jamais réglé les problèmes en Afrique ». En tant que leader politique, comment appréciez-vous ces déclarations du ministre Secrétaire permanant du CNDD ?

Ecoutez ! C’est deux choses. Soit le Commandant Moussa Kéita est vraiment assoiffé du pouvoir ou il est en déphasage du monde actuel ou tout simplement, il refuse de comprendre que cela ne peut plus marcher, car le monde bouge et que les Guinéens sont maintenant éveillés. Il y a l’opinion publique qui est née et qui est constante. Peut-être que le Commandant Moussa Kéita est contre Dadis, parce qu’il y a plusieurs façons de nuire à quelqu’un. Il peut être contre lui et chercher à lui nuire stratégiquement. Il n’y a que ces deux choses.

Dire « Dadis ou la mort » dans le contexte actuel, c’est faire comprendre aux gens que Dadis doit rester au pouvoir.

Le 14 août dernier, lors du 3ème congrès ordinaire de l’UFDG, vous avez fustigé « la dérive dictatoriale de la junte au pouvoir qui veut vaille que vaille prendre en otage le peuple de Guinée. Alors, que vouliez-vous dire exactement ?

Vous savez depuis l’avènement de ce régime exceptionnel, nous voyons trop de dérives dictatoriales à travers le culte de la personnalité de Dadis, les militaires humilient en insultant et agressant tout le monde. Ces militaires ne respectent aucune règle. Ils brigandent et violentent tout le monde sans exception. Alors qu’ils sont censés protéger la population. Toutes ces choses sont couronnées par la mal gouvernance à travers les méthodes rétrogrades qui au lieu de régresser, progresse à grand pas. Notamment les marchés de gré à gré. Donc, c’est un groupe qui est en train aujourd’hui d’user de profiter du pouvoir au détriment de l’ensemble des Guinéens. Car, depuis un certain moment, nous constatons la violation flagrante des droits humains. Et c’est tout cela qui nous emmène à dire que tous les Guinéens sont aujourd’hui menacés. On invente souvent des arguments pour nous détourner de l’objectif. Aujourd’hui, la transition est en panne en Guinée, et ceux qui sont là, ont prouvé qu’ils veulent se maintenir au pouvoir. Et nous savons qu’il y a des méthodes qui ont été employées par beaucoup de dictateurs qui, au début prononcent des discours suscitant de l’espoir, mais deviennent petit à petit des dictateurs.

Aujourd’hui, la démocratie est en danger en Guinée, car les militaires ne sont pas faits pour exercer le pouvoir politique. Donc, il faut que la junte respecte ses engagements si son chef veut rentrer dans l’histoire comme il l’avait promis, par l’organisation des élections libres et transparentes, afin de permettre au peuple de Guinée qui est souverain de choisir ses propres dirigeants. Mais malheureusement, tel n’est pas le cas, car il y a la violation des droits humains et politiques, l’insécurité, le culte de la personnalité. Il faut avouer que cela est vraiment une dérive dictatoriale que nous dénonçons parce que nous ne voulons plus accepter qu’il ait une nouvelle dictature en Guinée. Notre mission est d’œuvrer pour l’instauration d’une vraie démocratie en Guinée.

: Toujours au congrès de l’UFDG, pourquoi avez-vous mis en garde le CNDD contre toute tentative visant à bâillonner le peuple de Guinée ?

C’est pour dire que nous n’accepterons plus que le peuple de Guinée soit pris en otage. Le peuple ne peut plus l’accepter. Je vous assure que nous sommes en contact avec le peuple ; que ce soit à Conakry, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, les Guinéens dans l’écrasante majorité, vont s’opposer avec la dernière énergie à toute tentative de confisquer le pouvoir ou d’instaurer une dictature en Guinée. Au moment où je vous parle, je vous dis que les gens sont prêts à descendre dans la rue. Ils n’attendent que notre signal, car ils sont prêts pour descendre dans la rue et exiger la tenue des élections libres et transparentes pour un retour à l’ordre constitutionnel en vue d’instaurer une vraie démocratie dans l’intérêt de tous les Guinéens.

C’est pour leur dire que ça ne marchera pas. Si des opportunistes et des démagogues qui gravitent autour de Dais l’encouragent à s’éterniser au pouvoir, ils le trompent, pare que la population guinéenne ne se laissera jamais faire. Qu’ils comprennent qu’ils sont en train de le conduire sur le mauvais chemin, chose qui le placerait dans les oubliettes de l’histoire.

Donc, il faut que le Capitaine Moussa Dadis Camara se ressaisisse et reste dans ses engagements et non de se pérenniser au pouvoir comme le pousse certains opportunistes gravitant autour de lui. Il doit respecter ses engagements pour l’intérêt supérieur de la nation guinéenne avec l’organisation des élections libres et transparentes pour qu’il rentre enfin dans l’histoire. Mais, si c’est le contraire, je vous assure que le peuple va s’opposer par tous les moyens possibles.

La semaine dernière, l’ambassadeur du Ghana en Guinée a été agressé et dépouillé de tous ses biens. Comment jugez-vous cette recrudescence de la criminalité, de la violence et du banditisme, surtout avec un régime militaire ?

Aujourd’hui, l’armée guinéenne constitue un problème majeur, car la règle d’or qui y règne, c’est l’indiscipline notoire. Et cela est extrêmement grave, parce qu’on pensait que le comble était l’agression du ministre de la Sécurité nationale. Et on a vu que le ministre de la Sécurité n’est pas en sécurité. Tous les guinéens pensaient que c’était le comble. Après l’agression verbale du chef de la junte à l’endroit d’un diplomate européen, on assiste maintenant à des agressions physiques des diplomates par des militaires. L’agression de l’ambassadeur du Ghana en Guinée en est une parfaite illustration. Cela est extrêmement grave, car ça ne se passe dans aucun pays au monde. C’est un acte dangereux que nous dénonçons avec la dernière énergie, puisque nous ne pouvons pas tolérer la violence sur quiconque, qu’il soit guinéen ou étranger. Il faudrait que le Capitaine Dadis prenne ses responsabilités en montrant que c’est des militaires qui dirigent le pays. On ne peut pas être dirigés par des militaires et vivre dans une insécurité totale comme ce que nous vivons aujourd’hui. Cela est vraiment paradoxal et prouve davantage qu’il ne peut diriger le pays. C’est pourquoi, nous sommes convaincus que plus la transition est courte, plus le peuple a la chance de retourner à l’ordre constitutionnel ; afin de garantir la sécurité des citoyens.

Aujourd’hui, tous les Guinéens ont intérêt à ce que cette situation d’exception prenne fin le plus vite que possible par la tenue d’élections libres et transparentes, afin de permettre au peuple de Guinée sur la base des programmes de sociétés de choisir leurs dirigeants.

Au regard de tout ce que vous venez de dire, êtes-vous optimistes sur les engagements pris par le CNDD et son Président ?

En tout cas pour l’instant, les réalités du terrain nous emmènent vers le pessimisme, même si par patriotisme, nous nous efforçons à être optimistes. Mais les réalités, au vu des actes que le CNDD et son Président posent, nous laissent pessimistes, parce qu’ils ont pris l’engagement de mettre en place le CNT depuis le mois de mars. Si cela n’est mis en place à la date indiquée, cela veut dire qu’ils ne respectent pas leurs engagements. Et si les engagements ne sont pas respectés, c’est difficile vraiment d’être optimiste. Mais, ce qui est vraiment important aujourd’hui, c’est que les leaders politiques, sociaux, syndicaux, économiques et les sages, se mettent ensemble pour chercher à résoudre des problèmes politiques ; parce que quand les problèmes politiques sont résolus, les problèmes économiques seront aussi résolus, bref, tout le processus sera résolu. Donc, c’est une synergie citoyenne nationale qui doit être mise en place pour exiger de la junte de respecter ses engagements par la tenue des élections libres, transparentes et apaisées, pour un retour à l’ordre constitutionnel, afin que la Guinée renoue enfin avec l’Etat de droit pour faire d’elle un Etat juste, uni, démocratique et prospère.

Interview réalisée par Boua Kouyaté

Source:Guineenews


  Rubrique: Interview  date: 20-Aug-2009 à 11:47:05  Partager:   :

 

 
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