
Une soixantaine de ressortissants guinéens ont été expulsés récemment par l'Angola vers leur pays d'origine.Selon Alpha*,une victime qui vient à peine d’arriver à Labé,(Ndlr: que nous avons joint par téléphone ), tous ces jeunes à la recherche du bonheur, ont été enfermés et séquestrés pendant au moins trois semaines près de la frontière avec la République Démocratique du Congo(RDC) avant d’être embarqués : « Voulant remplir un cargo avant de le déplacer, les autorités angolaises nous ont gardé dans des cellules exiguës. Ne voulant pas dire nos nationalités pour éviter ce rapatriement, nous avons été à l’épreuve des tortures inhumaines avant d’ouvrir la bouche », témoigne la victime sous couvert d'anonymat.
Après la RDC, ces guinéens se sont retrouvés à Bamako au Mali, oû les autorités de l'ambassade de Guinée les ont accuilli avec froideur, se souvient Alpha.« Un vol de la compagnie aérienne angolaise nous a déposé à Bamako, sans aucun sou dans la poche. Nous (les Guinéens) sommes tous aller à l’Ambassade de Guinée au Mali où nous avons trouvé d’autres malheureux rapatriés avant nous. L’Ambassadeur n’a pas accepté de nous recevoir. Il a dit ce cas des sans papiers est tellement fréquent, que les rapatriés sont tellement nombreux, qu’il n’est pas à la hauteur de s’en occuper.", dit il.
Sur leurs conditions de vie à Bamako, Alpha ne cache pas sa peine suite au mauvais traitement qu'ils ont vécu dans la capitale malienne, à cause de l'indifférence de l'ambassade de Guinée à Bamako." l'ambassadeur nous a donné que 5000 FCFA à tous. On devrait lui jeter ce sale billet à la figure (peut être si on l’avait vu). Mais bon ! On ne pouvait pas. Parce qu’on mourait de faim. C’était comme si on avait enterré notre dignité.", raconte Alpha avant de poursuivre:"Une personne ne pouvait pas avoir un plat de riz. 3 personnes un plat, voilà ce que nous avons fait, juste pour repousser la mort. Heureusement un chauffeur de taxi a accepté de nous amener, seulement un ami et moi (arrivée payée)."
Fraichement arrivé à Labé, Alpha s'inquiète du sort de ses compatriotes qui sont rester bloqués à Bamako."Je viens juste de débarquer ici à Labé. Je me sens très mal (pas pour moi), même si les méfaits des conditions de détention me hantent, mais pour mes compagnons restés au Mali. Je me demande comment ils encaissent encore cette misère », a conclu Alpha qui espère que leur appel sera entendu.
*Prénom fictif
Un reportage d'Abdourahamane Bakayoko
POur Africaguinee.com
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  Rubrique: Diaspora Guinéenne  date: 16-Aug-2009 à 11:00:06  Partager:   :  |