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Capitaine Claude Pivi: Une «brute» au pouvoir…
[IMG1]Il y a une semaine, le Général Mamadouba Toto Camara s’est fait violemment agressé par des militaires de la garde présidentielle à l’entrée du camp Alpha Yaya Diallo. A Conakry, tous les soupçons ont convergé vers un homme réputé pour sa brutalité :le capitaine Claude Pivi, le ministre chargé de la sécurité présidentielle. Pour l’opinion publique, le capitaine Moussa Dadis Camara, va « corriger » ces militaires coupables d’avoir agressé le dernier Général, rescapé du régime Conté. Hélas, la montagne a accouché d’une souris : une simple demande d’excuses adressée au Général Toto par Dadis et l’armée, mais aucune sanction pour punir les coupables. Derrière cette mascarade, certains esprits avertis ont compris que Dadis veut « sauver les meubles » en évitant d’affronter directement Pivi, son ange protecteur au sein de l’armée. Pour mieux comprendre la volonté du capitaine Dadis de s’accrocher à son fauteuil, Claude Pivi est l’une des clés du mystère .Certains signent nous montrent pourquoi la « brute » Pivi ne veut pas que son mentor quitte le Kibanyi présidentiel. Voyons de plus près…
Ses « ennemis » de l’extérieur
Si la junte du capitaine Moussa Dadis Camara n’a pas reçu un accueil favorable au niveau de la communauté internationale, un sujet sensible épingle nos hommes en uniforme qui ternit leur image: la longue liste des violations de droits de l’Homme perpétrées dans le pays. Dans ses multiples rapports, l’ONG Human Right Watch a indexé plusieurs barons du régime de Dadis dont notre Coplan national qui s’illustre régulièrement par sa brutalité. Ni les civils, ni les militaires soupçonnés d’être proches de l’ancien régime, ne sont épargnés. Actuellement immunisé par ses fonctions de ministre, Coplan risque d’être inquiété par la justice internationale, qui déteste les multiples violations de droits de l’homme commises à travers le pays .Et si on compte depuis les évènements de janvier et février 2007, nos hommes en uniforme n’ont pas été tendres, au contraire!.
Pour Pivi, la longue liste de ses « bourdes » commence en 2008, lorsqu’il se dévoile comme le porte-parole des mutins au régime du président Conté. Et sous l’œil observateur de la communauté internationale, nos mutins ont tué, violé ,des citoyens en toute impunité!Ils ont pillé, saccagé des domiciles , sous le regard impuissant (et parfois complice de la communauté internationale, notamment la France de Chirac).Aujourd’hui, les victimes n’attendent qu’une chose :que justice soit rendue. Et comme la justice internationale veille au grain, notre Pivi national peut s’accrocher à ses galons, en attendant que le vent tourne…
Ses « ennemis » de l’intérieur
Avant même l’arrivée au pouvoir de la junte du capitaine Dadis, Claude Pivi, s’est déjà fait un nom parmi ses compatriotes. Par sa brutalité, son ignorance des valeurs républicaines, Pivi a accumulé les « bourdes » ces dernières années. Et Dieu sait, qu’il a réussit à dresser contre lui, bon nombre de Guinéens qui attendent le moment opportun, pour lui rendre sa pièce. Voyons quelques uns de ceux qui ne feront aucun cadeau à notre « Coplan » national…[IMG2]
Primo, la police guinéenne garde un très mauvais souvenir de Claude Pivi. Et pour cause ! Le 8 juin 2008, les policiers guinéens avaient déclenché une grève pour réclamer un meilleur traitement salarial comme leurs collègues militaires. A l’époque sous-lieutenant et porte-parole des mutins, Pivi estime que les policiers sont « jaloux » des militaires qui venaient d’obtenir des promesses auprès du vieux Général Conté après une énième mutinerie au mois de mai 2008.Devant ses compagnons d’armes, Pivi avait déclaré : "Nous allons leur donner une sacrée leçon".Notre Pivi national, avait alors déclenché une véritable « chasse l’homme » contre les policiers. Le bataillon des troupes aéroportées (BATA) conduite par COPLAN avait sorti la grande artillerie pour écraser nos (pauvres)policiers. Fier de ses actes, Pivi avait proclamé sur les ondes d’une radio ,la suspension des policiers, leur remplacement par les gendarmes au nez et à la barbe des hauts gradés de l’armée qui ne bronchent pas. Il accorde des interviews, reçoit dans son « village » au camp Alpha Yaya Diallo, les différents dignitaires du pays. A Conakry, la scène est pitoyable :des policiers sont poursuivis jusque dans les quartiers pour avoir oser « revendiquer » leurs primes alors que les soldats n’ont pas obtenus les leurs auprès du vieux Général Conté .Des commissariats de police sont saccagés, des policiers sont arrêtés et conduits au Camp Alpha Yaya Diallo et au Bataillon autonome de la sécurité présidentielle(BASP).Bilan :une dizaine de policiers ont perdu la vie dont cinq au siège de la Compagnie mobile d’intervention et de la sécurité (CMIS) à Camayenne,durant cette « chasse à l’homme » orchestrée par Pivi et ses hommes. Le Général Diarra Camara , (à l'époque chef d'état major de l'armée)présentera des excuses « plates » à la police guinéenne pour cette dérive des hommes de Pivi. Devenu « défenseur » des plus faibles, Claude Pivi évoque la défense de l’ordre constitutionnel du régime Conté, pour justifier la dérive de ses hommes. Ceci en attendant que le vent tourne…
Secondo, les leaders politiques et les hommes d’affaires n’aiment pas les méthodes de Pivi. Tenez ! pour nos « opposants opposés », Pivi est loin d’être un ange. Sa dernière victime ?c’est l’ancien baron du régime conté, reconverti en politique, El-hadj Mamadou Sylla, qui dirige l’Union démocratique de Guinée(UDG).Le 4 juillet dernier, les militants du parti de Mamadou Sylla ont passé un sale quart d’heure avec les hommes de Pivi. Fidèle à ses habitudes, Claude Pivi avait débarqué avec des Pick –up remplis de bérets rouges munis d’ armes de guerre, sous prétexte de maintenir l’ordre après un incident au siège du parti de Mamadou Sylla, à Kagbélen. Et notre Pivi n’a pas été tendre : Une trentaine de militants sont arrêtés (dont la sœur de Mamadou Sylla) et conduits manu militari au camp Alpha Yaya Diallo. Il a fallu l’intervention du capitaine Dadis pour libérer ces personnes civiles.En attendant que le vent tourne…[IMG3]
Pour les hommes d’affaires, Pivi n’est pas « bon » non plus. L’ancien président des diamantaires guinéens , El-hadj Daouda Cissé, a subi les mésaventures avec les méthodes de Pivi. Pendant plusieurs mois, l’homme d’affaires a été gardé au « frais » par Claude Pivi, suite à une sombre affaire de diamant impliquant un proche de Pivi. Pour la famille d’El-hadj Daouda Cissé, son arrestation est due à un règlement de comptes de la part du ministre chargé de la sécurité présidentielle, Claude Pivi. « Lorsque le président Conté est décédé, le sous-lieutenant Claude Pivi devenu ministre chargé de la sécurité présidentielle, a ordonné l’arrestation de mon oncle en fin janvier 2009 et son incarcération au Camp Alpha Yaya Diallo », avait indiqué à l’époque un proche du diamantaire guinéen, finalement libéré sur instruction du capitaine Dadis.En attendant que le vent tourne…
Tertio, dans cette longue liste, inutile de dire que la presse est souvent dans la ligne de mire de notre Coplan national.(Peut-être que votre chroniqueur va livrer bientôt ses mauvaises humeurs au camp alpha yaya diallo, qui sait ?).Le 17 décembre 2008, nos collègues du journal « Les échos de Guinée » ont eu la frayeur de leur vie. Pour avoir « oser » titiller Claude Pivi, avec le titre « Pivi a râté sa chance », des exemplaires du journal sont déchirés par les hommes de Pivi chez un marchand de journaux. C'était au niveau de la pâtisserie, à Kaloum, sous le regard stupéfait des passants ! Et dire que l’homme a été promu ministre une semaine plus tard, ça fait froid dans le dos!En attendant que le vent tourne…
Finalement, le chef de la junte traîne comme un boulet son « ami » Coplan, à qui il doit son fauteuil. Conscient des « bourdes » de Coplan, le capitaine Dadis avait même « oublié » de nommer Claude Pivi dans son gouvernement. Mais ayant goûté aux largesses du pouvoir, Pivi ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Au sein de la junte, l’après Dadis hante les esprits. Si le capitaine Dadis peut bénéficier de son statut d’ancien chef d’Etat, que deviendront ses compagnons du CNDD dont notre Coplan national ? Heureusement qu’un homme s’illustre pour redorer l’image de nos hommes en uniforme :le nouveau commandant Moussa Tiégboro Camara, qui accumule les récompenses pour sa lutte contre les narcotrafiquants. Comme l'avait fait d’ailleurs notre Coplan national, à l’époque seul justicier du pays. Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 29-Jul-2009 à 14:38:18  Partager:   :  |
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