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Transition en Guinée: Quand on trahit le peuple...
[IMG1]Ah que les habitudes ont la vie dure en Guinée! Contre toute attente, la transition chancelle et le « fils spirituel » du défunt président Conté semble s’accrocher à son kibanyi. Le secret du capitaine Dadis ? Miser sur les querelles intestines au sein des forces « éteintes » pour rallonger la transition et gagner du temps.
Le 29 juillet dernier au palais du peuple, la branche dissidente de nos forces « éteintes » qui s’appelle (pompeusement )le « Bloc des forces patriotiques », semble baliser la route pour le trône pour notre Dadis et ses acolytes! D’ailleurs le chef de la junte ne cache plus ses ambitions présidentielles, au contraire! Lors de cette rencontre du 29 juillet avec le ministre secrétaire permanent du CNDD, commandant Moussa Keita, ce bloc a griffé une missive qui augure le début d’une nouvelle dictature militaire en Guinée. Dans une déclaration (laconique), le bloc propose la tenue des élections présidentielles pour décembre 2010. Naïvement, le bloc « salue » l’avènement du Conseil National pour la Démocratie et le développement (CNDD) et félicite les différentes actions de lutte contre les fléaux, après six mois de gestion.Il propose entre autres le diagnostic thérapeutique des deux régimes précédents en vue de la proposition d’axe de solutions prioritaires pour la 3ème République. Cependant ce « bloc » comme par enchantement, semble ignorer certains signes qui n’augurent rien de bon pour l’avenir des Guinéens. Voyons de plus près…
Premier signe: Le refus de Dadis de se prononcer pour 2010
Reconnu pour ses colères légendaires, le capitaine Dadis Camara est de plus en plus irrité lorsqu’on lui demande sur son éventuelle candidature si les s élections présidentielles sont reportées pour 2010. Dans cette course contre la montre, le chef de la junte brouille les pistes en soufflant le chaud et le froid. Et notre capitaine, (mégalomane) se voit déjà en bâtisseur même si ses compétences sont douteuses. Trois signes nous montrent cette mauvaise foi du capitaine Dadis.
Primo, ses déclarations dans la presse ont renforcé le scepticisme sur sa volonté de lâcher le pouvoir. Dans une récente interview accordée à nos confrères de jeune afrique, Dadis n’exclut pas sa candidature pour 2010 : « Nous ne sommes pas en 2010. Je ne peux pas me prononcer sur ce qui se passera l’an prochain. J’ai pris un engagement pour 2009.”(SIC!)Pire Dadis n’exclut pas une candidature d’un membre du CNDD ou de l’armée:”Ça dépendra du comportement des autres candidats » dit-il de façon ironique!Ca sent le traître !
Secundo, malgré les maigres recettes de l’Etat guinéen confronté à une grave crise, Dadis rêve de « laisser des traçes ». Sa dernière idée? Construire un centre (inutile) de prévention de conflits de la sous-région en l’honneur de son « père » Abdoulaye Wade. Un sacrilège, quand on sait la galère de ses compatriotes qui n’aspirent qu’à une chose: survivre! En enfonçant son pays dans la crise, Dadis rêve d’éteindre les braises qui risquent d’enflammer la sous-région. Aucune ligne directrice dans sa politique. Résultat: ses compatriotes ne savent plus où il veut amener le navire « Guinée » Ca sent le traître !
Tertio, la volonté du commandant Moussa Keita de dire « plus haut ce que les autres pensent tout bas ». Récemment, au palais du peuple, le (sulfureux )secrétaire permanent du CNDD a critiqué avec virulence la légitimité des forces vives. « Si nous sommes démocrates, il faut éviter l’exclusion ; ils (Ndlr :les forces vives) ne veulent pas que l’on consulte le peuple… Ils veulent toujours parler au nom du peuple. Est-ce qu’ils ont l’opportunité de le faire ? », fulmine ce populiste et démagogue qui a déjà claironné à N'Zérékoré lors d'une tournée :« La démocratie, oui c'est beau et c'est bien. Mais quelle démocratie pour la Guinée ? Dadis n'est-il pas un guinéen ? N'a-t-il pas de valeur ? N'est-il pas capable ? Je vous demande de le soutenir, car il va gagner. Alors, Dadis ou la mort. C'est le Général De Gaulle de la Guinée.» Ca sent le traître !
Deuxième signe: la pression de la communauté internationale
C’est un secret de polichinelle à Conakry : « Ceux » qui nous donnent à manger ne veulent plus de militaires au pouvoir! Et ils l’ont fait savoir récemment à la junte du Capitaine Dadis. Dans une déclaration commune, l’Union européenne a gelé l’aide au développement accordée à la Guinée et mis le pays sous surveillance pour une période de 2 ans !
Quelques jours plutôt, ce sont nos « cousins gaulois » qui ont invité le capitaine Dadis à quitter le pouvoir en 2009, comme il l'avait promis. On parlera d’ingérence dans nos affaires (pourries), mais la France qui est le premier partenaire économique de la Guinée peut faire très mal à nos marmites (vides). Ca sent le traître !
Troisième signe: La souffrance intenable des populations
Pendant qu’il claironne le prolongement de la transition, le « bloc des forces patriotiques », semble ignorer la galère de nos populations. Prises en tenailles entre les (fausses) promesses de la junte et la pression de la communauté internationale, nos pauvres populations n’ont plus que leurs yeux pour pleurer leur misère! Avec un président autoproclamé, (aussi instable qu’une girouette ), une armée plus décidée que jamais, à préserver leurs intérêts matériels ; nos (faux )politiciens forment la cérise sur le gâteau dans ce culte de l’égoïsme et de la médiocrité! Et la liste est longue dans cette litanie de maux dont souffrent nos populations. Ca sent le traître !
Quatrième signe: L’exemple de la Guinée-Bissau !
Ce pays voisin qui vient de connaître la pire période de son histoire avec le meurtre de son président Nino Vieira, a réussi à surmonter ses divisions internes pour organiser des élections libres et transparentes en 4 mois! Les Bissau-guinéens ont compris que le salut de leur pays passait pas l’union et la démocratie pour s’éloigner de la botte militaire qui a ensanglanté leur pays.
En Guinée, la mauvaise volonté et l’hypocrisie des uns et des autres (la junte en particulier) nous fait croire que des élections sont impossibles en décembre 2009! Alors que la communauté internationale a mis la main à la poche et promis de nous « accompagner » vers cette sortie de crise moins douloureuse. [IMG2]Résultat : on préfère applaudir un capitaine dont la seule ambition est de s’accrocher au pouvoir comme son « père spirituel », le défunt président Conté. Faites le décompte pour notre pays ! Ca sent le traître !
En définitive, l’heure est grave! Faut-il accepter une troisième dictature en Guinée? La réponse est entre les mains des Guinéens, et le fatalisme n’aura pas sa place cette fois-ci! Aujourd’hui, le capitaine Dadis semble utiliser la plus vieille recette pour rester au pouvoir: diviser pour régner! Seulement, dans cette manigance hypocrite et irresponsable, un homme s’affirme comme le « judas » des forces « éteintes »: l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté !En s'affirmant comme le chef de file du "bloc des forces patriotiques", son attitude se dévoile comme un coup de poignard dans le dos des forces "éteintes ". Comme d’ailleurs, il l’avait fait lorsqu'il était à la primature(février 2007-mai 2008). A l’époque, Kouyaté avait « oublié » d’admettre ses relations chaotiques avec le défunt Général Conté, dont le régime était à bout de souffle. Son limogeage par le défunt président Conté symbolise l'échec des forces vives à faire plier le vieux général. Hélas, l'histoire semble se répéter! En cette période de crise, nos forces « éteintes » continuent à briller par leur naïveté en multipliant les paroles mielleuses à l’égard de la junte du capitaine Dadis! Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 03-Aug-2009 18:34:57  Partager:   :  |
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